Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

  • Comprendre la complexité pour gérer au quotidien son entreprise et ses équipes. Psycho-sociologue et praticienne des relations humaines, je mets à votre disposition conférences, débats, ateliers de réflexion pour appréhender les différentes thèmes de la complexité organisationnelle appliqués à la stratégie, à la DRH et au management. Ce qui vous permet d'avoir une longueur d'avance afin de manager intelligemment et avec éthique.
  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
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Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
    • sociologie,
    • philosophie,
    • politique..
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    • coaching et accompagnement au changement.

Vous trouverez une présentation succincte sur mon short web site : www.christinemarsan.eu et pour un descriptif plus détaillé de mes activités professionnelles vous pouvez visiter le site : www.christinemarsan.fr.

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Philosophie

Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 16:57

De l’importance des mots pour changer le monde

Vers un vocabulaire de la paix

 

 

Nous changeons le monde par ce que nous sommes pour paraphraser Gandhi[1] et si nous sommes habités de valeurs d’amour, de compassion, de fraternité et de paix notre vocabulaire et nos mots vont alors refléter ce que nous sommes et se traduire ensuite dans nos relations et nos actes.

 

Le vocabulaire guerrier omniprésent dans notre quotidien

 

Il est vrai que le vocabulaire guerrier est omniprésent dans notre quotidien : « nous sommes des légions, des bataillons », « nous allons débuter les hostilités » (heureusement il y a aussi festivités !), trouver « une fenêtre de tir », je fais ceci pour être « mieux armé », nous sommes des « guerriers de lumière » ou « soldats de la paix », ce qui est un summum ! etc… Ce qui a conduit à passer de la djihad intérieure à la djihad contre les infidèles (déformant les termes du Coran en interprétant qu’il s’agissait d’ennemis extérieurs et non de la part de soi à apprivoiser pour s’élever vers l’amour).

Dresser la liste des mots qui évoquent la guerre et notamment ceux que chacun d’entre nous utilise au quotidien, est un exercice tout à fait intéressant qui permet de prendre conscience que dans certaines circonstances nous ne disposons pas d’autres mots / images, que ceux du registre guerrier, pour rendre compte de notre pensée. Il n’est alors pas étonnant que la violence se perpétue, même si, bien entendu, ce n’est pas le seul facteur.

 

Ce n’est pas parce que notre vocabulaire courant s’est construit sur celui de la guerre, qui est une des activités majeures de l’humanité, que nous ne pouvons pas décider, en conscience, de trouver d’autres mots pour rendre compte de ce que nous voulons faire et dire. Notre niveau de conscience évolue, nous changeons et de ce fait nous avons besoin de modifier nos représentations et la symbolique qui la sous-tend, à savoir les mots pour le dire. Car le vocabulaire que nous employons reflète notre pensée et se traduit ensuite dans notre quotidien.

 

Les limitations à passer à un vocabulaire de paix :

 

Toutefois ce qui peut limiter considérablement cette évolution du langage, c’est-à-dire des symboles et par la suite de nos actions c’est que la plupart des gens croient qu’utiliser des mots tels que : « lutter contre quelque chose » a une plus grande efficacité que de dire s’engager pour…. Le poids du déterminisme de l’évolution de la vie nous fait croire, - croyances enfouies dans nos cerveaux les plus anciens, reptiliens et limbiques -, que seul le combat est la possibilité de la survie. Des millions d’années se sont passés sur ce modèle. Cependant, l’espère humaine, dite la plus élevée sur l’échelle de la vie[2] n’a plus de prédateur autre qu’elle-même. De ce fait elle n’a plus de raison de se conduire comme si elle était sans cesse menacée par un tyrannosaure rex, alors que la nature dans son extrême « bonté » a eu « l’intelligence » de séparer nos espèces de plusieurs millions d’années.[3]

 

Donc, nous n’avons pas d’autres prédateurs que nous-mêmes et nous nous appliquons les réflexes des animaux en situation de survie, alors que nous avons acquis la conscience de nous-mêmes, de nos actes et de leurs conséquences. Alors pourquoi nous battre pour des territoires, des ressources et pourquoi ne pas rechercher des attitudes de collaboration ? Comme il semble que nous ayons du mal à évoluer par notre seule conscience, le fruit de notre cerveau a aussi inventé la science pour accélérer le processus de développement de la conscience. Rappelons-nous comment au XX° siècle nous avons battu des records de cruauté et de barbarie entre les génocides, camps de la morts, goulags et bombe atomique. A nouveau les propos de Rabelais viennent nous rendre attentifs au fait que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et de l’homme en l’occurrence. Les évolutions technologiques nous conduisent aujourd’hui à un tel niveau de complexité des problèmes engendrés par nos « sur »-consommations, sur-productions en tout genre, notamment d’armes et sur-populations que nous ne pouvons pas les régler par la guerre sans prendre le risque de dégâts majeurs. D’autant que l’arme nucléaire est omniprésente sur la planète, l’initiative Global Zéro soutenue par Vladimir et Barack Obama laisse penser que le risque est désormais excessivement grave.

Alors pourquoi ne pas essayer de changer par la paix et la coopération ? Nombre d’initiatives sont déjà en cours et ceci depuis de nombreuses années, alors tentons, à notre tour, par notre attitude intérieure de contribuer à ces actions extérieures.

 

La recherche de stimulations

 

Ainsi, « grâce » à notre cerveau limbique, nous sommes convaincus qu’il existe davantage d’efficacité dans l’agressivité, le combat, la lutte…. car nous pensons que nous obtenons plus de stimulations et d’intensité dans les attitudes agressives que pacifistes.

Pourtant la force, l’énergie, la mobilisation à agir, l’enthousiasme à changer le monde et la joie à partager l’amour, la paix et la fraternité sont des énergies éminemment positives et tout aussi galvanisantes, voire plus. Il suffit juste d’en tenter l’expérience et de donner les conditions pour que le plus grand nombre y ait accès.

Alors disons avec des mots neufs ce que nous voulons faire... pardon ! ce que nous faisons déjà : à savoir participer à un nouveau monde.

 

Décider de changer de représentations

 

C’est face à ces croyances qu’il est important de nourrir autrement nos représentations afin de les faire évoluer. Car l’énergie de vie, détachée de l’opposition, est bien plus faramineuse que celle perdue dans le conflit et le combat… Si nous décidons de délier notre énergie de vie alors tout devient stimulant et joyeux. Tous les sages qui sont parvenus à l’individuation décrite par Jung, à la liberté telle que la décrit Krishnamurti ou encore à l’éveil comme l’a montré Bouddha ou tout simplement à la sagesse comme nous l’a indiqué Socrate n’ont plus eu besoin de perdre leur énergie dans des combats stériles. Ils ont déployé une extraordinaire efficacité de pensée et d’action de par la qualité de cœur qu’ils savaient mobiliser. Gandhi en a été un vibrant exemple. Par leur détermination à sortir des limitations de toutes sortes, ils ont su s’harmoniser avec l’énergie de la vie, pour suivre les principes de Lao Tseu. Ils ont accueilli la vie qui comme un flux, sans obstruction et refus de sa dynamique propre ce qui leur a permis de déployer la puissance et la joie que confèrent l’émerveillement quotidien face à la prodigalité de la vie.

 

Les croyances sont entretenues

 

Ainsi malgré ces fameux exemples voilà que bien souvent nous nous faisons reprendre par nos archaïsmes. Les raisons sont multiples, prenons en quelques-unes. Examinons la manière dont ces croyances sont entretenues.

Je me souviens d’un psychanalyste lacanien qui lors d’une conférence sur la paix, nous faisait part de sa représentation et conviction de ce qu’est l’être humain, il reprenait à l’envi les propos de Hobbes : « L’homme est un loup pour l’homme ». Peut-être dans bien des cas, cependant, nombreux sont aussi celles et ceux qui démontrent, de par leurs actions, leur manière d’être au quotidien et tout au long de leur vie qu’autre chose est possible. Et il suffit de peu de choses pour réveiller en chaque être humain le pire ou le meilleur. C’est pourquoi il appartient à chacun de nous de décider, en conscience, de quelle part d’humanité nous avons envie de voir grandir. Celle des archaïsmes millénaires, fruit de l’évolution de la vie, de la part animale que nous avons pervertie pour qu’elle devienne sadisme et cruauté ou de la part qui nous permet de voir en chaque homme ou femme un trésor d’amour, de richesses à faire s’exprimer.

 

Psychanalystes et sociologues entretiennent cette idée selon laquelle il n’existe pas autre chose que le conflit. « Le conflit c’est la vie. » Déformation abusive des propos de Freud (conflit intra-psychique entre les instances psychiques le Ca et le Surmoi) et surtout édicté en dogme et incitant de nombreux psychanalystes à encourager la dynamique de conflit, car ainsi on reste vivant ! Principe soutenu aussi par la majorité des sociologues à la suite des travaux de Marx, Weber et Simmel pour lesquels le conflit est la preuve de la vitalité sociale et sans lequel, le risque est de tomber dans la violence. Certes ! Je partage ce point. Mais c’est sans se rappeler ce que justement Freud avait mis en évidence à savoir qu’il existe une instance au delà des deux premières, qualifiées de pulsionnelles et constitutives de l’inconscient (le Ca et le Surmoi) : le Moi. Ce dernier est l’instance psychique consciente et régulatrice de ce conflit intra-psychique et correspond à l’évolution des capacités de notre cerveau, à savoir le néo-cortex, capable d’apprendre, de choisir, de développer le libre-arbitre et d’acquérir de nouveaux réflexes et surtout de ne plus être conditionné par les schémas et déterminismes des deux cerveaux précédents (reptilien et limbique).

Alors par extension de ce principe d’instance psychique régulatrice, nous pouvons aussi regarder les modalités de régulation sociale, la médiation, par exemple, étendue à de nombreuses branches métiers, constitue probablement une voie, celle du tiers face à deux personnes en conflit. Et dans un autre registre le développement soutenable est la réponse intégratrice des différentes dimensions systémiques de la complexité humaine pour aborder les situations économiques.

 

Mon propos est de nous rendre attentifs au fait que nous pouvons, parfois, encourager des représentations qui ne rencontrent plus forcément la complexité de la réalité dans laquelle nous sommes et renforcent de ce fait les anciens mécanismes. Ce qui nous empêchent alors d’imaginer, de penser, de dire et d’agir ce qui serait nécessaire pour correspondre aux exigences du changement de paradigme que nous vivons.

 

Le conditionnement religieux

 

Une autre raison à préférer le langage guerrier c’est que la paix est associée dans nos représentations judéo-chrétiennes au paradis, que nous connaîtrons une fois que nous serons morts. Et le poids de cette représentation agit que l’on soit croyant ou pas.

Un point qui m’a souvent intriguée c’est que le mot paix est un terme qui est peu employé par les mouvements non-violents car il la trouve trop connotée de passivité. Alors si ceux qui prônent la paix ne s’autorisent même pas à en parler, de peur qu’elle ne soit pas assez « offensive », où va-t-on ? Toujours au même endroit. Dans des lieux/occasions d’opposition, de conflit et de guerre.

 

En ce qui me concerne je préfère paix à non-violence. Car la non-violence évoque deux choses qui me dérangent : la première consiste dans le fait que l’on nomme à nouveau la violence et l’on sait combien l’inconscient[4] est réceptif au mot employé et ne conserve comme signifiant que le terme et non sa négation. Le mot est à nouveau véhiculé et fait alors son œuvre aussi bien dans notre imaginaire qu’ensuite dans nos actes. La deuxième raison est que « non » évoque l’opposition à quelque chose, il est alors encore une fois question de contre / opposition/conflit !

 

On ne remet pas en cause la parole du maître

 

Ce qui me conduit à évoquer un autre facteur entretenant les représentations dont nous pourrions choisir de nous débarrasser, c’est le fait de ne pas remettre en cause la parole du maître. Il suffit que tel ou tel propos ait été dit par une personne dont tout le monde reconnaisse la qualité pour que ses paroles deviennent paroles d’évangile, figées dans le marbre et que plus personne n’ose remettre en cause, comme s’il s’agissait d’un sacrilège.[5] En cela la science nous aide car son principe est d’examiner, avec autant d’objectivité que possible, les propos des auteurs qui nous précèdent (revue d’auteurs) afin de « déconstruire » leurs hypothèses pour reconstruire. Mon regret c’est que cela passe à nouveau par le mécanisme du « contre » : thèse / « anti-thèse » / synthèse.

Ceci est la théorie de la posture scientifique, toutefois dans la pratique combien de textes de philosophes ou de scientifique deviennent figés, cités inexorablement d’une génération à l’autre, sans vérifier ce qui est transmis lorsque la pensée ou le vocabulaire sont devenus obsolètes face à l’évolution de la conscience humaine. Si nous pouvons remercier nos aînés des apports de leur pensée et en quoi ils ont contribué à faire évoluer nos consciences, il est aussi important de rester vigilants à ne pas continuer à véhiculer des aspects de leurs propos ou de leurs pensées qui viennent dire le contraire de ce dont nous avons aujourd’hui besoin. Il suffit par exemple de reprendre les discours des fondateurs de la Révolution française pour trouver à chaque ligne un mot guerrier ou violent. La Marseillaise en est d’ailleurs le témoignage.

 

Le niveau de conscience auquel nous arrivons nous permet d’avoir l’esprit critique pour apprécier ce qui est juste et ce qui ne l’est pas dans les propositions qui nous sont faites, qu’elles soient intellectuelles, économiques, politiques, spirituelles et comportementales. Toutefois, rester vigilants au vocabulaire employé est essentiel pour distinguer l’évolution de l’intelligence de celle de l’intelligence du cœur. Car celle-ci s’entend aux mots que nous choisissons d’employer. Nous pouvons penser la paix et rédiger des dizaines d’ouvrages, l’incarner est tout un autre défi car il s’agit que chacune de nos parties intérieures vive et reflète cette harmonie qui s’entendra alors dans le choix des mots, les attitudes et les expressions verbales et non-verbales. Et la bonne nouvelle c’est que l’authenticité de l’état intérieur ne peut pas se travestir !

 

La communication non-violente tente d’apporter justement une méthode et une pratique pour acquérir cette parole authentique et transformer « des mots–mur en mots-fenêtre » pour reprendre les propos de son créateur Marshal Rosenberg. J’aurais juste la même réserve que précédemment sur deux points la concernant : d’une part, sur le terme non-violence, pour les raisons évoquées plus haut et d’autre part, sur le fait d’appliquer la parole du maître comme un dogme, remarque également développée précédemment. Il me semble essentiel de vérifier que ceux qui l’appliquent et s’en réclament n’appliquent pas à leur tour avec aveuglement la voix du maître. Car sans distance, discernement et justesse il n’y a pas de liberté. Et la paix ne peut s’exprimer que par des êtres conscients et libres, profondément respectueux des autres, accueillant la diversité de l’autre comme une richesse et évitant le jugement. Sans quoi les arguments d’une méthode deviennent des endoctrinements et peuvent conduire au sectarisme, au refus de la différence de l’autre et manifester alors la même violence que celle qui est décriée par la méthode elle-même.

 

Au fil de l’histoire, quelle que soit la personne qui a formalisé sa pensée, elle a modélisé sa compréhension des enseignements des expériences qu’elle a fait de la vie. Aussi riche soit ses apports, il ne sont que le  témoignage subjectif d’une lecture de la vie. Alors qu’à un moment cette lecture rencontre l’air du temps, que de nombreuses personnes se retrouvent dans cette manière de voir les choses, d’expliquer la vie ou de transmettre les moyens d’opérer des changements, cela se comprend. Toutefois, il me semble fondamental de ne pas perdre de vue sa propre subjectivité, son discernement et prendre le recul nécessaire pour penser si cette manière de voir le monde est bien en harmonie avec soi-même et si des ajustements peuvent être opérés. Et surtout conserver la distance juste et saine entre ces propositions et soi-même afin de ne pas devenir adepte, disciple ou militant et perdre de ce fait une part de sa liberté dans la dépendance affective et cognitive instaurée par l’admiration que l’on a pour ce témoin de la vie.

 

Le poids de l’étymologie

 

Pour en revenir au mot « paix, son origine étymologique ne facilite pas forcément les choses. Issu du latin pax « signifiant passer une convention entre deux pays belligérants » donnait au mot la connotation passive d’un accord et la subordonnait à la guerre. Cependant le champ théologique en Occident, chrétien en particulier a permis d’étendre le terme vers le sens qu’on lui connaît aujourd’hui d’harmonie intérieure et extérieure avec son environnement et ses proches.

 

Redonner ses lettres de noblesse à la paix

 

La paix revient de loin car soit elle est hypothéquée du poids de la « mort » de part le fait qu’elle ne s’acquiert qu’au paradis, soit elle est connotée de « statique, passive » car elle inféodée à la cessation de la guerre.

Dans le premier cas on comprend pourquoi tant de gens répugnent à la manifester. En effet, tant que nous imaginons que vivre dans un état de paix est associé à la mort, c’est-à-dire à quelque chose sans intensité, probablement ennuyeux et dans lequel il n’y a qu’indifférence parce que le mot détachement a été mal compris, il n’est guère étonnant que peu de personnes se sentent attirées par manifester la paix. Alors que parvenir à un état de paix intérieure c’est vivre au quotidien dans la joie, détaché des désirs et des souffrances, car les déterminismes ont été dépassés. Etre en paix c’est être traversé par toutes les composantes de la vie : merveilles et turbulences accueillies de la même manière, non pas avec indifférence mais avec une pleine dégustation de toutes les couleurs, senteurs et saveurs de l’existence. Car la vie n’est pas bonne ou mauvaise, elle n’a pas d’intention, seuls les désagréments que certains évènements nous causent nous conduisent à la qualifier d’agréable ou désagréable.

 

Concernant l’autre aspect, tout d’abord, nous oublions trop souvent que nous avons l’immense chance de vivre en France dans un pays en paix. Ensuite, l’erreur est de croire et de véhiculer à nouveau d’autres croyances disant que les meilleures inventions se sont toujours faites grâce à la guerre et aux industries de l’armement. Tout d’abord c’est incomplet : des innovations existent dans d’autres domaines de la vie qui ne sont pas toujours liées à un contexte de guerre ou de survie. Ensuite, les bourses d’études et les meilleurs salaires sont alloués depuis des décennies aux sciences dures qui peuvent contribuer au progrès technologique appliqué aux plus grands lobbyings industriels dont l’armement. Les sciences humaines ne sont quasiment jamais financées ce qui limite la part des innovations dans ces disciplines qui pourraient sans doute apporter aux sciences dures une contribution féconde si notre modèle économique actuel en voyait l’utilité.

Enfin, ce lien de cause à effet entre innovations et armement n’est pas juste. C’est parce que notre société humaine a privilégié les valeurs de guerre qu’elles ont conduit à des comportements de prédation et de domination. Ainsi, pour asservir, dominer et anéantir l’autre, ressources, argent et innovations ont été mises de manière privilégiée dans le domaine de la guerre. Aujourd’hui les enjeux climatiques et sociétaux nous conduisent, certes comme des défis, toutefois au service de la vie, à déborder d’innovation et de créativité pour sauver la planète et qui sait l’espèce humaine aussi !

 

La paix comme voie de salut à l’humanité ?

 

Changement qui pourra s’opérer grâce à des attitudes de solidarité, de coopération, d’intelligence collective qui reposent sur des valeurs de paix, c’est-à-dire de respect d’autrui, de considération de l’autre comme ayant autant de valeur que soi. Pour y parvenir nous devons alors dépasser nos déterminismes et les archaïsmes de notre patrimoine phylo-génétique, trans-générationnel et surtout psycho-social.

 

Employer quotidiennement des mots de la paix contribuent progressivement à modifier notre pensée, nos paroles et nos actes. Nous allons grandir dans la paix avec les merveilleux mots que nous allons nous adresser et proposer à autrui. Et pour cela il faut oser sauter dans la confiance d’un monde qui change, opérer un saut quantique, de la liberté d’être qui je suis et non pas déterminé par autrui ou « contre » lui…

 

Changer le monde c’est aussi prendre la liberté de surfer sur l’énergie de la vie, de la beauté, de la paix, de l’amour qui est au-delà de tout et précisément au-delà des batailles, des guerres et des luttes !

 

Alors essayons de nous engager, de proposer de partager, d’agir ensemble, de coopérer, de réaliser des synergies, autant de verbes d’actions, positifs et qui conduisent à faire AVEC !

 

Et vive la vie !

Christine Marsan

 

27/11/2008 et terminé le 8 février 2009.

 



[1] Nous devons être le changement que nous voulons pour le monde. Gandhi.

[2] Comme c’est nous qui le disons, nous ne prenons pas beaucoup de risques à être contredits.

[3] On peut supposer que nous n’aurions pas survécu à ces prédateurs.

[4] Cf.  les travaux de Lacan.

[5] Et là c’est une erreur, il ne s’agit pas systématiquement de faire le « meurtre du père » comme disait Freud ayant besoin de « s’opposer » aux paroles du maître pour enfin un jour acquérir sa propre autonomie de pensée. Et là nous touchons aux mécanismes de l’apprentissage mêlés à ceux de l’admiration qui représentent aussi un frein au changement de représentation, mais nous ne développerons pas ce point ici.

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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /Sep /2005 00:00

  

 

En quoi le mal nous rend plus humain

Christine Marsan

13 septembre 2003

 

 

Introduction

 

 

Les événements récents, guerre e, Irak et si l’on remonte un peu en arrière compte-tenu de la date au 11 septembre 2001, nous ne pouvons que constater que les compétences belliqueuses des hommes sont encore au rendez-vous. Que les motivations et les formes de guerres évoluent avec les années, il n’en reste pas moins que les siècles passent et que la violence semble toujours figurer parmi nous.

Forte de cette observation partagée par tous, j’en suis venue à m’interroger sur le sens que pouvait évoquer le mal pour moi. Bien entendu, il est rare de se poser ce type de question ex nihilo, par conséquent c’est bien entendu au travers d’événements variés, perçus comme difficiles ou comme des souffrances que je me suis arrêtée sur cette question. Ainsi l’être humain est-il capable du pire comme du meilleur, et c’est alors intéressant de chercher à comprendre comment peuvent s’articuler ces différentes facettes. Pourtant, une fois le phénomène appréhendé, certains épris d’idéaux civilisateurs rêvent de pouvoir éradiquer la violence et le mal de l’homme. Mais ce serait là agir sans compter avec sa nature profonde et ce serait lui ôter l’une de ses composantes anthropologiques essentielles. La piste réside davantage dans d’autres formes de dépassement que nous allons examiner.

 

 

 C’est pourquoi j’ai choisi résolument de voir en l’homme le meilleur et surtout rechercher ses capacités de croissance et de changement.

Ces deux axes constituent les deux parties de l’ouvrage. La première vise à rendre compte de ce que le mal peut signifier à nos yeux et la deuxième cherche à couvrir un certain nombre d’initiatives qui cherchent à rendre compte de l’évolution de l’humanité de l’homme.

 

 

 

 

C’est cette observation que le mal semble bien plus consubstantiel à l’homme qu’une part archaïque d’animalité qui nous a conduit à nous engager dans la piste de la rédaction de l’ouvrage « En quoi le mal nous rend plus humain ».

 

 

Tout a commencé par une anecdote que je me plais à répéter tant elle a été chargée de sens à mes yeux. Nous étions, un collègue et moi-même, en train d’assister à Trieste à un colloque interculturel en février 1999 donc à la veille de la guerre du Kosovo. Ce qui m’avait alors frappée, c’est que tandis que nous étions vivement sensibilisés aux questions humanistes, évoquant les différences, la tolérance, le respect, etc, nous n’avions pas sur lire les informations que les différents bateaux de guerre nous donnaient de par leur accostage à quai. En effet, un porte-avions chargé d’avions était visible au large et un bateau amiral était amarré à quelques mètres de notre colloque. Et la seule chose qui nous a fait parler c’était le bruit provoqué par les équipages lorsqu’ils étaient à table dans les restaurants !

Ce n’est qu’une fois que nous avons commencé à quitter le quai de Trieste que nous est apparu clairement la signification des ces différents bateaux. Il étaient là postés attendant le déclenchement de la guerre pour aller se battre et contribuer à tuer des personnes.

Ce qui était donc remarquable dans cette anecdote, c’est qu’aucun des quelques 2000 personnes qui s’étaient réunies dans cette conférence ne comprirent le sens de la présence de ces bateaux. La guerre était à nos portes mais nous ne pouvions pas nous en rendre compte. Il nous a donc fallu parcourir plusieurs dizaines de kilomètres, afin de nous éloigner physiquement du danger potentiel (encore à ce moment) pour réaliser l’absurdité de la situation. Trois jours à débattre comment améliorer les relations et la communication entre les peuples et ne même pas réaliser que la guerre fratricide était à nos portes ! La pulsion de survie était si forte qu’elle obscurcissait nos capacités d’analyse de nos perceptions. Notre capacité à réfléchir était comme endormie sous la proximité du danger !

 

 

Cette prise de conscience fut si forte qu’elle motiva mon besoin d’écrire ce premier essai.

Car si entre personnes averties nous n’étions pas capables de voir, de comprendre les menaces qui pouvaient peser sur nos vies alors qu’en était-il de ceux qui ne s’y intéressaient pas et qui passaient, avec « moins » de conscience dans la vie ?

Il m’apparaissait vital et essentiel d’envisager d’agir pour le réveil des consciences et pour contribuer à notre mesure à faire bouger les choses.

 

 

Un parcours pour retracer ce qu’est le mal

 

 

C’est pourquoi je suis partie dans le projet de relater ce que revêtait le mal pour moi.

L’ouvrage retrace alors le périple entre philosophie et psychologie qui tentent d’expliquer ce qu’est le mal. Le définir conduit à envisager des voies pour l’endiguer ou tout du moins pour choisir de faire autrement.

 

 

Le mal serait ainsi multiforme dans le sens où selon auprès de quoi on cherche à le comparer il pourrait signifier tantôt la souffrance, tantôt le fait de nuire à autrui ou bien l’absence de bien ou encore le néant, etc.

Notre plus grande difficulté réside dans le fait de pouvoir comprendre et accepter que nous souffrons. Ainsi nous cherchons tout d’abord une cause extérieure pour en rendre compte. Le mal pourrait bien venir de la malveillance des autres ou alors d’une tare héréditaire comme nous le rappelle l’Ancien Testament avec la Genèse. Nous payons toujours la faute d’Eve et nous chutons toujours dans la douleur et la mort. Car comme nous pouvons concevoir l’immortalité, puisque nous envisageons Dieu et sa dimension infinie, nous sommes éminemment frustrés de n’être ni parfaits, ni divins, ni immortels. Il faut bien alors que ce soit la faute de quelqu’un ! Eve ferait une parfaite coupable en la matière. Je ne reprendrai pas toute la démonstration que j’ai détaillée dans le livre sur les multiples possibilités de lecture de cet épisode de la Genèse et sur le fait qu’il semblait bien commode de trouver dors et déjà un bouc-émissaire à cette situation tragique. Nous retiendrons simplement que le besoin de trouver un coupable extérieur à soi même ou à sa propre communauté est depuis tous temps une « tentation » bien humaine.

 

 

Parmi ceux qui ont le mieux expliqué ce qu’est le mal, nous pouvons mentionner St Augustin pour qui le fait que le mal est une privation de bien (privatio boni). Il n’aurait donc pas d’existence propre mais il serait davantage cette sorte de néant, de négentropie lorsque le bien ne rayonne pas. C’est-à-dire lorsque l’homme ne tend pas délibérément vers le bien et donc vers Dieu il sombre dans le mal. Dans la foulée de la tradition platonicienne, si l’on ne cherche pas à atteindre les Idées (Beau, Bon, Bien) alors nous nous exposons à la chute, à la tentation et nous y succombons.

 

 

Peu après, des images incarnent alors cette béance, ce manquement au bien en la personne du diable, figure archétypale du mal. Il passe d’un symbole illustrant le mal à une réelle entité dont se sert longtemps l’Eglise pour y rattacher tous ses ennemis comme durant l’Inquisition. Et petit à petit, le Diable prend une dimension charnelle et a une réalité quasi autonome. Ce qui renforce alors la croyance d’un monde manichéen où les forces noires attirent les pauvres humains vers la tentation et le péché.

Là encore la responsabilité individuelle se dissout quelque peu.

 

 

Pour St Augustin, comme l’indique les Confessions, il était grandement question de libre arbitre mais les siècles qui ont suivi ont eu tendance à diluer cette responsabilité, infantilisant en quelque sorte le peuple, soumis et dépendant des seigneurs de l’Eglise et terrorisé par le Satan et ses suppôts.

L’avènement du mal moral avec les réflexions de Kant ramène sur le devant de la scène la question de la responsabilité individuelle de chacun face à ses actes et ses intentions. Aussi bien Kant, Schelling ou Hegel s’accordent à dire que le mal est bien notre spécificité humaine et que la pureté serait davantage du côté de l’animal, irresponsable car n’ayant pas de conscience. C’est bien parce que nous sommes des êtres pensants, dotés d’intelligence et de raisonnement que nous avons pu prendre conscience justement du bien et du mal. Ce sens moral nous conduit alors à décider délibérément de le commettre ou non. De fait, le mal n’est plus la responsabilité de Dieu mais uniquement la nôtre.

Un peu plus tard l’existentialisme et le structuralisme, arrivant au milieu des grandes guerres du XX° siècle et de leurs barbaries, voyant les conséquences tragiques des idéologies qui annonçaient le bonheur pour tous, sacrifient Dieu. Et c’est alors la célèbre maxime « Dieu est mort ». La laïcité suivant la Révolution française n’avait pas eu autant raison de lui que les propres exactions humaines. Notre incommensurable barbarie nous a conduit à croire que Dieu était mort, ne pouvant pas supporter qu’il puisse nous avoir laissé commettre de telles atrocités.

La grande question de l’intention de Dieu à ce qu’il y ait du mal était donc de retour.

A la suite de cette époque de no man’s land, comme nous le rappelait Malraux, « le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas » la spiritualité a resurgit partout, sous des formes maladroites, hasardeuses parfois, balbutiantes et crédules mais qui démontrent bien qu’il nous fallait du transcendant pour supporter notre condition limitée et finie de mortel.

 

 

Pour en revenir à Kant, avec le mal radical, il postule que la morale permet de policer les tendances irrémédiablement malveillantes de l’homme. Le mal radical serait, en quelque sorte, cette racine mauvaise que l’homme porte en lui et que depuis psychologues et psychanalystes ont cherché à expliquer comme une violence primordiale ou fondamentale ou encore comme une pulsion de mort aussi essentielle et consubstantielle que la pulsion de vie et donc d’amour.[1]

 

 

Une des difficultés que le problème du mal pose, au-delà de sa définition, c’est qu’en voulant le combattre en faisant usage de la justice, en fait on l’exerce aussi à son tour. Car punir un délinquant c’est aussi lui infliger une peine, certes autorisée et légale, mais il s’agit, malgré tout, de lui faire subir une souffrance et par conséquent il s’agit bien de commettre le mal contre autrui. Pourtant, si l’on se remémore les travaux de René Girard[2] sur la violence c’est bien par la justice notamment que la violence peut-être endiguée en tous cas dans nos sociétés dites civilisées. Les sociétés « primitives » elles avaient choisi le rituel sacrificiel pour canaliser la violence individuelle et / ou sociale et éviter le châtiment individuel considéré parfois comme injuste.

 

 

C’est pourquoi la deuxième partie de l’ouvrage vise à rendre compte de toutes ces initiatives et réalisations qui prouvent que si le mal et la violence sont toujours observables, l’humanité évolue, peut-être beaucoup plus lentement que les progrès des savoirs et connaissances cependant, des évolutions réelles sont notables.

 

Je me suis ainsi attachée à mettre en exergue différents exemples démontrant des progrès incontestables que notre humanité fait pour sortir de sa tendance « naturelle » à commettre le mal. Par exemple, le droit international condamne les crimes contre l’humanité et cherche régulièrement à prévenir les barbaries commises contre l’homme. Ces mêmes législations ont apporté les droits de l’homme et du citoyen puis de la femme et de l’enfant, chacun se voyant garantie des droits au respect, à la dignité, essentiels pour combattre abus et tortures. Les progrès des connaissances et des techniques sont spectaculaires mais l’évolution de la psyché individuelle et de la conscience collective sont beaucoup plus lentes et expliquent alors pourquoi nombreux sont ceux qui disent que « l’histoire est un éternel recommencement ». Pourtant c’est faux, si une image devait rendre compte de l’évolution de l’humanité ce serait davantage la spirale qu’un cercle vicieux. Elle comporterait des avancées et des reculs spectaculaires, mais nous ne revenons jamais au même point. Parfois l’amplitude des transformations s’intensifie et nous avons le sentiment de « reculer », en considérant les événements à l’instant T du continuum humain. Mais en fait nous apportons à chaque génération son cortège de prises de consciences.

 

 

 

Par exemple, comment ne pas noter la différence de nos niveaux de conscience entre la conférence de Valladolid qui avait pour objet en 1550 d’apporter la preuve que des peuples trouvés sur d’autres continents, qualifiés de sauvages, avaient bien des caractéristiques humaines et ceci en pleine Renaissance ! Certes, j’ai encore entendu des personnes, dans des centres de soins psychiatriques se demander si les psychotiques sont des hommes ou des animaux ! Il faut garder bon espoir ! Nous progressons ! Toutefois ceci se fait à pas d’escargots comparativement à l’intégration cognitive des progrès technologiques.

 

 

 

Ceci s’explique en fonction du nombre d’individus que nous représentons. Faire changer une masse de plusieurs milliards d’individus est une entreprise énorme et peut prendre des milliers d’années. Là aussi l’espoir grandit car depuis Socrate, et son célèbre « connais-toi toi-même », chaque personne qui s’est interrogée sur le sens du monde, sur son existence propre, sur le mal et que les moyens pour l’enrayer est assez souvent parvenue à cette conclusion : c’est par soi-même que la transformation passe.

 

Le changement du monde passera d’abord par le changement de chacun et c’est bien pour cela que cela ne peut pas s’édicter ! Cela ne peut que s’insuffler, s’inciter, se proposer, se démontrer mais l’on ne peut obliger personne à changer contre son gré ! C’est pourquoi le travail personnel sur soi m’apparaît si fondamental et essentiel pour « combattre » la peur et de ce fait cette tendance au mal radical ou à la violence qui est en nous. Nettoyé de  nos peurs  et de nos angoisses nous pouvons accueillir l’autre sans crainte et ne pas avoir besoin de le changer, de le dominer ou de l’asservir. L’autre a droit à autant d’espace et de respect que moi-même.

 

 

 

Toujours dans le fil droit de nos explorations sur le mal un certain nombre de points restent encore à éclairer. Ainsi, à la question : le mal est-il absolu ? Il est tentant de dire que le mal rend possible l’humanité dans la mesure où il justifie la liberté qui est elle-même essence de l’homme et de sa condition d’humanité.

 

Quant à répondre à la question « le mal est-il absolu ? Ceci devient une autre affaire, il semble qu’il soit plutôt relatif, propre au libre-arbitre de l’homme et n’existant pas comme principe premier. Ce qui ne nous empêche pas de rester totalement dépourvus quant à la manière d’expliquer pourquoi ce mal moral, radical existe. « La raison d’être de ce mal radical est « inscrutable » : il n’existe pas pour nous de raison compréhensible pour savoir d’où le mal moral aurait pu tout d’abord venir. » Paul Ricoeur .[3]

 

 

 

Une piste de compréhension réside dans l’observation qu’il semble qu’il faille passer par le mal et la souffrance pour comprendre l’essentiel de l’homme et l’essence de l’âme. Et ce n’est pas un hasard, en suivant Bouddha, si cherchant à dépasser la souffrance, comprendre le mal et la violence, nombreux sont ceux qui s’ouvrent à la spiritualité et à l’amour divin.

 

 

Après avoir rapidement survolé ce qu’en disent les principaux philosophes, j’ai apporté ma propre position. Nous pouvons observer que le mal le plus nocif est le besoin de dominer, de posséder autrui ou ses biens (ce qui correspondrait à l’envie) et de chercher à l’asservir.  Ce besoin d’exercer son pouvoir sur autrui m’est apparu comme l’un des pires maux de l’homme et source de toutes les inégalités, abus et de beaucoup de souffrances. C’est alors que se pose bien vite la question de savoir ce qui pousse à avoir besoin de dominer, d’abuser l’autre. Pourquoi ?

Très vite la réponse m’apparaît comme étant la peur, celle de moi-même et surtout celle de l’autre. Le fait d’avoir peur, d’être aux prises avec ses angoisses impose de leur apporter paix et repos. Le plus simple est alors d’accuser autrui, de le façonner à « notre image », de le posséder et de l’asservir afin que surtout il n’exprime pas à son tour son libre-arbitre et n’amène avec lui sa cohorte de différences, d’exigences, insupportables. Tant que je ne peux m’accepter moi-même avec bienveillance, il est alors bien difficile d’envisager l’autre avec tolérance. « La peur est le seul péché capital ». St Augustin.

 

 

C’est pourquoi les issues qui apparaissent pour décider, en conscience, de dépasser nos tendances malignes résident dans la culture, la connaissance et les savoirs qui limitent l’inconnu et les peurs et qui permettent, bien évidemment, de comprendre le monde et les Autres et de ce fait de devenir plus tolérant.

Cependant savoir n’a jamais empêché la domination, bien au contraire et les peurs d’autrui restent tout aussi puissantes chez certains. C’est pourquoi combattre l’ignorance, l’illettrisme et l’inculture est essentiel mais insuffisant.

« Tant que tu ne peux pardonner à autrui d’être différent de toi, tu es encore bien loin du chemin de la sagesse ». Sagesse chinoise.

C’est là qu’interviennent alors plusieurs dimensions, d’une part le travail sur soi et le développement personnel incluant la thérapie comme voie de dépassement de ses peurs, de ses angoisses et de ses croyances limitantes. Ce qui conduit alors vers la résolution de ses compulsions de répétition et ouvre comme l’indique la psychanalyse la voie vers la capacité à aimer réellement l’autre, qu’il soit étranger ou dans l’intimité. Ce qui rejoint alors la sphère spirituelle qui invite à purifier son cœur et son âme afin d’accueillir en soi le divin et de ne pas professer contre autrui de paroles ou d’actions nuisibles. Les deux voies psychologies et spirituelles insistent bien sur la nécessité de se tourner vers l’amour et non vers la haine ou le ressentiment facteurs de souffrance.

 

 

Enfin, l’éthique nous semble être la ligne de comportement social constituant l’épine dorsale de la transformation de la peur en confiance. Il ne s’agit pas de morale mais d’exigence d’un comportement respectueux d’autrui et qui sous-tend l’action sans porter préjudice à quiconque. L’éthique appelle la cohérence et la capacité à se remettre en cause. Car prêcher les bienfaits de l’éthique tout en continuant à agir différemment est fort aisé et malheureusement assez commun.

Dans notre livre, contrairement à André Comte-Sponville affirmant que l’amour peut combattre le mal, bien que nous sommes totalement d’accord sur le fond, nous avons jugé bon de mettre l’accent sur l’agir éthique. En effet, c’est cette exigence intérieure qui va elle aussi articuler notre développement de notre capacité à aimer notre prochain. Ainsi, dans les tentatives pseudo-spirituelles, nombreux sont ceux qui au prétexte de l’amour infini, abusent de réalités fort charnelles pour déformer le sens de l’amour du prochain. Il est essentiel de développer sa capacité d’amour afin d’apporter sérénité dans les relations et grâce à la tolérance vis-à-vis d’autrui ne plus en avoir peur. L’éthique ne peut être qu’individuelle puisqu‘elle dicte notre action au quotidien et lui imprime une direction respectant autrui et soi-même. C’est en cela que l’agir éthique peut battre en brèche la tendance que nous avons pour le mal.

Enfin, lorsque je choisis le titre « en quoi le mal nous rend plus humain » je postule que nous avons à réveiller le meilleur de nous-même, en quelque sorte, la divinité qui est en nous et que le mal et la souffrance peuvent être des indications sur le chemin pour agir différemment. Dès lors que face à la souffrance, on peut apposer la lucidité de se demander ce qui nous arrive et quelle en sont les causes et en quoi nous sommes partie prenante de notre propre malheur, alors ce dernier prend un sens, celui de la croissance. Le mal apparaît comme le révélateur de notre capacité à faire le bien et à utiliser notre libre-arbitre avec discernement. Agir éthiquement signifie alors choisir la voie du bonheur, d’un agir juste et positif en refusant, au quotidien de commettre des actions qui pourraient porter tort aux autres ou à soi-même. Et l’éthique devient alors la condition sine qua non à l’établissement d’un amour inconditionnel permettant d’accueillir les autres, dans leur différence, avec respect et compassion.

C’est sur cette tonalité que je termine l’ouvrage.

 

 

Depuis le mal quelles nouvelles perspectives ?

 

 

Depuis ce premier ouvrage d’autres ont été écrits ( à paraître) sur les conflits et sur les violences en entreprise ou encore sur les évènements du 11 septembre et la ligne de force est toujours la même. Il s’agit de contribuer, d’une part, à éclairer mes concitoyens sur les constats qui peuvent être faits sur l’évolution de notre société et ceci de manière à proposer des pistes de solution, des axes d’intervention, des orientations correctrices. C’est aussi l’occasion de proposer des alternatives, de permettre de réveiller les consciences et d’encourager la modification des représentations de chacun. En effet, trop nombreux sont encore les personnes, en France tout du moins, qui se sentent isolées et démunies pour agir. Les interviews menés à la suite des attentats du 11 septembre m’ont conduit à observer que la plupart des gens se sentent totalement impuissants pour changer quoi que ce soit et surtout à la taille de la nation ou à plus grande échelle. Ils ont perdus confiance dans leur capacité de transformation. Comme plus aucune idéologie n’est suffisamment fédératrice pour enthousiasmer les gens, chacun a un peu le sentiment de flotter et d’ailleurs certains sociologues observent même une certaine fatigue d’être soi.[4]

 

 

Dans ces conditions évidemment la porte est ouverte à ce que ceux qui détiennent le pouvoir puissent en abuser et oublier leur mission de service public à rendre à leurs électeurs. C’est pourquoi il paraît si important de redonner confiance dans la capacité d’action et de transformation de chacun. Il est essentiel que les personnes aient conscience qu’ils sont aux prises avec des représentations individualistes issues du consumérisme et du libéralisme conduisant plutôt à l’isolement qu’à l’action collective. D’ailleurs tout récemment le drame sanitaire suivant la canicule en France a bien démontré ce manque de solidarité dans la population civile.

Il est fondamental de faire comprendre que la réalité n’est pas de se sentir seul et impuissant. Nombre d’initiatives associatives et issues de toute type de groupes sont là pour en faire témoignage. Assisté par la reliance que permet Internet, la réalité est à la mobilisation instantanée pour de grandes causes, comme par exemple la prière mondiale réalisée le vendredi 14 septembre 2001 pour la paix à la suite de la chute des twin towers ou plus récemment avec la mobilisation internationale contre la guerre d’Irak. Nous détenons une extraordinaire capacité de mobilisation communautaire, jamais nous n’avons été si nombreux à pouvoir agir et si vite pour une cause ou contre des actions jugées inhumaines.

 

 

Le niveau de conscience monte, notre tolérance aux différentes formes de violence est de moins en moins élevée. Ainsi, peu de gens sont dupes des motivations officielles pour motiver la guerre d’Irak et des commissions d’enquêtes ont lieu dans chaque pays afin de trouver les responsabilités et motivations à laisser-faire voire à subir de telles décisions.

De plus en plus de civils s’impliquent et créent des mouvements de toutes sortes pour apporter des solutions plus humaines aux différentes composantes de la vie en société.

Et pourtant la population se croit toujours impuissante et isolée, et se désinvestit des votes électoraux tout en s’impliquant concrètement dans de réelles actions politiques. C’est un peu comme avec la religion, il y a de moins en moins de chrétiens baptisés et de plus en plus de gens qui agissent en cohérence avec les principes du Christ !

Les idéologies fédératrices ne font plus recette car elles ont trop souvent conduit aux pires massacres. Cependant il devient essentiel d’envisager une articulation philosophique à nos actions et de pouvoir placer une éthique à nos projets et engagements sans quoi nous pourrions être amenés à faire n’importe quoi.

 

 

Là encore les représentations sont à modifier car il existe réellement des valeurs qui fédèrent les personnes notamment celles qui sous-tendent le développement durable. Mais le concept est peut-être trop jeune pour générer encore des notions claires et parlantes dans l’esprit de la majorité de la population.

Les orateurs d’une certaine époque manquent sans doute également pour gagner l’écoute des personnes. Aujourd’hui ce qui mobilise les attentions c’est la télévision et celle-ci, même privée, voire justement parce qu’elle l’est, n’est pas apte à passer des messages qui pourraient aller à l’encontre de ceux qui la financent. Il en de même pour la pensée. La plupart des maisons d’édition, des quotidiens et magazines sont dans les mains d’industriels et de financiers qui sont davantage intéressés par l’augmentation de leurs profits que les progrès de la pensée. Ou plutôt sur la diffusion de pensées autres que celles exprimant en quelque sorte les messages politiquement corrects. L’intoxication mentale dénoncée jadis par George Orwell est bien présente, elle n’a pas revêtue les atours d’un régime totalitaire comme 1984 le laissait penser. C’est tout à fait normal nous ne sommes pas dans une époque où une idéologie dominante comme le communisme pourrait conduire à de telles pratiques, pour autant ne nous leurrons pas nous vivons sous une autre idéologie envahissante et lobotomisant qu’est le libéralisme. Même des capitaines d’industries comme Claude Bébéar[5] dénoncent les processus qui tuent le capitalisme. Les effets de la mondialisation sous couvert de libéralisme, de liberté de choix affiché, modèlent le monde entier dans un seul et même moule. Ils packagent notre environnement comme nos pensées, avec des concepts jetables et des valeurs artificielles nous laissant le goût amer de la défaite surtout lorsque le chômage nous touche tandis que nous nous pensions, nantis, avoir un emploi et pouvoir consommer.

 

 

C’est pourquoi il est essentiel de garder une certaine vigilance intellectuelle, de regarder le monde avec curiosité et fermeté sans complaisance et de voir en quoi nous pouvons être complices de son évolution. Ensuite nous pouvons décider dans quel camp nous nous plaçons, soit celui qui renforce le système par ignorance ou par convoitise ou alors celui de la volonté de transformation, cherchant à partir de l’existant de proposer des alternatives viables, pérennes et humanistes.

Ceci pose justement la question de l’engagement. Ecrire c’est déjà bien mais qu’écrit-on et pour qui ? Est-ce qu’au-delà du constat des choses sont proposées ou est-ce que cela reste uniquement spéculatif ? Compte-tenu de la morosité des foyers et de la pauvreté de la majorité des opinions, il semble du devoir de tous ceux qui ont un rôle intellectuel dans la société, de décider de s’engager.

C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas forcément de militantisme mais davantage de ne pas être dupe de l’influence de ses propos, et bien entendu basé sur une éthique rigoureuse tant dans le message que dans les intentions à passer, prendre conscience de la portée de son discours et donc décider de s’engager ouvertement à agir en fonction de ses prises de position. Nous manquons cruellement de pensées appliquées au concret. Notre société est trop dichotomisée, d’un côté les intellectuels qui décrivent, voire pensent le monde, ensuite le concret passe dans les mains de personnes plus pragmatiques dont les intérêts peuvent être différents voire diverger des constats initiaux et des propositions de solutions. Enfin des intérêts spéculatifs peuvent tout autant détourner des constats de leur trajectoire initiale, c’est pourquoi je prends position pour dire qu’il est essentiel aujourd’hui d’assumer ses propos et ses écrits et de poser des actes cohérents avec les idées initiées.

A défaut de nouvelle idéologie majeure, c’est très probablement la cohérence et l’éthique dans le comportement qui inciteront nombre de gens à vouloir modifier quelque chose dans leur quotidien, peut-être dans leur manière d’être, de se comporter ou de penser.

 

 

  

 

Christine MARSAN

 



[1] Jean Bergeret. La violence fondamentale. Freud et ses différentes travaux sur les pulsions.

[2] René Girard. La violence et le sacré.

[3] Paul Ricoeur. Le mal. Un défi à la philosophie et à la théologie.

[4] Alain Ehrenberg. La fatigue d’être soi.

[5] Claude Bébéar. Ils ont tué le capitalisme.

Par Christine Marsan - Publié dans : Philosophie
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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /Sep /2005 00:00

Conférence sur la Paix

 

 

 

24 septembre 2005

Festival régional et européen de la Paix – Bakea Bai

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction :

 

 

 

 

 

 

 

La paix recherchée depuis des millénaires, louée par tous les humanistes et la plupart des spirituels est parfois réalisée et très souvent encore un mythe, une utopie après laquelle nous courrons.

Que faudrait-il alors pour que cela devienne une réalité, partagée ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Argument :

 

 

 

 

 

 

 

Une actualité qui peut poser question

 

 

 

 

  • Septembre 2005, cette conférence sur la paix au sein du premier festival régional et européen de la paix en Pays Basque.
  • C’est aussi la sortie d’un numéro spécial de Géo dédié à la paix.
  • C’est aussi la mort de Simon Wisenthal (comment continuer l’œuvre d’un homme ? problématiques de mémoire, de transmission d’engagement…)
  • C’est le cinquième ouragan sur les côtes du golfe du Mexique aux Etats-Unis (comment repenser nos ressources si la nature les limite ? Faut-il que la nature détruise nos ressources pour que nous pensions autrement notre rapport à elle ?).
  • C’est aussi quatre ans après 2001 (où en sommes-nous de notre rapport au drame humain, à la souffrance ? A la réparation, au droit de mémoire, aux actions correctrices ?).
  • Quelque chose se serait-il passé ? et si oui quoi ? sur quels plans ?

 

 

 

 

Ma conviction est que nous sommes en train de clore une étape débutée par la chute des twin towers.

Il aura fallu quatre années pour que l’ensemble des consciences, occidentales pour le moins et françaises pour ce qui nous préoccupent reprennent consciemment le sursaut de la vie.

Ainsi face à l’horreur de magnifiques choses ont toujours lieu.

 

 

 

 

La question qui découle ce ces éléments d’actualité est : est-il nécessaire de toujours devoir faire la guerre, quelle qu’en soit la forme pour améliorer notre conscience de la paix et notre implication pour qu’au quotidien la paix règne sur le monde ?

 

 

 

 

 

Il n’y a plus de guerre en France ni en Occident !

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Sarkozy dans son argument de campagne pour l’élection européenne, disait que depuis la fin de la Seconde guerre mondiale nous vivions en Europe en paix. Certes, c’est vrai, ici en France, toutefois cela laisse un certain nombre de questions en suspens.

  • Premièrement vérifier que nous ne vivons pas la guerre en France et en Europe. Ce qui conduit à revoir les nouvelles formes de guerre présentes aujourd’hui.
  • Deuxièmement, en supposant que la guerre ait réellement disparu de l’Occident qu’en est-il du reste du monde. Et pouvons-nous y faire quelque chose ? Et contribuions-nous à la paix ou à la guerre ailleurs sur la terre ?
  • Troisièmement, le besoin de guerre est-il réellement éliminé ?
  • Enfin, sur quoi repose notre besoin de faire la guerre et est-il possible d’envisager qu’un jour nous puissions vivre autrement qu’avec la guerre ? Et si oui comment ? Et cela signifie-t-il vivre en paix ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Du colonialisme

 

 

 

 

Car si en France nous ne vivons plus la guerre, depuis 1945, nous sommes allés faire la guerre ailleurs, en Algérie, en Indochine, au Tchad, dans de nombreux pays d’Afrique…Et lorsque nous ne la faisons pas réellement parfois nous l’encourageons, notamment par les ventes d’armes et pour des motivations géopolitiques complexes. C’est d’ailleurs ainsi que Frédéric Passy avait reçu le prix Nobel en 1901 pour s’être opposé à la politique de colonialisme de Jules Ferry. Cet homme est malheureusement bien moins connu que son adversaire.

Si Jules Ferry a fait de grandes choses, notamment avec son action liée à l’éducation, il est incontestable que le colonialisme a créé l’expansion économique de notre monde occidental limité dans ses frontières. Ce choix géopolitique a conditionné bien des guerres et force dysfonctionnements que nous payons aujourd’hui avec les politiques d’intégration des immigrés et de restriction de l’immigration. Nous avons bâti notre opulence au détriment du reste du monde. Ceux-ci viennent aujourd’hui nous en demander réparation.

 

 

 

 

C’est ainsi que le terme de géopolitique n’est plus forcément le terme adéquat pour décrire les politiques internationales. Il s’agirait d’avantage de motivations économico-politiques qui priment aux choix humanistes. Ce choix appelle des conséquences particulières et avec elles de nouvelles formes de guerres.

 

 

 

 

 

 

 

 

Economie mondiale et des nouvelles formes de guerre

 

 

 

 

L’économie mondialisée correspond à l’universalité de la technologie sous la forme d’Internet, réduisant temps et espace et diffusant, sans discernement, toute information de par le monde et avec cette évolution la guerre prend aussi la forme du réseau, sous la forme des terrorismes de tous bords.

Bien que la forme même du terrorisme ne soit pas nouvelle (secte des Hashashin, guérillas, résistants), son universalité actuelle l’est.

C’est ainsi que nous sommes tous aussi démunis à éliminer un virus sur Internet qu’à venir à bout du terrorisme dans le monde. Tout devient mouvant, éphémère, rapide, labile, non identifiable.

 

 

 

 

Puisque le monde que nous vivons est celui que nous avons pensé, conçu, dessiné et produit. Si nous en voulons un autre, il va falloir y « réfléchir » sérieusement !

 

 

 

 

Par ailleurs, si nous postulons que sur notre territoire la guerre traditionnelle a disparu, est-ce que pour autant le besoin de guerre s’est en allé?

 

 

 

 

Depuis quelques années nous voyons surgir deux phénomènes qui illustrent que la paix se ne vit pas encore au quotidien sur notre terre. D’une part le terrorisme et de l’autre la violence physique et verbale qui mine nos cités et crée une ambiance délétère de peur et d’anxiété.

Et nous savons tous que la violence vient très souvent de la peur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Des origines de la violence : la peur de l’autre

 

 

 

 

Les violences urbaines ont de multiples causes que je ne développerai pas forcément ici,[1] toutefois l’essentiel est de considérer que le moteur principal de la violence est la peur.

La peur de l’autre, de sa différence. Cette dernière nous incommode, nous dérange voire nous est insupportable. 

Et nous voyons que la gradation de réponse va alors de la critique à la guerre.

On juge cet autre qui ne sait pas faire comme nous, qui s’habille différemment, etc. Et bien entendu ceci même dans nos propres familles. (Nous sommes tous attirés par l’amour et le bonheur et nous nous y prenons comme des manches à balais pour la plupart pour le manifester au quotidien.) Mais ceci est un autre débat.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le besoin de bouc-émissaire

 

 

 

 

Ainsi, après la critique vient le temps de la recherche d’un fautif.

Au moindre problème on va chercher le maillon faible du groupe et on va l’incriminer de tous les maux de la terre. C’est alors la dynamique millénaire du bouc-émissaire.

Il incarne tous les problèmes et porte les causes de nos souffrances. Jadis il était sacrifié une fois par an, dans l’Ancien Testament, ce qui donnait lieu à un rituel de manière à éliminer, pour un temps, le surplus de violence du groupe social, tribu, clan, société, etc.

Avec le Nouveau testament un certain nombre de choses ont été abolies dont notamment les sacrifices. En tant que tel nous ne pouvons que nous en féliciter et le compter au nombre des progrès sociaux et humanistes. Toutefois, il faut vérifier que le besoin d’avoir un bouc-émissaire a bien cessé au cœur de l’homme.

Et c’est là que le bas blesse.

 

 

 

 

L’Homme ayant toujours autant de violence contenue en lui n’est pas encore à même de pouvoir la canaliser, la gérer, voire la transmuter et donc a toujours besoin de la manifester. Et c’est ainsi que nous passons du bouc-émissaire physique, sacré et ritualisé au bouc-émissaire symbolique.

Et nous voyons alors que tout groupe social, quelle qu’en soit sa taille, trouve toujours un ennemi, quelqu’un qui est suffisamment différent pour qu’il endosse la responsabilité de tout ce qui arrive au groupe et à ses membres. Il en veut forcément à leurs intérêts, probablement par envie ou par besoin de pouvoir, donc il va falloir que le groupe se défendre et lutte..

Et c’est ainsi que du jugement à l’ennemi il n’y a qu’un pas que nous franchissons en fonction des enjeux et de la pression intérieure.

L’intensité de notre peur de l’autre et l’ampleur de la perception du danger que l’autre représente vont nous conduire aux pires actes de rejet.

La meilleure solution que nous avons alors trouvé face au danger que représente l’autre est la solution radicale. On l’élimine. Dont le paroxysme fut atteint avec les camps de la mort.

 

 

 

 

Du génocide aux créations des organisations pour la paix

 

 

 

 

Ce paroxysme est à l’origine de prise de conscience mondiale qui a valu la création d’organisations extraordinaires telles que l’ONU à San Francisco entre le 25 avril et le 26 juin 1945. Et toutes les autres instances que se sont créées à la suite de cette horreur planétaire, à laquelle il ne faut surtout pas oublier de mentionner l’éradication  nucléaire. Nous sommes allés durant la Seconde guerre mondiale au maximum de l’éradication de celui qui est différent et dérangeant. A ce jour, nous n’avons pas su trouver mieux ! C’est évidemment de l’humour car il est impératif que nous puissions concentrer notre énergie individuelle et collective à autre chose qu’aux moyens de détruire systématiquement et définitivement l’autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Définition de la violence

 

 

 

 

Ce qui me conduit à revenir sur deux choses. Tout d’abord la définition de la violence qui permet de comprendre pourquoi elle est tellement insupportable. La violence est l’expression d’une force brute manifestée contre autrui. Elle implique la négation de l’autre, c’est-à-dire de son altérité.

Lorsque je commets un acte de violence, que les psychologues nomment un passage à l’acte, je nie purement et simplement l’autre et je le frappe afin de le détruire. Je peux le frapper physiquement ou verbalement, bien entendu.

Ceci est insupportable. D’ailleurs l’acte le plus connu est le viol qui tire sa racine du même mot. Et pour ceux et celles qui l’ont subi, ils voient l’horreur de ne plus être que l’objet de l’autre.

Ce qui est alors à réparer chez la victime, c’est sa dimension de sujet.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais pourquoi en sommes nous arrivés à avoir besoin sans cesse de manifester de la violence face à autrui ?

 

 

 

 

Pour y répondre et ceci bien entendu, de manière incomplète, je passerai par l’anthropologie et en paraphrasant le propos de Françoise l’Hériter qui le dit si bien.

Elle a observé que la manière dont les humains se sont constitués en groupes et ont pu se développer en société humaines reposent sur un certain nombres de paramètres. L’homme qui est doté d’intelligence, au plus au niveau de l’échelle animale (sic ! au vu de ce qu’il en fait parfois !!) a pu la développer parce qu’il était en fait fort démuni physiquement et très mal équipé pour survivre.

Nous n’avons ni assez de poils, ni de griffes, ni la capacité à courir vite, etc, etc. Face aux nombreux prédateurs de la préhistoire, nous avions peu de chances de survie et aujourd’hui nous sommes les « maîtres du monde » comme certains aiment à le dirent et le penser.

 

 

 

 

Tout viendrait selon elle du fait que lorsque nous avons « observé » le monde qui nous entourait nous avons constaté qu’il était fait de paires, de choses opposées, ainsi nous sommes des hommes ou des femmes, il y a la nuit ou le jour, les aliments pouvaient être crus ou cuits, ils percevaient le froid ou le chaud, etc. Car en un même instant il ne pouvait pas y avoir le jour et la nuit, par exemple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Observation de notre environnement condition notre pensée binaire

 

 

 

 

Cette observation a alors conduit à structurer le mode de pensée en appréhension binaire de la réalité. Ce qu’Aristote instituera bien plus tard en principe de dichotomie de la nature permettant alors de l’identifier, de la classer. Ce qui est l’un des principes de la science qui repose sur la séparation des éléments avec toutes les conséquences que cela peut comporter. L’excès actuel est notamment la séparation extrême des disciplines qui pour apporter quelque chose ont besoin de se spécialiser à outrance et en cela ont du mal à en même temps avoir une vision globale, donc généraliste d’un objet d’étude.

 

 

 

 

Cette manière de penser binaire conditionne notre esprit jusqu’à nos jours et nous avons eu mal fou à envisager autre chose.

 

 

 

 

Du qui-vive au confort

 

 

 

 

Une autre composante anthropologique, liée au fait de dépasser le stade animal est que ce dernier vit toujours sur le qui-vive. L’animal sauvage sursaute sans cesse au moindre bruit, paniqué à l’idée d’être la proie d’un prédateur. La survie est son quotidien.

 

 

 

Nous les hommes, nous avons trouvé la paix du repos par le sommeil. Comment ? Parce qu’en se regroupant c’est-à-dire, en constituant un même clan dormant dans une grotte ou une caverne, très vite des rôles se sont mis en place qui ont permis le repos. Il y a ainsi eu des guetteurs qui veillaient pendant que le groupe afin de prévenir de tout danger.

Pendant ce temps le clan pouvait alors profondément se reposer, en confiance. Ce qui a eu pour conséquence la possibilité de créer des outils, de découvrir l’art, de se structurer en un mot.

Ceci paraît anodin, mais c’est grâce à cette répartition des rôles que l’homme a pu dépasser son instinct de survie, en créant des armes lui permettant alors de chasser plus efficacement des animaux jusqu’ici trop menaçants et reste ainsi qu’il a commencé ses premiers pas vers la maîtrise du monde et le développement du confort.

 

 

 

 

Du clan : du même au différent

 

 

 

 

Le dernier point qui est aussi en lien avec notre propos sur la paix est que le fait que des hommes se regroupent en clan tout en se protégeant des menaces extérieures dans des abris a développé une conscience du même et du différent. Ce qui signifie que tous ceux qui étaient dans la grotte faisait partie du même clan et donc représentaient des amis, des personnes dans lesquelles on peut avoir suffisamment confiance au point de pouvoir dormir à côté (même si l’on peu imaginer quelques frictions parmi ses membres au vu de la manière dont nous interagissions en famille aujourd’hui !). Et en contrepoint, tout ceux qui étaient à l’extérieur étaient donc des ennemis. Comme cette période a duré fort longtemps dans l’histoire humaine, plusieurs milliers d’années cela a considérablement conditionné nos esprits et nos manières de voir le monde et surtout autrui.

 

 

 

 

Ainsi depuis la nuit des temps l’étranger est-il assimilé à un danger, une menace que bien souvent il a fallu détruire afin de ne pas mourir nous-mêmes.

Voilà, rapidement brossés, quelques éléments qui nous constituent comme autant de composantes anthropologiques et qui expliquent notre propension à la violence et à la guerre contre autrui et notre grande difficulté à pouvoir manifester la paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’évolution de notre pensée sur le monde et nous-mêmes : la pensée ternaire

 

 

 

 

Pourtant, nous tenons là une clé pour nous permettre d’envisager la paix et surtout de la vivre. Nous pouvons penser au-delà du 2 et surtout de l’opposition.

Ceci s’appelle la pensée ternaire ou complexe, selon le champ duquel on s’inspire pour la définir.

Einstein a été l’un des physiciens géniaux qui l’a mise en exergue en exposant la relativité et en ouvrant le champ de la physique quantique. Edgar Morin est le philosophe et sociologue qui a cherché à introduire cette pensée dans le champ des sciences humaines, en parlant de complexité, malheureusement d’une manière sans doute un peu trop compliquée pour beaucoup. Mais ces tentatives ont le mérite de nous permettre d’envisager autre chose et de nous sortir de notre gangue mentale.

La pensée complexe fait rupture avec la pensée binaire, du « ou » pour proposer le « et ». On pourrait aussi nommer pensée ternaire. Ce changement apparent simple de conjonction a en fait des effets considérables.

 

 

 

 

Et au-delà de la science, la spiritualité en avait rendu compte depuis longtemps. La religion catholique en avançant que Dieu et un et trois, cette trinité si difficile à comprendre, est pourtant, la voie vers le dépassement de la dualité et de l’opposition (d’ailleurs nommée diabolon : celui qui sépare !!).

Auparavant, le taoïsme en présentant la dynamique du Yin et du Yang explique qu’il existe toujours dans le blanc le noir et dans la lumière l’ombre. Ce c’est que tout le monde en a retenu car visuellement le symbole taoïste illustre bien la dualité. Pourtant son message profond est bien d’aller chercher la troisième voie au-delà des apparences, des oppositions et de la dualité. Curieusement, au même titre que la trinité qui a été si mal comprise, cette dimension du taoïsme est fort peu reprise.

Trop compliquée ?

D’une certaine manière oui.

Cela nous renvoie à notre capacité à pouvoir envisager au-delà de nos habitudes millénaires, au-delà des apparences, au-delà de nos limitations humaines.

La pensée ternaire est alors un effort, que seul notre néo-cortex peut envisager et cette partie récente de notre cerveau, qui nous différencie de l’animal, est bien la partie de notre physiologie où nous pouvons aller puiser les ressources d’un au-delà de nos instincts.

 

 

 

 

C’est pourquoi, en ouvrant une parenthèse, la responsabilité d’un Etat est immense quant à ce qu’il autorise ou « interdit ». Ainsi, si nous nous limitons à la France, encourager la psychose par le fait d’annoncer, par l’intermédiaire des médias toutes les catastrophes locales et planétaires alimentent le business des lobbying de tous poils qui proposent des solutions sécuritaires. Pour autant cela stimule notre cerveau le plus archaïque, la partie reptilienne. Et encourager nos instincts, notre fascination pour le sang et la violence et exacerber nos peurs ne me paraît pas compatible avec vouloir une société autonomie et entreprenante. Mais refermons la parenthèse.

 

 

 

 

Ainsi, pour en revenir à la pensée binaire, il s’agit de pouvoir aller plus loin que l’opposition qui nous a depuis toujours constitué pour envisager l’autre autrement et dépasser le besoin de guerre et désirer la paix.

Autant dire que nous sommes sur le début du chemin, nous sommes balbutiants sur cette voie, mais des êtres formidables dans les siècles passés nous ont ouvert la voie. On les nomme génies car en effet, ils ont pu voir au-delà de nos limitations, en précurseurs et à présent il est question d’y engager tout le monde !

On comprend l’étendue de la tâche.

 

 

 

 

 

 

 

 

De la lente évolution de la conscience humaine

 

 

 

 

Ce qui nous conduit alors à parler de conscience individuelle et collective.

 

 

 

Reprenant un ancien argument sur l’évolution de la conscience humaine,[2] ce qu’il faut comprendre c’est qu’à la taille de l’humanité, les progrès peuvent sembler lents et minimes  et même pour certains cela pourrait paraître un non progrès et pourtant !

 

 

 

 

 

 

 

Depuis des siècles, philosophes, humanistes de toutes confessions et de toute discipline et homme et femme spirituels cherchent à conduire le monde vers la paix. Des figures légendaires ont donné leur vie à cet idéal.

Partant d’un rêve comme Luther King ou comme Gandhi qui, en conscience, a accepté de mettre sa vie en danger pour défendre la non-violence ou encore Nelson Mandela qui a pu tenir 27 ans en prison pour respecter ses valeurs et continuer son engagement. La plupart des prix Nobel de la paix nous ont prouvé l’ampleur de leur implication et de leur persévérance et le dur chemin qu’il faut alors réaliser pour y parvenir.

 

 

 

 

L’histoire est le témoin de cette lutte incessante pour la paix et les droits de l’homme face aux oppressions de tous bords. Certains placent les premiers moments de la quête sociale de justice en mentionnant le code d’Hammurabi à Babylone il y a 36 siècles de cela. Il s’agissait alors de faire advenir la justice afin d’empêcher les puissants de faire du tort aux plus faibles. Ainsi, un certain nombre de progrès ont été le fruit de juristes, philosophes et théologiens de par l’histoire mondiale pour constituer le droit des peuples en réponse au besoin de pouvoir.

 

 

 

C’est ainsi que, depuis tous temps, pouvoirs et libertés de sont opposés. Nous pouvons retenir la bataille de Moïse contre pharaon, ou encore les écrits de Platon dont notamment la République et bien entendu plus proche de nous la déclaration d’indépendance de l’Amérique face à l’Angleterre en 1776, soutenue par la France. Cette dernière qui en réalisant la Révolution française de 1789 institua la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen.

 

 

 

 

 

 

 

Magnifique projet humaniste, plaçant un idéal démocratique à l’évolution humaine. Il n’a comme seul défaut comme nous le rappellent certaines personnes d’autres civilisations c’est que nous reproduisons à nouveau notre habitude universaliste d’aller proclamer de par le monde la bonne parole. Les croisades voulaient faire de même et nous avons connu des massacres épouvantables, au nom de Dieu et pour l’intérêt particulier des plus puissants en quête de pouvoir. Puis toujours en Son nom, l’évangélisation à tous crins a conduit aux pires génocides notamment en Amérique du sud et bien entendu à l’Inquisition. Ainsi peut-être les droits de l’homme et du citoyen sont-ils une magnifique avancée, il faut simplement vérifier que nous ne tombons pas encore dans le piège universaliste qui cette fois-ci au nom de la liberté de l’homme pourrait ne pas respecter celle d’autrui.

 

 

 

C’est ainsi que les Etats-Unis pensant avoir un rôle d’élus ont-ils aussi cette attitude interventionniste et évangélisatrice de par le monde.

 

 

 

La réaction de ceux qui ne sentent pas respectés passe alors, de nouveau, par la violence.

 

 

 

Celle de celui qui ne sent pas respecté, qui ne peut pas établie de dialogue  et qui subit l’excès de certitude de son interlocuteur, réagit avec la seule arme qui lui reste la violence. Nié dans son altérité, à son tour il violente l’autre cette fois-ci avec des armes réelles. Celles-là mêmes construites par les pays défendant les droits de l’homme. Celui qui croit avoir raison ne peut alors pas écouter l’autre qui sans doute a raison lui aussi, autrement.

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi quelques moments clés de l’histoire sont-ils des briques incontournables de notre évolution vers une paix qui doucement, progressivement s’inscrit dans les cœurs, les esprits et les consciences. Depuis 1789, il y a eu également l’abolition de l’esclavage (1848, Victor Schoelcher), qui a donné lieu mis en évidence l’état des droits de tous les humains, enfants, femmes, handicapés, personnes de différentes origines ethniques et raciales. Ce qui a ainsi conduit au droit de vote pour les femmes acquis en 1945 en France quand même ! Si nous avons été un des derniers pays européens à accorder le droit de vote aux femmes et donc de les reconnaître comme citoyens, de nombreux pays dans le monde ne reconnaissent pas toujours pas ce droit aux femmes. Les progrès pour le respect des enfants est aussi un immense combat. Toutes ces mesures visant à reconnaître les droits et les devoirs de chacun, accepter leur différence et à reconnaître la pluralité de leur expression.

 

 

 

Ainsi les progrès de la conscience collective sont indéniables.

 

 

 

Les horreurs de la Seconde guerre mondiale ont accéléré les prises de conscience et les tentatives de réparation.

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui nous en sommes aux Droits Humains, à la Responsabilité Sociales d’Entreprisse, au développement durable social pour respecter les droits et les devoirs des hommes, des femmes et des enfants au travail. Toutes ces mesures visent à lutter contre les abus insupportables. Comme récemment ce reportage mentionnant les conditions de travail des ouvriers indiens et pakistanais à Dubaï. Pour construire des palais luxueux, ils sont entassés à plusieurs dizaines par terre dans des pièces, avec une hygiène rudimentaire des horaires incroyables de 14 heures par jour sous 50 degrés au soleil ? Il y a des morts à déplorer chaque jour et plusieurs suicides par semaine.

 

 

 

 

 

 

 

Ces nouvelles mesures de protection des hommes, des femmes et des enfants est en réponse à notre expansion économique qui ne voit pas de limites et qui se fait la plupart du temps au détriment des populations les plus défavorisées.

 

 

 

Notre illusion de croissance ne créée pas que de l’abondance elle créée aussi de la misère, de la souffrance et pas uniquement à l’autre bout du monde, nos rues en sont le témoin patent.

 

 

 

D’où les créations de diverses ONG telles qu’Amnisty International, Unicef qui luttent aux côtés d’organismes officiels et internationaux comme l’Onu, l’Unesco, luttent pour la dignité humaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la souffrance à la violence

 

 

 

 

Cette richesse outrancière peut aussi conduire à la violence. Car la souffrance et la misère engendrent des souffrances et souvent des jalousies vis-à-vis de ceux qui ne souffrent pas et qui ont « réussi ». Ce qui conduit alors très souvent à des actes de violence. Celle-ci apporte son cortège de peurs, notamment de l’autre. Et nous avons alors là le cercle vicieux dans lequel l’homme peut s’enfermer, souffrances, désirs, violences, peurs et à nouveau souffrances, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ainsi que le constat que nous réalisons est que principalement c’est bien au cœur de l’homme que l’on va retrouver tous les germes de la guerre comme ceux de la paix.

 

 

 

Si nous voulons vivre en paix, il va alors être question de regarder notre contribution au monde, déjà dans notre proche environnement et ensuite plus généralement dans les différents niveaux d’influence que nous pouvons avoir.

 

 

 

 

 

 

 

Alors se pose la question de savoir si nous sommes vraiment matures pour la paix et si nous la réalisions aujourd’hui effectivement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’exigence de conscience

 

 

 

 

 

Car agir dans la paix implique une exigence au quotidien afin de ne pas entretenir la violence et la haine autour de nous. Et ceci ne peut se faire que tout autant qu’un certain degré de conscience a pu être atteint.

Pierre Rabhi ou Charles Rozjman tous deux impliqués dans des luttes pour la sauvegarde de la terre ou contre la violence, différentes facettes pour proposer de nouvelles alternatives à notre mode de fonctionnement actuel sont arrivés, tous deux, à la conclusion que pour faire changer de comportement les personnes qu’elles soient engagées à respecter l’environnement ou tout autre type de combat, cela ne peut se faire que si chacun atteint un niveau de conscience qui lui permet d’agir tous les jours en respect avec son idéal. Pour que les choses changent, il est essentiel que les actes quotidiens soient emprunts de cohérence et d’éthique.

Rappelons-nous ce que l’on appelait les bigotes de bénitier, (peut-être y avait-il aussi quelques hommes !)  c’est-à-dire ces femmes qui allaient tous les jours à l’église et à la messe. Ce qu’on reprochait à certaines d’entre elles, c’est d’avoir des attitudes de dévotes à l’église et dès qu’elles en étaient sorties, disaient pique pendre de leur entourage. Elles connaissaient les rituels, avaient les apparences de femmes croyantes mais leur cœur n’avait en rien évolué. C’est une des nombreuses cause de désaffection de l’Eglise. Le manque de cohérence et ceci à tous les niveaux.

Il en est de même de tous les projets humanistes, dont la paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cohérence et éthique

 

 

 

 

Cohérence et éthique ne sont pas que des mots, ce sont des principes fondamentaux qui conduisent l’action. Et ceci ne peut se faire que par une prise de conscience de nos attitudes quotidiennes et aussi de notre mode de fonctionnement.

Par Christine Marsan - Publié dans : Philosophie
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