Mardi 8 décembre 2009
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Voici plus de six ans que j’avais fait mention lors de séminaires, articles et ouvrage (Violences en entreprise, De Boeck) du fait que nous sommes face à une telle
pluralité de référentiels qu’il n’est pas facile d’identifier facilement les composantes de ce qui nous rend Français et notamment dès lors que l’on vient de l’étranger. L’architecture nous
renseigne davantage que les personnes dans la rue. Alors oui il y a de la diversité, de la pluralité et de la variété et nous ne pouvons que nous en réjouir. La question qui se pose est de savoir
si nous savons tirer partie de cette diversité.
Mon questionnement en 2002/2003 portait sur le fait que la pluralité des référentiels et la variété des tribus contribue à segmenter le corps social, déjÃ
fragilisé par les effets des crises économiques (depuis le choc pétrolier de 1973 qui a fait émerger le chômage) et du développement du marketing découpant le marché en autant de cibles
différentes participant à fragmenter la société. La variété tribale se vend bien mais pose la question cruciale de savoir comment permettre aux communautés de se réunir, de trouver des
passerelles entre les groupes qu’ils soient de culture nationale ou ethnique différente reste totalement ouverte.
Au fur et à mesure les écarts se creusent entre les communautés (Hip-Hop, Gothiques, Verts, traders, Enarques… quels liens ?). Ecarts qui peuvent participer aux
affrontements et aux violences inter-groupes, par manque de compréhension des différences et des modalités de savoir comment se relier.
Avec l’augmentation significative de la complexité (effets de la mondialisation et des enjeux climatiques, développement technologique…), les tensions s’intensifient
dans tous les domaines et notamment inter-communautaire. En effet, les enjeux de la recherche d’emploi, du maintien des acquis crispent les tolérances et développent méfiances et replis
identitaires et jugements racistes.
Ce qui est regrettable c’est de lier ou limiter le débat à des questions d’immigration, on stigmatise la discussion alors qu’il s’agit de savoir comment recréer des
liens, du sens qui fédère, les moyens de développer de la solidarité pour résoudre les problèmes que nous avons créés.
Finalement la question est enfin posée nationalement pour se demander quelles sont nos valeurs fédératrices ? Et finalement parvenir à bâtir un projet de
société qui a du sens pour notre pays : un projet politique en un mot ?! Voilà une bonne nouvelle.
Christine Marsan
8 décembre 2009
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