Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

  • Comprendre la complexité pour gérer au quotidien son entreprise et ses équipes. Psycho-sociologue et praticienne des relations humaines, je mets à votre disposition conférences, débats, ateliers de réflexion pour appréhender les différentes thèmes de la complexité organisationnelle appliqués à la stratégie, à la DRH et au management. Ce qui vous permet d'avoir une longueur d'avance afin de manager intelligemment et avec éthique.
  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
  •  

Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
    • sociologie,
    • philosophie,
    • politique..
  • Professionnel :
    • coaching et accompagnement au changement.

Vous trouverez une présentation succincte sur mon short web site : www.christinemarsan.eu et pour un descriptif plus détaillé de mes activités professionnelles vous pouvez visiter le site : www.christinemarsan.fr.

Merci pour votre visite et vos réactions sont les bienvenues.
 

Email : christine.marsan@wanadoo.fr

Politique

Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 16:58

En lien avec la mobilisation « contre » le nucléaire.

 

Les éléments qui figurent dans ce billet sont un extrait de FaceBook et un commentaire placé dans le groupe FaceBook : Objectif : recenser un maximum de personnes contre le nucléaire : http://www.facebook.com/events/174392155941716/, le 5 février 2012.

 

Je pense sincèrement que nous devons envisager à moyen terme et long terme de sortir du nucléaire pour toutes les raisons de nocivité que nous connaissons et les dérives guerrières dont une nouvelle menace est avancée avec l'Iran et soutenue par la Chine et la Russie.  Les horreurs de Nagazaki et Hiroshima ravivées avec Fukushima ne sont pas supportables.

Nous sommes encore une fois au bord d'une troisième guerre mondiale avec une menace nucléaire réelle à la clé. L'essentiel est de parvenir à sortir de la dynamique de guerre, une bonne fois pour toutes. Cependant, si nous désarmons, nous devons le faire TOUS ensemble ce qui implique une gouvernance mondiale concertée et consciente (et nous en sommes très loin). Le niveau de conscience de nos gouvernants comme leur appétit pou le pouvoir et les richesses les privent du courage d’engager les débats et surtout les groupes de travail pour aider à réaliser les mutations indispensables.

Par conséquent, nous sommes obligés de rester dans le jeu de l'équilibre des forces.

 

Nous voyons bien que nous sommes à la croisée des chemins avec une conscience citoyenne (pour une partie) qui aspire à un autre monde, mais une pluralité de référentiels, de cultures et de niveaux de conscience qui rendent complexes les évolutions. Complexes ne veut pas dire impossibles. Il faut surtout les penser de manière réaliste et en s'associant avec des professionnels pour envisager des issues réalistes. D'où mon lien avec le propos d'APPO (voir FaceBook). Sur l'éolien je suis entièrement d'accord, ces immenses éoliennes (conçues par les grands industriels et non pas les moulins d'antan) massacrent les paysages et la rentabilité des énergies alternatives est bien lointaine.

Le défi à relever est donc de continuer à déployer des solutions aussi ingénieuses que peu couteuses et sans doute réalistes et réalisables sur les territoires donc à échelle humaine sans délaisser pour autant l'espace "politique" afin que les décisions macro-économiques et politiques ne soient pas prises uniquement par des experts, avertis, mais souvent aux intérêts tendancieux.

L'opinion publique est enthousiaste c'est la bonne nouvelle, mais sans une vision globale, éclairée et pragmatique, les espoirs deviennent des utopies inatteignables. Nous ne devons surtout pas baisser les bras face à la complexité, ni tenter de la simplifier au risque de mal l'appréhender.

Il nous faut des débats matures et renseignés pour nous permettre de nous faire des opinions raisonnées conduisant à des actions réalistes ET humanistes. L'avantage d'Internet c'est qu'il nous permet de relier nos compétences afin d'être plus intelligents ensemble. Il nous faut mettre en place des réseaux pluridisciplinaires (et dépassant les clivages politiciens) afin de comprendre les causes qui nous intéressent et apporter des innovations qui font sens.

Je crois que les deux milieux se féconderont, celui des innovations « hors système », qui dégagées des lourdeurs des establishments peuvent apporter des idées intéressantes, certains irréalistes ou inapplicables disparaitront naturellement, et les innovations du système (économique actuel principalement représenté par les entreprises) qui, de par leur professionnalisme, mettent au point des solutions en jonglant avec les faisceaux de contraintes (qualité, sécurité, coûts, RSE, DD, pression des actionnaires, législations multiples..). Comme toutes les composantes de notre monde complexe, nous n’en sommes plus à l’exclusion ou à l’opposition mais à la réflexion concertée entre des composantes plurielles d’un monde qui doit apprendre à dialoguer ensemble.

La complexité de notre monde ne permet plus d’avoir des réponses binaires (j’aime / j’aime pas), il nous faut aller plus loin et comprendre que concilier des paramètres contradictoires pour parvenir à une solution devient une nécessité. Nous devons nous former à penser la complexité (pas juste à la systémie !!!). C’est bien plus que la seule pensée critique. Il est intéressant de voir combien les outils sur Internet nous maintiennent avec « j’aime / j’aime pas) dans des avis dichotomiques réduisant tout possibilité de pensée profonde et élaborée, pourtant seule en capacité de nous permettre d’embrasser le monde dans lequel nous vivons et de lui apporter des solutions ad hoc.

 

Par ailleurs, la majorité d’entre nous fonctionnant encore avec des valeurs de guerre (compétition, concurrence, prédation, domination) nous assistons davantage à de l’intelligence économique où chacun va piller, copier les initiatives de l’autre qu’à l’intelligence collective dans laquelle chacun décide délibérément de faire avec l’autre et en toute transparence. Cependant, le niveau de conscience augmentant sans cesse, les comportements commencent à s’aligner aux idées et l’intelligence collective sort des concepts pour devenir une réelle pratique partagée. C’est à ces encouragements que nous devons allouer notre énergie, à encourager le développement du niveau de conscience.

 

Nous avons l’infrastructure de la mondialisation : internet, réseaux et possibilités d’échanges et de mobilités. Il nous à présent faut la même qualité de mondialisation de la gouvernance et surtout de la conscience ; d’où cet embrasement régulier des citoyens via les réseaux sociaux pour proposer des évolutions du monde vers plus de justesse et d’éthique en utilisant des moyens non-violents.

 

Christine Marsan

5 janvier 2012.

 

Par Zadig - Publié dans : Politique
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 01:49

Nous sommes nombreux à mentionner l’importance de revisiter le mode d’exercice de la gouvernance pour toutes les instances qui exercent le pouvoir, des entreprises aux partis politiques en passant par les institutions.

 

La crise de la zone Euro a démontré un fonctionnement de l’exercice du pouvoir et de la gouvernance tout à fait particulier. En situation de crise, seuls deux dirigeants, français et allemand, décident du sort des 27.

Qu’en est-il du mode de gouvernance instauré par la communauté européenne ? Faillite du système Europe ou faillite de la manière dont les dirigeants exercent leur pouvoir et leur gouvernance ?

 

La majorité des intellectuels s’accordent à dire que dans un monde globalisé nous n’avons guère de choix que de nous diriger vers une gouvernance mondiale, soit ! Mais quid de la manière d’exercer cette gouvernance et du besoin de pouvoir inhérent à chacun des dirigeants. Pour qu’une gouvernance mondiale ne sombre pas dans les radicalismes de 1984, encore faut-il que nos dirigeants soient éclairés, au sens de l’empereur Hadrien : philosophe, humaniste, éclairé et sage. Qualités de l’exercice du pouvoir suprême qui se sont perdues au travers des siècles.

 

Ce repli d’un pouvoir bicéphale franco-allemand qui décide en une nuit de passer de 27 à 17 reprend les travaux des psychosociologues, tel Muzar Sheriff, qui ont démontré que sous stress et sous la menace d’un danger, les mammifères et les communautés humaines ont tendance à changer de leader et à choisir un « chef » charismatique, au sens d’agressif, pour venir à bout de la crise. Cependant ce mode de management autoritaire, squeezant les principes mêmes du fonctionnement de la commission européenne, laisse perplexe sur les modalités démocratiques de nos institutions.

 

Certes la crise est d’importance et il y a urgence à l’endiguer pour éviter l’effondrement économique, toutefois, cela cautionne-t-il l’exercice d’un pouvoir autocratique ? Car quand mettrons-nous la limite aux situations de crise légitimant des réponses ad hoc et exceptionnelles ?

Avoir laissé la politique se faire engloutir et dominer par le libéralisme dérégulé conduit aujourd’hui à avoir une attitude politique de pompier cherchant à éteindre à la hâte des incendies qui s’allument tous azimuts.

 

Pourtant, paradoxalement, ce dont nous avons le plus besoin c’est précisément d’une gouvernance mature, démocratique et de l’exercice du pouvoir sage, éclairé et prospectif. Tout manager ou leader sait bien que le style autoritaire, s’il peut être invoqué en temps de crise, masque surtout notre démission à envisager que nous puissions gérer les crises autrement que par des reflexes archaïques.

Nous avons fait preuve de raison, d’exercice éclairé du pouvoir tout au fil de l’Histoire humaine et de par le monde, c’est précisément le moment aujourd’hui de convoquer ces pratiques car ce sont elles qui sont adaptées au niveau de complexité des situations que nous avons laissé proliférer. Assumons nos erreurs et encourageons l’exercice de la gouvernance en cohérence avec le niveau de conscience auquel notre humanité est parvenue (même si la réalité humaine fait face à des niveaux de conscience différents et inégaux, qui cohabitent à chaque période historique).

 

CM

10 décembre 2011

Par Zadig - Publié dans : Politique
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 01:17

Nous avions écrit en 2008 un billet sur ce thème et nous revenons une nouvelle fois sur l'idée. En effet, l’actualité matérialise, malheureusement l’attention que nous avions portée sur les droits humains et sur les valeurs démocratiques.

Nous avions évoqué le fait qu’étant désormais des pays démergents, les valeurs que nous portons peuvent être menacées à moyen terme puisque nous avons indexé les droits humains à la puissance économique et au PIB.

Aujourd'hui la dette américaine, la baisse de la notation des Etats-Unis suivis désormais de celle de la plupart des pays d'Europe démontre la fragilité de nos économies, et décrédibilise notre dominance économique et politique.

Nous ne sommes plus les pays dominants que nous croyons toujours que nous sommes. Nous avons encore l'arrogance des "glorieux" siècles passés, cependant nous n'en avons plus les moyens. Nous sommes excessivement endettés, totalement dépendants des pays que nous disions émergents et qui, aujourd'hui, rachètent nos dettes tels la Chine, le Qatar ou l'Arabie Saoudite.

 

Les valeurs des Lumières, qui ont conduit aux révolutions française et américaine, qui ont instauré la République et surtout la démocratie en Occident, à la suite des découvertes humanistes de la Renaissance, sont aujourd’hui menacées.

En effet, le début 2011 était porteur d’espoir voyant un vent de démocratie traverser les pays du Moyen-Orient et ébranler la Chine, pourtant si protectionniste. Les mouvements des Indignés se voulant au départ non-violent et questionnant une démocratie devenue oligarchique ont remué l’inertie du paysage politique.

Et voilà que la fin 2011 est aussi sombre que la couleur du ciel hivernal. Les partis islamistes remportent les élections laissant planer la possibilité d’un recul des libertés. Les Etats-Unis et l’Europe sont très fragilisés au bord de l’explosion ouvrant tout grand les possibilités de rachat des dettes et du patrimoine par ceux, qui avec le pétrole notamment, ont les moyens de nous acheter. Cet affaiblissement économique se traduit par une quasi faillite politique de la zone Euro tout du moins.

 

Et dans ce cas si les droits humains sont indexés à notre PIB et que celui-ci baisse, nos pays devenant démergents et que les pays qui deviennent économiquement dominants ne privilégient pas l’égalité des droits et les libertés citoyennes et démocratiques, que reste-il comme futur aux Lumières ?

Ces valeurs vont-elles s’effondrer ? Vers quelle régression nous dirigeons-nous ?

 

Tablons que l’élan démocratique qui a parcouru des dizaines de peuples durant le premier semestre 2011 est un terreau privilégié pour des changements fondamentaux.

Car si nous regardons notre Histoire, à la suite de la Révolution française nous avons laissé s’instaurer deux empires et le retour de la royauté. La République a mis quasiment un siècle à parvenir à s’installer, alors soyons confiants dans les transformations profondes de niveau de conscience de l’humanité. Et entretenons déjà, chacun à notre niveau notre vigilance, notre conscience individuelle et citoyenne ainsi que le respect des libertés et de notre démocratie. Alors ces mutations inexorables pourront plus facilement advenir, s’installer et devenir pérennes.

 

CM

9 décembre 2011

 

Par Zadig - Publié dans : Politique
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 11:53


Au-delà des agissements objectivement répréhensibles de DSK et pour lesquels la loi doit désormais statuer, je voudrais réagir à l’attitude excessive des médias et politiques qui réalisent une véritable cabale contre lui.

A la récurrente question qui serait : « A qui profite le crime ? », mon propos est de souligner qu’une attitude partisane, accusatrice et visant à ruiner l’honneur d’une personne n’est en rien profitable pour le débat aussi bien légal (connaître le fin mot des situations l’incriminant) que politique (on ne parle plus de projets mais des intimités de chacun).

Avec cette attitude excessive nos médias et nos politiques démontrent une fois de plus qu’ils ne représentent pas la totalité de la population française. Vouloir que justice soit faite ne doit pas se confondre avec des lapidations publiques, dont l’Histoire à chercher à se départir, prouvant que ce n’est en rien de la justice.

Une bonne partie de la société a désormais un niveau de conscience qui exige certes éthique et réparation lors de tords réalisés contre autrui, mais en appliquant la loi et en respectant la dignité de chaque être humain.

Cet acharnement est indigne de tous les progrès de conscience humaine que nous avons eu tant de mal à réaliser.

Les citoyens souhaitent des débats d’idées et des projets matures sur lesquels débattre et se positionner et non des déchaînements médiatiques ayant pour fonction de nous cacher la pénurie de solutions constructives et l’intégration des propositions citoyennes.

CM

6 décembre 2011

Par Zadig - Publié dans : Politique
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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 22:36

Edito des Ateliers de la Mutation : http://www.lesateliersdelamutation.com/

Pessimisme : nouvelle singularité française : un record mondial !

L’impératif catégorique de l’optimisme !

Tandis que nous formulions nos vœux sur l’optimisme voilà que le sondage BVA-Gallup paru dans la presse (Le Monde, La Tribune..) le 3 janvier 2011 faisait mention du fait que les Français sont parmi les plus pessimistes de la planète, devant les Afghans et les Irakiens !

C’est la raison pour laquelle nous avons insisté sur l’optimisme et l’espoir. 

 

Le pessimisme s’est installé et avec lui la peur et l’inertie

 

Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut enfin l'énergie de le faire.

Georges Clemenceau

 

Notre culture française, a déformé, avec le temps, l’élan critique cartésien incitant à penser et à se questionner, invitant au débat et ravivant l’esprit de nourritures fécondes. Nous avons oublié le souffle inspiré des Lumières prodiguant valeurs républicaines et contrat social (élan universaliste pour un Homme nouveau et la recherche d’un bonheur généralisé[1]). Il ne reste plus que le scepticisme et une propension à adhérer à la peur.

Peur entretenue délibérément par nos gouvernants pour se faire élire.

Pourtant nous savons que la peur, comme nous l’avons écrit à maintes reprises, entraîne l’inertie et / ou la violence mais certainement pas l’énergie d’entreprendre.

 

La peur nous prive également de l’envie de penser car nous sommes inscrits dans un rapport au temps qui, calqué sur les rapports trimestriels à remettre à la bourse, nous prive de toute capacité de recul, de cette lenteur nécessaire à la rêverie, à la réflexion à la contemplation qui seule permet la distance, condition sine qua non pour faire face aux évènements. Ceci de manière à redonner du sens, de l’ampleur, de la consistance, et éviter les effets de mode où chacun doit bondir sur l’actualité pour en parler sous peine d’apparaître obsolète. Ceci en risquant, de ce fait, de tant coller à la réalité qu’il en perd toute analyse réflexive pourtant utile pour analyser ce qui se passe et comprendre que parfois l’arbre cache la forêt.

 

Le regain pour la prospective, l’anticipation et les projets décrivant le futur, émergence timide dans les années 2005 et qui voient aujourd’hui une belle floraison rend compte qu’une entreprise, comme un Etat ou même un foyer ne peut être gouverné sans vision anticipatrice. La question est précisément de définir la forme de la prospective adaptée à appréhender notre monde en transformation.

« Penser le futur » ne peut plus être uniquement le fait de la rationalité au sens de la modernité. La complexité fait là aussi exploser les évidences et il est temps de comprendre que nous ne pourrons bâtir le monde de demain qu’en encourageant les rencontres pluridisciplinaires, en favorisant le dialogue entre différents acteurs concernés par une même situation, en mêlant les différentes formes d’intelligence des plus académiques ou plus pragmatiques.

 

Il ne s’agit pas uniquement de penser le monde de manière intellectuelle mais de le penser avec la pluralité des intelligences mises en exergue par quelques chercheurs américains (D. Goleman, H. Gardner, pour ne citer que les plus connus). Alors oui nous rendons compte de la biodiversité du monde dans lequel nous évoluons et que nous modifions à vitesse grand V, alors oui nous pourrons en saisir toutes les subtilités et tenter, collégialement d’y apporter les réponses les plus adaptées.

 

Les initiatives ont besoin d’optimisme

 

Ainsi mettre en exergue le pessimisme, c’est aussi le renforcer et couper l’herbe sous les pieds de ceux qui agissent, entreprennent, réalisent des actions concrètes, différentes pour que précisément nous opérions les changements qu’impose notre monde en profonde mutation.

Lancer des initiatives c’est aussi tenir compte de ce que nos gouvernements tissent comme réponse.

 

Lois et réglementations qui cassent les élans alternatifs

 

Projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure : Loppsi 2. Cette loi renforce les mesures contre la cybercriminalité toutefois prend aussi des mesures sur différents éléments tels que par exemple la chasse aux logements mobiles. Si le contexte général est évidemment liés aux incidents des Roms de l’été 2010, la mesure est répressive et concerne tous ceux qui ont besoin d’abris précaires pour se loger car les coûts des logements sont exorbitants notamment dans les grandes villes telles que Paris.

Notre gouvernement a géré la situation des Roms avec tant de véhémence et de maladresse que cela a réveillé la triste mémoire d’évènements similaires qui avaient conduit, en leur temps, à préparer les rafles et exterminations des minorités gênantes durant la Seconde Guerre mondiale. Heureusement, une levée de boucliers a permis de constater que notre mémoire était toujours vive. Voilà une bonne chose !

Ainsi, d’une volonté de contourner le problème de l’intégration et la difficile gestion des délits, cette mesure (Loopsi article 32 ter) va pénaliser aussi bien tous ceux qui sont en situation précaire que ceux qui souhaitent développer des alternatives au logement classique. Car ceux qui ont la volonté de sortir d’un système de croissance éperdue voient leurs initiatives laminées par les réglementations européennes et françaises. Les lois apportent sans cesse de nouvelles mesures de sécurité ou de qualité qui ont pour conséquence de réaliser de nouveaux travaux (changement régulier des normes, d’électricité, de détection des fumées et incendies et autres), augmentant les charges pour les particuliers comme les entreprises et dont le seul avantage est de faire gagner du profit pour les entreprises liées au bâtiment.

 

Ou encore cette loi (DPE, Diagnostic de performance énergétique), faisant suite au Grenelle de l’environnement qui pénalise tous ceux qui veulent acheter un bien car ils ne peuvent bénéficier du prêt à taux zéro, encouragé par l’Etat, que si les logements bénéficient des isolations aux normes édictées par le Grenelle. Ce qui casse les ventes et les achats, conduisent notaires, agences, acheteurs et vendeurs à prendre en grippe les mesures liées au Grenelle et donc à l’environnement. En effet sans vente, le pouvoir d’achat reste bloqué. Chacun est empêché dans son quotidien, perd un temps infini en démarches administratives chaque année plus lourde et plus compliquée. Ce qui accroît le mécontentement, c’est à se demander à qui profite de telles décisions ?

 

Ainsi au lieu de trouver des mesures incitatives pour faciliter le changement, la plupart de initiatives sont contrecarrées par des lois et des règlementations dans lesquelles la répression est souvent à la clé. Evidemment cela produit l’effet inverse et casse tout élan de transformation effective. Ou alors il faut prendre le risque de devenir hors la loi, surprenant pour notre pays qui a érige la liberté comme une valeur constitutive de notre République.

Pourtant, ce qui permet d’opérer les changements que notre monde en mutation impose c’est bien de faire de notre pays un laboratoire d’innovations et d’encourager la diversité des idées et des réponses. Pour avoir plusieurs fois réalisé des voyages d’étude en Inde, bien qu’il y ait une extrême pauvreté et toute sorte de problèmes que nous ne rencontrons quasiment plus, il existe une bien plus grande liberté à entreprendre et ce n’est pas un hasard si c’est là que le micro-crédit a pu voir le jour et se développer et que Danone a pu implanter plusieurs projets des Danone Communities[2].

Il nous faut la liberté d’entreprendre, de commettre des erreurs, de nous tromper, ceci afin d’entreprendre, d’oser et de trouver dans la multitude des possibles les solutions qui seront adaptées aux problématiques soulevées par la mondialisation.

Pour cela il est essentiel de limiter les appels à la peur et les réponses coercitives.

 

Un exemple réussi de mobilisation citoyenne


L’espoir des hommes, c’est leur raison de vivre et de mourir.

André Malraux

 

La mobilisation citoyenne[3] a permis de franchir le cap du million de citoyens européens mobilisés pour ne pas accepter les OGM en Europe et demander la création d’un organisme éthique et indépendant chargé de réaliser des analyses rigoureuses sur les OGM. Ainsi Internet permet les mobilisations des citoyens qui reprennent leurs responsabilités et se mobilisent face aux excès des lobbyies.

 

Les leçons de la Tunisie


La démocratie devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu'au plus fort.

Gandhi

 

Quelle leçon vient nous apporter la Tunisie et dans la foulée d’autres pays comme l’Egypte ? Tandis que nous ne parvenons pas à sortir de la torpeur de nos habitudes, ayant tant de mal à revisiter notre modèle économique qui nous apporte nos petits conforts quotidiens, voilà qu’un pays du Mahgreb, que certains tiennent à distance et avec une certaine condescendance, voilà que les citoyens tunisiens ont eu le courage de dire « non » à un régime qui a trop longtemps fait peser sur eux les pesanteurs de la dictature.

L’avenir sera radicalement différent selon que la démocratie gagne le Maghreb et le Proche-Orient ou si les soulèvements citoyens font le lit d’un islamisme radical. Les équilibres géopolitiques en seront bouleversés. L’accès aux ressources notamment pétrolières reposent sur des régimes théocratiques et dictatoriaux, un bouleversement de cette ampleur aura des conséquences que nous ne pouvons pas évincer par nos atermoiements.

 

Telle la grenouille qui se laisse mourir dans une eau qui monte lentement à ébullition[4], nous nous endormons dans la tiédeur de nos cocons et perdons de vue la vigilance à garder vivantes nos valeurs, à nous engager, sans compromission, pour nos libertés, à placer l’éthique au-dessus des spéculations. Rappelons-nous ce qu’avait dit Gandhi : « Il y a assez dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. » Nous ne pouvons pas nous laisser aveugler par cette avidité qui nous empêche de regarder que notre modèle économique prélève toujours plus de ressources à la terre et que la plupart des minerais et sources d’énergie s’épuisent les uns après les autres. Notre consommation pollue et a une incidence majeure sur les pays en voie de développement. Chacun voulant s’inscrire dans cette course au désir préfabriqué participe à la consommation des ressources comme la Chine avec le pétrole, premier consommateur au monde, et bien évidemment aussi à la pollution et au tarissement des matières premières dont l’eau est la plus cruciale. Rareté qui devient alors occasion de spéculation.

 

Il est temps que nous retrouvions le courage des valeurs dont nous sommes fiers, que nous retrouvions cet élan que rappellent des résistants comme Stéphane Hessel, qui du haut de ses 93 ans, nous exhorte à l’action tandis que nous bien plus jeunes, timorés face aux pertes de confort, nous ne faisons pas grand chose pour changer.

L’enjeu est d’entamer les évolutions incontournables sans attendre les révolutions, catastrophes naturelles ou humaines, qui seules jusqu’ici ont eu raison de nos inerties. Nous avons la ressource de changer par la mutation et la métamorphose, cela implique juste de nous mettre en mouvement. Nos peurs sont bien plus importantes que la réalité des changements à engager. Car s’ils sont opérés ensemble, les efforts seront plus facilement supportés.

Albert Einstein a dit : « Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l'a engendré. » 

Oui il est temps de modifier notre niveau de conscience pour opérer les changements qui s’imposent et avoir le courage de réaliser les mutations que ce soit à titre individuel, collectif et organisationnel, en mobilisant innovation, créativité, force de vie au service de notre planète et des autres êtres humains.

 

Alors que 2011 soit la manifestation concrète de nos changements !

Bien à vous,

Christine Marsan

 Quelques livres à parcourir pour se réveiller :

 

·      Virginie Raisson : 2033, Atlas des futurs du monde, Robert Laffont, Paris, 2010.

·      Stéphane Hessel, Indignez-vous, Editeur Indigène, 2010.

·      Edgar Morin, Patrick Viveret, Comment vivre en temps de crise ? Bayard Centurion, Paris, 2010.

 

 

 

 

 



[1] Nous ne revenons pas sur la faillite du modèle moderne (bonheur pour tous) largement relayé dans plusieurs articles et livres : Réussir le changement, Communication d’influence, notamment. www.christinemarsan.eu

[2]http://www.danonecommunities.com

 

[3]Remise le 9 décembre 2010 de la première initiative citoyenne (notamment par Aavaz) au Commissaire Européen Monsieur Dalli. Les Européens souhaitent des évaluations plus rigoureuses avant toute autorisation de cultures OGM qui pourraient mettre en danger notre santé et notre environnement.

[4] Pour paraphraser Olivier Clerc, la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite et autres leçons de vie, Marabout, Paris, 2008.

Par Zadig - Publié dans : Politique
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