Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

  • Comprendre la complexité pour gérer au quotidien son entreprise et ses équipes. Psycho-sociologue et praticienne des relations humaines, je mets à votre disposition conférences, débats, ateliers de réflexion pour appréhender les différentes thèmes de la complexité organisationnelle appliqués à la stratégie, à la DRH et au management. Ce qui vous permet d'avoir une longueur d'avance afin de manager intelligemment et avec éthique.
  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
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Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
    • sociologie,
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Vous trouverez une présentation succincte sur mon short web site : www.christinemarsan.eu et pour un descriptif plus détaillé de mes activités professionnelles vous pouvez visiter le site : www.christinemarsan.fr.

Merci pour votre visite et vos réactions sont les bienvenues.
 

Email : christine.marsan@wanadoo.fr

Jeudi 14 février 2013 4 14 /02 /Fév /2013 01:40


 

Depuis 1968, le mot « révolution » revient régulièrement dans les discours et depuis que les crises s’enfilent comme des perles sur le fil de notre quotidien, le mot revient comme un leitmotiv nous promettre des lendemains qui chantent.

Que vient nous dire cet engouement régulier pour la Révolution et que vient-il nous apprendre sur notre dynamique de société ?

 

De quoi parle-t-on ?

 

Avant toute chose un peu d’étymologie.

Le mot révolution laisse traîner derrière lui des relents de Tabula Rasa. Au départ, son étymologie signifie « retour en arrière » de son origine latine « revolutum » « rouler en arrière » ou en astronomie, un objet céleste tourne autour d’un axe. Au XVIeme siècle il est alors synonyme de « brusque changement apportant un trouble ». Il faut attendre le XVIIIeme siècle pour que le terme soit synonyme de « changement brutal » à l’instar de la Révolution française et qu’il signifie désormais «  le régime (politique) qui suit un bouleversement ». Par conséquent, il signifie depuis le XXeme siècle « un changement total de société ou de mœurs ».

 

Un mot, même s’il évolue dans le temps, est toujours porteur de la totalité de son acception et quand bien même l’un de ses usages tombe dans l’oubli, occulté en quelque sorte, comme tout ce qui est symbolique, cette part d’ombre reste néanmoins agissante.

 

"Ce n'est pas en regardant la lumière qu'on devient lumineux, c'est en prenant conscience de l'obscur. Mais ce travail est souvent désagréable donc impopulaire."

Car Gustav Jung

 

Ainsi, nous pouvons observer combien de « révolutions » fracassantes sont en fait allées brasser dans le passé les graines de leur futur. Pourtant lorsque l’adage dit que « l’Histoire est un éternel recommencement », cela est inexact, il s’agit davantage de spirale. Comme le dit Héraclite « nous ne nous baignons jamais deux fois dans la même eau. »

 

Vouloir TOUT changer tient-il du fantasme car la réalité correspond davantage à des mutations progressives. Changer est parfois tellement difficile à opérer que souvent, chacun rêve, que par un coup de baguette magique, tout soit transformé le lendemain au réveil.

Les printemps arabes de 2011 ont bien démontré qu’à la suite de révolutions portées par les citoyens dans les rues, sans préparation préalable d’une réelle alternative le risque est que la « même  chose » revienne pour paraphraser Watzlawick. D’une dictature ces pays sont passés à des régimes islamistes (2012), chacun des régimes apportant une forme de gouvernement autoritaire éloignée des attentes démocratiques des citoyens d’où les remous à nouveau dans l’opinion tunisienne ou égyptienne (2013).

 

Alors pourquoi parler si souvent de révolution ?

 

La « révolution » en France ça se vend bien. Pourquoi ?

Est-ce le désir inconscient de revenir à des âges d’or idéalisés ou la volonté de vivre des transformations radicales ?

 

La Révolution fait partie de notre ADN culturel.

Depuis l’événement historique de la Révolution française nous avons en fait un attachement privilégié à la face glorieuse de la Révolution celle des Droits de l’Homme, l’universalité de ces valeurs, la mise en exergue de la liberté... Toutefois, en occultant totalement ses parts d’ombre dont la Terreur et les différentes dérives.

C’est ainsi que d’un événement historique ponctuel nous avons opéré un glissement symbolique. D’un moment de l’histoire nous en avons fait une fierté permanente, décorélée des évènements eux-mêmes et qui tient davantage lieu de flagornerie identitaire que d’une réalité sociétale.

Nous pourrions en décrire la dynamique sociale en utilisant le répertoire de l’Analyse Transactionnelle et qualifier la mentalité française de passive-agressive. Car notre fonctionnement de société repose sur une certaine inertie face au fait de prendre des décisions et surtout d’agir. Nous sommes excellents à critiquer (dérive de la critique radicale de Descartes) sans cesse le système établi, ce qui fait progressivement monter la tension attendant que le couvercle explose = révolution. Le système attend la libération par l’explosion, mais lorsqu’elle ne vient pas alors seule la tension reste ce qui donne lieu à différents types de violences polymorphes.

Cependant, depuis mai 68, la tension est réelle, les critiques omniprésentes, le mot de révolution circule tous azimuts mais les embrasements tant attendus n’ont pas lieu. L’explosion tarde à se manifester, ce qui déçoit certains.  

Pourquoi ? Parce que des changements réels ont lieu mais ils s’opèrent dans le silence des mutations progressives, des transformations souterraines souvent orchestrées localement par les citoyens dans l’anonymat et le silence des médias.

 

« Quand un arbre tombe on l’entend, quand une forêt pousse, pas un bruit. »

Proverbe africain

 

Nous fantasmons d’entendre tomber l’arbre, nous rêvons du spectaculaire qui réside dans la destruction, attachons-nous davantage à la vie et à la forêt qui pousse silencieusement.

 

Autre fierté nationale : la résistance

 

De la même manière, nous sommes fiers de la résistance, événement spécifique de la Seconde Guerre mondiale, tout en sachant que les véritables résistants ont été peu nombreux et que fort rares furent ceux qui sortirent vivants des années de guerre. Mais d’un élan unanime nous nous sentons tous fièrement résistants. Oubliant ce que cela signifiait à l’époque, à savoir un engagement réel, une mise en danger de sa propre vie ou de celle de ses proches, et des actions concrètes risquées et parfois violentes. Et nous occultons également tous les aspects obscurs de la résistance comme le fait qu’il était question d’assassinats et d’attentats et que certains résistants à la libération ont continué leurs actes délictueux ne parvenant plus à se réinsérer socialement.

Bref, nous nous glorifions d’être résistants et de ce moment historique nous avons opéré un glissement sémantique cette fois. Nos actes de résistance se limitent bien souvent à un clic de souris sur le site d’Aavaz.

Car aujourd’hui nous sommes surtout résistants au changement. Nous avons une grande difficulté à passer à l’action. Nous concevons les mutations à opérer mais l’action ne suit pas. Peurs et appréhensions prédominent et ne dit-on pas de notre économie qu’elle est au point mort ? Et aussi que nous avons toutes sortes d’innovations géniales dans nos tiroirs de R&D et pas de budget pour les financer et les rendre viables et commercialisables.

 

Alors le binôme révolution/résistance est-il une composante identité française forte nous conduisant à avoir des dialogues sociaux principalement basés sur la dynamique du conflit et finalement limitant nos capacités d’action, d’initiative, d’innovation réelle, de créativité appliquée.

On disait en 1973 : « En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées. » Aujourd’hui, il nous faudrait passer des idées aux actes et ceci en limitant les effets néfastes de ces fiertés nationales à double tranchant.

Nous souffrons des côtés obscurs de nos forces !

Peut-être qu’en les rendant visibles et conscientes pourrions-nous alors les piloter plus facilement ?

 

 

"Avec nos pensées, nous créons le monde."

Bouddha

Toute la question réside bien dans la formulation des pensées : nos représentations, comme les mots que nous employons qui vont conditionner nos actions.

 

Christine Marsan

13 février 2013

 

Adapté du livre Marsan C., Réussir le changement, Editions de Boeck, 2008.

Par Zadig - Publié dans : Sociologie
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