Une panne à concevoir le futur ?
Le chaînon manquant de la pensée stratégique.
Christine Marsan
Juillet 2005
La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer.
Peter Drucker
Nous avions, depuis quelques temps, déjà mis l’accent sur le changement inévitable de paradigme, cette notion est en train enfin de rentrer dans tous les esprits, les sociologues de tous horizons en faisant à présent l’écho. Plus nombreux sont les relais pour un même phénomène et plus sûre est l’imprégnation de cette évolution dans les mentalités. Le concept devenant alors partie de la réalité quotidienne, le désir d’agir suit.
Donc l’évidence est bien que deux paradigmes de société s’affrontent aujourd’hui. L’ancien, moderne, toujours dominant qui repose sur le progrès et sa promesse de bonheur généralisé passant par la technologie, l’économie telle que nous la connaissons et sa cohorte de contraintes et de désillusions (consommation à outrance qui rend les personnes dépendantes et pas forcément heureuses).
Le nouveau paradigme lui est en émergence. Certains paramètres balbutiant montrent un besoin de définir autrement les modalités de notre quotidien (place de l’homme dans la société, rapport à autrui, au travail, aux institutions, etc.). Tout ceci est à redéfinir, l’ancien modèle ne satisfait plus mais le nouveau ne parvient pas encore à se définir.
Et dans l’intervalle c’est le sentiment de chaos, l’entre-deux paradigmatique, décrit par certains comme post-moderne. Il se caractérise par une difficulté à concevoir le paradigme suivant, englués que nous sommes dans le fond ou le creux que l’on pourrait qualifier de matriciel. Ce qui nous conduit à faire un parallèle avec les eaux primordiales des temps des origines mythologiques, que l’on nomme aussi soupe chaotique où rien n’est encore précisément défini. Tout est en germe, tout est à venir, la vie est là fourmillante, mais encore en désordre. D’où les phénomènes de violence liées au délitement des repères anciens et au manque de structure et de clarté des nouveaux. Il est alors question d’identifier les fils qui vont permettre de dénouer la pelote des vitalités informes de manière à pouvoir créer de nouvelles opportunités, une renaissance de notre société.
Rôle principalement assigné à tous ceux qui sont en charge de prospective quel que soit leur domaine d’application.
Paradigme moderne s’essoufflant
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Nouveau Paradigme en émergence
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Entre-deux paradigmatique
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En quoi ce nouveau paradigme est-il inquiétant ?
Il conduit à redéfinir à nouveau la place de l’homme dans l’univers et l’avancée scientifique qu’elle soit dans le domaine de la physique ou des sciences de l’homme ne va pas dans le sens de l’égocentrisme. Bien au contraire. Nous sommes touchés par le relativisme et nous devenons un élément toujours plus minuscule de l’ensemble, presque un accident de parcours dans le processus du vivant.
Alors nous pouvons nous demander quelle est la conséquence d’une telle prise de conscience dans notre quotidien et dans nos mentalités. Et il est alors moins surprenant de voir des crispations égotistes et des excès de narcissisme fleurir un peu partout et en parallèle un état dépressif quasi généralisé. Il est toujours difficile de prendre conscience que nous représentons encore moins que ce que nous nous imaginions. Nous sommes passés du centre de l’univers (avant les révolutions de Copernic et Galilée) à prendre conscience que nous ne sommes qu’une parcelle infinitésimale de l’ensemble.
L’entre-deux paradigmatique se traduit aussi par toutes ces secousses sociales, tout du moins en France, qui ont eu pour conséquence d’ébranler un certain nombre de vérités établies. Notamment depuis 1968 qui a remis en cause le paradigme de l’autorité.
Et depuis les hommes et les femmes se cherchent, chacun tentant de se construire ou de se reconstruire au gré des fluctuations des institutions sociales qui se modifient et des rôles sociaux qui évoluent également.
Le féminisme a radicalisé la position féminine, beaucoup de femmes se sont prises pour des ersatz d’hommes en cherchant à s’affirmer et à prendre une position dans un monde économique aux valeurs et critères masculins. A présent qu’elles ont « volé » la culotte aux hommes, ceux-ci sont à la recherche d’une nouvelle identité, détachée de la fonction du Père, trop longtemps assumée, et bien souvent contre leur gré.
Il est alors question pour chacun de retrouver une place existentielle et sociale et de redéfinir leur rôle autant comme acteur social que comme appartenant à un genre défini masculin ou féminin.
Cette nécessaire recomposition des repères que l’on peut voir se profiler dans d’autres domaines de la société (économique, écologique, scientifique, politique, etc.), illustre bien cette conclusion des avancées scientifiques et notamment de la physique quantique ayant relativisé la place de l’homme dans l’univers.
Nous sommes face à une complexité accrue, produit des progrès scientifiques, technologiques et des conséquences économiques et politiques (notamment la mondialisation) et dans la nécessité de prendre conscience de notre relativisme. C’est pourquoi nous sommes dans cet entre-deux paradigmatique, et pour beaucoup coincés dans le creux, par manque de compréhension globale des phénomènes et du coup de visibilité pour en sortir.
Quelle incidence pour les entreprises, leurs dirigeants et le management dans sa globalité ?
Une panne à pouvoir concevoir le futur, à élaborer une vision et une stratégie à long terme. Certains, avec raison, suggèrent de passer par la créativité pour relancer la dynamique prospective (H. de Jouvenel, Futuribles), toutefois, il nous semble qu’il est, au préalable, essentiel de pouvoir travailler encore en amont sur l’imaginaire qui sous-tend toute créativité.
Pourquoi ?
Nous constatons que nous avons l’imaginaire sec et que de ce fait nous sommes à cours d’idées. Notre société française se distingue par sa capacité à dire NON quasiment à toute nouvelle proposition qu’elle soit politique ou sociale. Le non prime.
Si les psychanalystes ont depuis longtemps démontré que la créativité trouve l’une de ses racines dans la rébellion psychique qui lorsqu’elle est dépassée, sublimée, canalise son énergie vers la création. Aujourd’hui, la rébellion n’offre plus la dynamique des boucles de rétroaction comme le diraient les cybernéticiens. Elle n’arrive plus à se sublimer. Elle tourne en rond sur elle-même d’où les phénomènes de violence accrus qui viennent crier là le désarroi de nombreuses personnes qui ne parviennent plus à sortir du trou. C’est pourquoi le dialogue social ne parvient pas à réellement émerger. Les acteurs sociaux ont besoin de rester englués dans le conflit pour manifester leur existence.
C’est pourquoi, nous voyons s’exprimer à ce jour, une rébellion polymorphe, sans but précis pour certains. Elle est là juste pour manifester l’existence et la présence de ceux qui la manifestent. La rébellion de ce début de XXIeme siècle cherche à nous dire quelque chose, il serait bon de pouvoir l’entendre.
Ces manifestations se font souvent dans le souvenir mélancolique des révolutions d’antan, qui pour la plupart étaient animées d’idéaux et d’idées.
Aujourd’hui il semble qu’il y ait une certaine panne d’idées.
Depuis 2001, certaines prises de conscience ont pu être notées. Après l’abattement qu’a produit la chute des twin towers, progressivement un élan populaire s’est manifesté.
Nos observations de l’époque nous avaient fait constater que la plupart des personnes se sentaient démunies à savoir comment réagir collectivement et n’envisageaient qu’une chose c’est d’agir localement, dans leur sphère immédiate d’influence. Ce constat démontrait que le grand public était de plus en plus « coincé » dans l’instant présent, dans l’incapacité à pouvoir se projeter en avant et envisager la moindre anticipation.
Anticiper signifie prendre du recul, évaluer les informations disponibles et analytiquement et intuitivement saisir ce vers quoi il va être pertinent de se diriger pour agir. Ceci nécessite du temps, au moins celui de la réflexion.
De nombreux facteurs ont conduit à cette réduction du temps. Tout d’abord concernant la société prise dans son ensemble de nombreux phénomènes expliquent le changement de rapport au temps (zapping, consommation de masse entraînant l’obsolescence et la lassitude immédiate des produits, comme des idées, la proposition permanente de nouveautés, les technologies permettant de surfer et donc encourager un nomadisme et l’immédiateté, l’éphémère, le jetable, etc…) Tout ceci ne permet plus d’envisager la pérennité, ce qui est durable.
Les managers et les dirigeants sont également touchés par le phénomène (demande continue des actionnaires d’obtenir des apports financiers tous les trois mois voire tous les mois pour certains, exigence de réactivité permanente, pression constante d’acteurs sans cesse plus nombreux qui demandent des actions immédiates, etc).
Ainsi cette accélération des changements d’une part, cette réduction du temps de réaction d’autre part et l’amélioration contribue des technologies qui a pour conséquence un accroissement des informations et une réduction des temps de réponse conduit inévitablement à une difficulté à pouvoir prendre du recul, à envisager le futur et à anticiper.
C’est pourquoi nous avons beaucoup de mal à pouvoir concevoir quelque chose de neuf.
La preuve en est récemment la perte des JO (même si l’on peut supposer qu’il existe un faisceau de causes à cet échec), toutefois, les commentaires principaux étaient que la ville de Paris se présentait comme tournée vers son passé et Londres vers le futur.
Ainsi si nous voulons parvenir à concevoir un nouveau futur, il nous faut indéniablement de la créativité mais plus profondément nous recréer un imaginaire qui nous structure (en tant que mythes et identité) et aussi qui relance notre potentiel créatif.
Un autre aspect qui accentue cette difficulté à concevoir le futur c’est que notre société française est engluée dans la peur et la psychose sécuritaire. Bien entendu, les menaces terroristes planant tous les jours sur les villes occidentales sont bien réelles, et récemment Charm Al Sheick nous a rappelé que le monde entier peut être touché. Toutefois ce que notre Etat en fait lui est propre. La réaction des britanniques est claire, ils ne veulent pas baisser les bras. Ils continuent à vivre, coûte que coûte.
Quel que soit le gouvernement en France, ce qui évitera les débats tendancieux et politiques, l’orientation est mise sur la sécurité. Ceci devenant un nouveau business que ce soit pour les assureurs et tous les marchands de sécurité comme pour les lobbies pharmaceutiques nous faisant toujours paniquer au moindre animal en proie à une fièvre quelconque. Notre besoin d’aseptiser le monde (excès du paradigme moderne) et la volonté de transformer notre société française en paranoïaques ou paniqués a pour conséquence immédiate de placer les gens dans la peur et donc en position de repli et de frilosité. Les personnes se replient sur elles-mêmes, sur les « valeurs sûres », cela entretient les conservatismes et les moralismes de tous poils et n’encourage en rien le regard vers le futur, la prise de risques et la capacité prospective. Car pour anticiper il faut avoir l’esprit libéré des peurs et être un minimum confiant en soi, dans la société qui nous entoure et dans l’avenir.
Ensuite, l’imaginaire est ce qui est nourri par les symboles, les mythes, les contes de fées, la transcendance, aujourd’hui en plus par la science fiction.
Notre société laïque a asséché nos capacités à apporter de la transcendance dans notre quotidien. Ainsi ce qui fait rêver est alors ramené à des désirs fabriqués et de préférence à durée de vie très limitée. Le bien-être et la spiritualité deviennent des produits de consommation comme d’autres. Ainsi cette consommation du transcendantal, de la métaphysique réduite à la vie d’un produit en tête de gondole assèche notre imaginaire et rend notre inconscient collectif pauvre en archétype et en mythe propres à lui donner l’envie de se dépasser à lui proposer un idéal.
Nous avons tué nos mythes, nous avons cessé de faire rêver.
Cet assèchement est dangereux tant pour la pensée, en terme de cognition que pour les autres conséquences politiques voire religieuses. Face au vide, car dit-on que « la nature a horreur du vide », l’homme cherchera à le remplir la question est comment ?
L’individu trouvera parfois seul sa réponse et souvent suivra la proposition que l’air du temps apporte. Le SPA pour le bien-être et l’exotisme bouddhiste pour ceux qui sont en manque de spiritualité. Notre laïcité, bienvenue lorsqu’elle a été décrétée historiquement, a pour conséquence aujourd’hui qu’un nombre important de personnes renient leur ancrage judéo-chrétien car il n’est pas de bon ton de se réclamer de la religion catholique cela fait has been ou conservateur. Pour autant ces mêmes personnes férues du vocabulaire hindouiste ou bouddhiste, de pratiques et de rituels asiatiques (Yoga, Qi Qong, etc.) sont totalement ignorantes du patrimoine culturel qui est le nôtre.
Que l’on ait envie de croire ou non, cela est une autre histoire, c’est une question personnelle de foi et ce n’est pas l’objet de cet article. Il est ici question d’un patrimoine réel et qui sous-tend notre culture française et qui est constitué des apports judéo-chrétiens et greco-romains, principalement. Les ignorer c’est nous priver de nos racines, les rejeter c’est nous empêcher de pouvoir transformer notre capital culturel. La Renaissance avait nourri son besoin de revitaliser une civilisation qui s’essoufflait au sortir du Moyen-Age, par les apports classiques retrouvés dans les patrimoines grec et romain.
Voyons comment les jeunes chinois, fruits de la révolution de Mao, sont coupés de leur origine millénaire et quels comportements cela créée. Pour l’instant on n’en mesure pas encore les conséquences, trop pris dans l’euphorie de voir un marché fabuleux et une main d’œuvre qualifiée, compétente et moins coûteuse que les nôtres.
Cependant, ces jeunes chinois, connus pour leurs talents informatiques, sont perçus comme des mercenaires sans le moindre état-d’âme pour leur employeur. Seuls leur carrière et leur intérêt personnel priment. Coupé de la sagesse chinoise, ayant toujours forcé le reste du monde à l’admiration, ces jeunes gens ont eu alors pour base culturelle les restes de la révolution rouge et ensuite le rêve occidental et libéral.
Nous ne pouvons pas leur reprocher leur agissement ils sont les produits de ce que nous avons créé.
Toutefois, ils illustrent bien ce que donne une génération sans mythe, légende et sans l’imaginaire de ses racines culturelles.
Ainsi pour concevoir notre futur et retrouver cet élan stratégique, cette capacité d’anticipation, il devient essentiel de pouvoir revitaliser notre imaginaire collectif et de lui donner des images, des mythes et de la matière afin que chacun retrouve alors son imaginaire et donc sa créativité.
Sans prendre cette question à bras le corps, nous constatons que ce sont les romans qui nourrissent l’imaginaire collectif et redonne l’ouverture vers la culture. Si ce déplacement de l’accès à la culture est finalement intéressant à observer et positif, pour clouer le bec des moralistes, elle peut néanmoins attirer notre attention. En effet, notre société française qui avait comme fierté son cartésianisme, privée de sa capacité officielle à pouvoir envisager sa transcendance reniée par le laïcisme, tombe à bras raccourcis dans les croyances les plus délirantes, devenant la proie du plus grand obscurantisme. Car ouvrir le champ de l’ésotérisme sans discernement c’est faire la proie belle à tout charlatanisme qui nous éloigne considérablement de la conception d’un monde viable et réaliste pour nos entreprises qui sont les socles de notre économie. C’est ainsi que l’on peut voir la Bible côtoyer le manuel de magie blanche à la Fnac, tout est mis sur le même plan, toute l’érudition se mêle avec le bidouillage pseudo-initiatique.
Si cela ne semble pas avoir de prise directe dans le monde de l’entreprise, les individus qui la constitue sont bien les mêmes qui lisent Harry Potter et le code Da Vinci notamment.
Il n’existe pas différents mondes et des populations distinctes entre les lecteurs de roman et les salariés ou les managers.
Ainsi si les romans ravivent l’imaginaire de notre population française, voire mondiale vu l’engouement de ces deux titres, c’est que cela répond à quelque chose. La question est de savoir à quoi.
Ainsi, si nous souhaitons revitaliser notre imaginaire, il est alors question de savoir comment nous nous y prenons et quelles vont être les conséquences des emprunts culturels que font spontanément les gens. Car les temps ont changé, ce ne sont plus les intellectuels qui proposent de nouvelles idées qui nourrissent les lecteurs et donnent un sens à leur réflexion, à leur vie, etc. C’est le peuple qui décide, de manière totalement intuitive, parmi les nombreux produits qui lui sont proposés, ceux qui vont répondre à son besoin d’imaginaire. Et bien entendu le constat se fait rétrospectivement. La question est de savoir si les personnes en charge de la prospective décident aussi de contribuer au phénomène ou si elles l’observent et le commentent après coup. Ce qui explique alors partiellement pourquoi, nombreux sont ceux qui disent que la pensée intellectuelle est pauvre. La question triviale à se poser est : y -a-t-il toujours un pilote dans l’avion ? Et si par malchance la réponse était « non » la question est alors de repenser la notion même de pilotage. En effet, un certain nombre d’institutions telle que l’Etat et les entreprises ne peuvent pas se permettre de ne pas être gouvernées.
Pour les dirigeants et les managers, il nous semble qu’il est essentiel de réintroduire cette question de l’imaginaire en amont de la créativité et de la capacité prospective. Il sera de la responsabilité de ceux qui nous gouvernement d’apprécier comment nourrir l’imaginaire au niveau de la société prise dans son ensemble afin de répondre à son besoin de rêve et de transcendance et aussi de manière à proposer des briques qui ont du sens avec l’intention de société que nous souhaitons. Quant aux dirigeants, ils auront à l’envisager de manière à le concilier à l’intention économique et éthique de nos entreprises.
Il existe bien entendu les projets d’entreprise, des chartes rendant compte de la vision et des valeurs, et bien entendu un plan stratégique. Pourtant, nombre d’entreprises ne sont, pas porteuse d’un réel projet fédérateur qui pourrait concilier la stratégie avec ce qui motivera les salariés parce qu’ils se sentiront investis de quelque chose de plus vaste qui les incitera à rester dans l’entreprise.
Cette demande criante de sens des individus, salariés ou non, implique que l’entreprise et ses dirigeants introduise la transcendance dans l’organisation. C’est-à-dire ce qui transcende de la réalité quotidienne, ce qui fait rêver, ce qui embrase les cœurs et donne envie d’avancer.
Ce qui semblait étranger au monde de l’entreprise investit aussi ce terrain. Aujourd’hui si les salariés sont las et déprimés, alors que notre pays est l’Eldorado d’assistance sociale, c’est qu’ils ne parviennent plus à trouver un sens général qui les enthousiasme. Alors ils se replient sur leur nombril, les marqueteurs l’ont bien compris et l’encouragent.
Alors que faire ?
Prendre au sérieux ces nouvelles tendances et bien identifier ce que les gens viennent y puiser, à quoi cela répond profondément et ensuite réfléchir ensemble, de manière pluridisciplinaire au moyen de relancer la prospective dans la société comme dans les entreprises.
Car ce sont bien elles qui créent les produits qui sont consommés mais qui ne font plus rêver.
Ensuite la question à se poser est de savoir comment faire ?
Si nombreux sont ceux qui déplorent l’individualisme forcené et craignent la dislocation du collectif, il sera alors important au sein des organisations d’identifier ses ressorts et de trouver les nouveaux moyens de travailler ensemble. Car l’observation sociologique constate ce besoin d’être ensemble, peut-être que ce sont en fait les modalités qui ont changé et qu’il faut comprendre pour capitaliser dessus.
Il y a fort à parier que le leadership et les formes d’organisation seront aussi à penser différemment afin que chacun retrouve une place qui a du sens dans un ensemble cohérent qui est plus en harmonie avec la complexité environnante.
Christine Marsan.
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