le blog christinemarsan

11 novembre 2009 (11/11/11) : sortie du film 2012 mettant en exergue l’Apocalypse et l’imaginaire de peur qui va avec. Quelle curieuse synchronicité ! D’autant que 2012 évoque pour les politiques l’échéance des présidentielles.  Jung doit rire de l’explosion des synchronicités / coïncidences sur des thématiques essentielles. 

 

Nous sommes fascinés par l’Apocalypse car au plus profond de nous se livre toujours le combat titanesque de la pulsion de vie contre la pulsion de mort. Eros et Thanatos se sont déclarés la guerre et seuls quelques-uns parviennent à vivre en paix parcourus en permanence par ces extrêmes. Mais la plupart d’entre nous les subissent comme deux tyrans hégémoniques. Ainsi, individuellement, nous observons une tendance voyeuriste à être fascinés par le sang,  les catastrophes, sinon pourquoi regarder un accident sur la route ? Cela ravive nos peurs archaïques, nos phobies et réveille notre instinct de survie. Cela provoque des décharges d’adrénaline dont nous avons même pas conscience combien nous pouvons y être addictifs. Cette addiction à nos archaïsmes ravive nos instincts et réflexes, la question est de savoir si nous manifestons face au danger : fuite, attaque ou soumission. Car dans un premier temps la peur conduit au repli et donc à la soumission par souci de préservation.

Regarder la violence, le sang, la destruction, la démolition…. agit comme une catharsis de nos violences internes et c’est la fonction positive de l’image. En revanche, prise au premier degré, sans verbalisation c’est-à-dire sans distanciation, a l’inverse elle influence nos comportements.

 

Collectivement, raviver l’imaginaire de l’Apocalypse c’est agiter le spectre de la peur et donc faire régresser l’autonomie de chacun. Car perdre des acquis, du confort, des certitudes conduit d’abord à la soumission et à l’immobilisme. Ensuite, face aux difficultés peut survenir la violence comme réaction tout aussi archaïque et peu maîtrisée. Et dans tous les cas, les citoyens qui s’y laissent prendre ne sont pas dans l’exercice de leur libre-arbitre pour décider ce qui est juste pour eux.

 

Autre angle de lecture : raviver l’Apocalypse c’est aussi faire peur au collectif pour secouer son inertie et le faire réagir. Car souvent c’est face à l’horreur, d’abord sidérées puis offusquées que les personnes trouvent la ressource individuelle et collective d’agir. Alors peut-être que ces 2h38 de catastrophisme visent à réveiller notre pulsion de vie collective pour nous pousser à agir !

Pour les autres interprétations, je vous laisse par courir le nouveau livre : Communication d’Influence, deuxième partie.

 

L’actualité est donc bien facétieuse. A nous de rester vigilants.

 

Bien à vous.

Christine Marsan

Mer 2 déc 2009 1 commentaire
  • Tout le monde n'est pas fasciné par l'Apocalypse ! Loin de là ! Il y a encore des esprits sains : ne pas généraliser ainsi indûment !
  • 2012 est aussi attendu par de nombreux courants new-âge comme date du retour pour eux au paradis terrestre par le passage à, disent-ils, la cinquième dimension, par le retour visible de Maïtryana, de Christ... Autre vue aussi illusoire que celle de l'Apocalypse.
  • Il ne s'agit pas dans le titre du film de synchronisité juste qui ouvre sur le Réel, mais de la volonté perverse d'utiliser consciemment la peur pour faire des dollars.
Lazay Roger - le 03/12/2009 à 08h07
L'imaginaire de l'Apocalypse c'est autant le catastrophisme que la Révélation et c'est un imaginaire mondialement répondu auquel chacun est inégalement concerné... mais l'omniprésence de ce type d'information n'est pas neutre et vient nous dire quelque chose socialement qu'il y a lieu d'examiner avec le plus de discernement possible.
Zadig