Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

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  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
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Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /Sep /2005 00:00

Mémoire comme moyen de dépasser la violence collective

Christine Marsan

 

Introduction

 

Le 11 septembre, puis le 21 septembre et pour finir le 21 avril, une succession d’évènements, de turbulences et de soubresauts qui nous rappellent que l’humanité ne peut faire l’économie de la mémoire.

 

C’est en disant « plus jamais ça » que nous pouvons évoquer ce terreau de nos racines, ces blessures toujours béantes qui nous rappellent qu’il reste encore des progrès à réaliser pour élever l’humanité au niveau de nos espérances, de nos exigences voire de nos utopies.

Encore faut-il qu’elles soient définies mais ceci est un autre débat.

 

L’angle d’approche que je retiens dans cette présentation est que la violence pose question au principe d’humanité un peu comme une sorte d’éternel retour ou une perpétuation du même ou dit encore autrement comme un manque flagrant de progrès de l’humanité diraient certains moralistes.

En tous cas cela peut poser question et surtout lorsqu’il s’agit de l’articuler avec la mémoire. Et c’est alors l’objet de mon propos de montrer comment les deux peuvent se conjuguer.

 

La violence expression d’un retour, celui du refoulé :

Je ne reviendrai pas sur l’omniprésence de la violence, elle est constatée et surtout excessivement amplifiée par les médias. Observée par le sociologues comme la manifestation d’une société dont les structures sociales sont délitées, expression de la société fragmentée et confirmée par les psychologues qui notent, en cabinet comme en institution, une augmentation significative des pathologies dites états-limites, limitant l’usage du symbolisme pour s’exprimer au travers de passages à l’acte et donc d’actes violents. Tous ces évènements concourent à la violence individuelle et collective que nous constatons tous les jours dans les faits divers.

Donc, mon propos s’attache davantage à chercher à comprendre pourquoi il existe des sortes de répétitions et des références à différents types de retours, dès lors que l’on cherche à rendre-compte de cette violence.

Je m’explique.

 

Ainsi face à ces apparentes répétitions de l’histoire (violences et barbaries), nous observons un besoin récurrent de « retours » comme autant de quêtes pour retrouver quelque stabilité et explications dans le passé, parfois magnifié et idéalisé apportant, en quelque sorte, un confort douillet à nos angoisses quotidiennes. Ces fréquentes évocations de « retour » tantôt au Moyen-Age, tantôt « au bon vieux temps » font également resurgir un autre type de retour celui du refoulé.

Lorsqu’une violence a été commise dans une société qu’elle soit l’œuvre d’étrangers ou pire entre civils d’une même nation, celle-là peut soit entrer dans l’oubli (c’est-à-dire la mémoire) collective soit être analysée, décortiquée, comprise, et « traitée » pour se donner les moyens de ne plus réitérer les mêmes erreurs.

 

 

Cette inscription de la violence dans l’inconscient personnel et collectif a pour conséquence, sans l’extériorisation de toute forme possible de symbolisation ou de sublimation, que l’individu comme le corps social intègrent ce mode de réaction comme le seul possible pour exprimer ses mécontentements, ses demandes ou ses revendications.

Les psychologues du développement de l’enfant ont montré comment celui-ci se développe à la fois cognitivement et affectivement d’abord par l’imitation, puis par l’attachement à ses parents, il ne saura faire autrement que reproduire du même à l’âge adulte.

Ainsi, à chaque menace sociale, d’une part, les comportements systématiques refont leur apparition sous la forme de cette violence non réparée, d’autre part, blessures et meurtrissures de l’histoire resurgissent intactes mais grossies du fait que justement le pardon et l’acceptation ne sont pas venus clore (forclore) ces souffrances.

Comme une boule de neige, à chaque nouvelle résurgence, ce mal endémique lié à la violence non gérée prend toujours plus d’ampleur et développe toujours plus de violence et de barbaries.

La vie humaine ne représente plus rien, non seulement elle n’est plus respectée mais elle est le premier bien attaqué par l’homme. L’altérité disparaît alors avec la violence.

Hier Michel Tibon-Cornillot nous rappelait combien les techniques se sont quasiment rassemblés autour du projet, conscient ou pas, de mettre toutes les technologies d’une époque au service du meurtre de l’homme (exemple de la Première Guerre mondiale et de ses 25 millions de morts). Et justement comme il le faisait aussi justement remarquer ce type de génocide contre l’humanité est passé plus ou moins sous silence, malgré la richesse des productions des historiens et sociologues sur le sujet. On parle du nazisme et de la Seconde Guerre mondiale, heureusement d’ailleurs, mais pas du reste. Méconnaissance, déni, balayage médiatique ?

 

 

 

Peu importe finalement, le constat est que le manque de verbalisation accroît les refoulements de toute nature. Ce n’est que depuis quelques années que les médias s’empare de cette première guerre mondiale et que l’on voit apparaître de nombreux ouvrages comme par exemple, Paroles des Poilus pour justement témoigner de ces horreurs devenues taboues au sortir de la guerre et qui ont pourtant détruit nombre de couples et plus largement de famille par l’intensité de la souffrance, l’horreur vécue dans le silence et le malaise de ce retour de morts-vivants reprenant la place d’hommes qu’ils ne sont plus.[1] Ce qui a alors posé la manière de reconstruire une nouvelle cellule familiale sans pourvoir en parler justement. Seuls les cauchemars hurlaient dans la nuit ces douleurs innommables que l’on ne pouvait pas dire le jour.

 

La fréquence de retour de la violence et du refoulé :

 

Il est remarquable de constater combien à chaque phase d’instabilité sociale correspond un retour du refoulé qui ramène aux yeux du monde sa cohorte de souvenirs et d’instants inoubliables mobilisant alors les énergies de tous pour que le pire soit évité, parfois de justesse, mais malgré tout écarté.

Nous assistons à une sorte de cycle. A la suite des pires exactions de l’Histoire, quand l’homme a les mains tâchées de sang de ses frères et de ses ennemis, le peuple veut, après avoir fait réparation, ce qui est d‘ailleurs nouveau, effacer cette humiliation faite à l’homme. Et ceci en fêtant joyeusement le retour de l’abondance, de la fête et de l’insouciance. C’est ainsi que nous pourrions comprendre le besoin essentiel de mai 68 et plus généralement des années 70, prônant l’amour plutôt que la guerre dans un désordre charnel collectif, fêtant les retrouvailles de la joie et de l’opulence après les privations d’Auschwitz et Ravensburg.

L’effervescence vient en réponse effacer l’ignominie des potentialités ténébreuses de l’homme pour rendre compte d’un regain de vitalisme qu’il n’ose plus verbaliser. En effet, à chaque fois que l’homme a eu un projet sur lui-même, cela s’est traduit par de grands enthousiasmes et de magnifiques idéologies, portées par le Verbe et les Manifestes et toutes ont fini dans les pires des totalitarismes.

Au « plus jamais ça » des intellectuels d’après-guerre, les affoulements incompréhensibles des jeunes (et moins jeunes) d’aujourd’hui, tour à tour réunis pour le Loft, le foot, l’éclipse de soleil ou les Manifestations du 1er Mai voudraient sans doute exprimer ce besoin de restituer du collectif, mais l’homme a tellement peur de cette parole qui pourtant le caractérise que c’est par les effusions affectuelles qu’il se récompense en redécouvrant l’altérité par le contact fusionnel et chaleureux.

On s’aime ensemble à défaut de savoir parler ensemble ou encore penser ensemble, cela fait trop mal !

 

Ainsi, lorsque tout le monde croit le passé enterré et lassé de répéter fréquemment les horreurs de la Shoah, voilà qu’une élection fait basculer la République pour un soir sur le bord de l’intolérance, rappelant son cortège de souvenirs redevenus d’actualité !

Alors les vieux démons resurgissent et la menace est immédiatement diabolisée, la foule fait corps et défend sa République et sa démocratie contre les affres intolérables d’un fascisme menaçant. L’homme qui incarne cette tendance devient alors le bouc-émissaire de toutes les peurs, de toutes les horreurs actuelles et passées  et surtout craignant celles à venir.

Ne vous en déplaise la société a besoin d’exutoire, notamment pour évacuer cette violence primordiale qui lui est consubstantielle et qui d’ailleurs est tout aussi sa force et sa richesse dès lors qu’elle sait la canaliser.

 

 Le rôle de la mémoire :

 

 

C’est alors que la mémoire revient évoquer en quoi l’humanité a besoin de se souvenir pour progresser et ne pas perdre les acquis des Droits de L’Homme dans des bains de sang odieux.

 

 Pour venir à bout des barbaries commises sur autrui il est souvent recherché une cessation des violences d’une manière ou d’une autre. Pour y parvenir, avant le XX°siècle, les envahisseurs s’installaient tout bonnement dans le pays qu’ils avaient conquis, les vols et viols ne se comptaient plus, les exactions et dépossessions en tous genres étaient monnaie courante et faisait partie des modalités de l’invasion. Mais combien de souffrances ont alors été refoulées dans l’inconscient ?

Au fil des conflits, guerres et autres colonisations, les processus de fin des violences se sont codifiés et, peu à peu, les guerres ont abouti à des traités de paix. Mais ce n’est que depuis les deux guerres mondiales que les horreurs ayant dépassé tout ce qui avait été réalisé jusque là, principalement par le nombre de morts durant la Première guerre mondiale et l’industrialisation du génocide avec le nazisme, que l’humanité a pu réaliser un sursaut de conscience et se donner les moyens d’enrayer de telles atrocités.

La Loi est venue apporter des éléments légaux de « réparation », des tribunaux ont été créés, des procès ont été réalisés et un terme qualifie, à présent, les crimes allant à l’encontre des Droits de l’Homme, il s’agit des « crimes contre l’humanité ». Si cette légalisation de la violence ne résout pas tout, elle est, selon René Girard, un des moyens fondamentaux pour venir à bout de cette violence fondamentale de l’humain.

Pour autant, cette violence inter nations a diminué mais elle a fait resurgir la violence civile, intra nationale. Et de ce fait chaque état se demande comment enrayer le phénomène, nous ne pouvons pas toujours nous trouver un Ben Laden pour aller évacuer en Afghanistan nos surcroîts de pression, d’autant que nous souhaitant dans le même temps réaliser des guerres avec zéro mort, pour nous en tous cas. Mais c’est un autre débat que je laisse pour le moment.

 

 Revenant à la mémoire, je dirai que celle-ci ne se cantonne plus alors dans les témoignages et les monuments aux morts. L’historien se découvre des alliés pour apporter témoignage de l’histoire surtout s’il a comme projet de contribuer à l’enrichissement et à l’évolution de l’humanité.

  Mémoire et transmission :

 

 La mémoire, c’est à la fois se souvenir, transmettre et permettre par cette connaissance des expériences passées de permettre que ce qui fait obstacle au développement de notre humanité ne soit plus et jamais plus. Il ne s’agit nullement de l’enterrer mais de le dépasser.

Pour ce faire, le travail de mémoire s’accompagne du travail de symbolisation et de deuil.

 

Il n’est pas nécessaire de rappeler que l’une des caractéristiques principales de notre humanité est le langage articulé, c’est-à-dire notre capacité à symboliser à nous distancier du réel et donc tout autant pour le meilleur que pour le pire.

C’est bien cette capacité qui fera toute la différence dans l’évolution de l’humanité. Sans l’exploiter à plein nous accréditons les discours moralistes qui disent « de toute manière, l’humanité ne fait aucun progrès », ce qui est bien entendu faux mais qui illustre bien cette déception qui anime chacun d’entre nous quand lorsque nous pensons avoir refermé une béance que l’homme à créer en maltraitant son prochain, voilà qu’une nouvelle violence resurgit pour ébranler l’édifice précaire de notre humanité. Plutôt que de condamner, je propose davantage de s’interroger sur ce constat que nous faisons d’une société qui prendrait des aspects psychotiques après avoir fait montre de traits particulièrement névrosés. Pour le moment, ceci nous affole et je suis la première à déplorer des excès de violence. Néanmoins le discours sécuritaire me paraît illustrer plutôt la peur, sans compter l’opportunité politique de récupération, mais surtout il ne tient pas compte du fait que nous sommes - la société prise dans son ensemble - dans un processus global de régression à des stades de développement psycho-affectifs archaïques tout comme le fait l’individu, lorsqu'il envisage un travail de deuil. Les différentes étapes par lesquelles il va être amené à passer pour aller du choc et de la souffrance initiale à l’acceptation ne vont pas se faire dans les mêmes stades du psychisme. Il va être amené à revisiter les différents stades antérieurs de son développement psycho-affectif.

Je postule donc que ce que nous vivons à la taille de notre société est du même ordre et constitue une réponse normale de la psyché collective face aux refoulements répétés et aux prises de conscience récentes de briser le tabou.

Devant l’horreur et l’indicible c’est la sidération et le déni et tout le monde s’accorde à dire que lorsque la douleur est trop intense, on constate une inhibition de la pensée. Eh bien nous y sommes, mais à l’échelle de la société, française, au moins.[2] C’est pourquoi je postule d’appliquer les outils de l’accompagnement individualisé à la société entière et notamment afin de restaurer la mémoire et de savoir comment transmettre l’expérience.

 

 Ainsi, la question se pose de savoir, dans le projet de venir à bout de ces violences et de ces barbaries faites à l’homme, comment réaliser l’exploit de transmettre l’expérience et le vécu.

 En effet, la transmission de savoirs peut s’effectuer en mobilisant les seules capacités cognitives, mais l’expérience, par définition se vit par l’individu lui-même et vouloir éviter de reproduire les horreurs du passé aurait pour soubassement de pouvoir transmettre les expériences, les vécus, les souffrances et les émotions de chacun des martyrs et des victimes en tous genres.

 Là, un obstacle majeur s’élève, l’expérience est basée sur le socle de l’affectif et de l’émotionnel et ceci ne se transmet pas mais se ressent !

 

 

 C’est pourquoi l’effort de mémoire est si difficile. Témoigner, dire, écrire sont déjà des étapes majeures mais elles ne peuvent remplacer ce que l’individu ressent et ce sont bien ses émotions et la lecture de ses affects (ou non) qui le feront évoluer. Ce que l’on appelle développement personnel ou croissance individuelle reposent également sur ces principes. La conscience ne se développe qu’à la suite d’un choc, ou d’une souffrance. Alors vient le besoin de connaître pour comprendre puis la prise de conscience, le raisonnement réflexif et parfois engagé pouvent éventuellement déboucher sur l’éthique, c’est-à-dire une nouvelle définition des modes de fonctionnement et d’action.

Mémoire et réparation :

 Ainsi, pour faire réparation, pour rendre le travail de la mémoire, à la fois actif et efficace, il paraît fondamental d’allier les compréhensions transdisciplinaires d’un problème. L’historien comprendra et analysera avec le philosophe, le sociologue et le psychologue les épreuves clés de l’humanité, à la fois pour rendre intelligible les évènements du passé et du présent et aussi pour définir ensemble des moyens les plus efficaces, c’est-à-dire les plus pédagogiques pour faciliter au-delà de la transmission des faits, celle aussi des affects, des ressentis et des souffrances.

 Un des moyens pour y parvenir a longtemps été l’image.

 L’image est alors utilisée là dans sa plus grande efficacité et pour son plus beau dessein. L’impact du visuel est indéniable et c’est ce qu’il y a de plus efficace pour impressionner son auditoire. C’est d’ailleurs le choix des musées allemands, de Munich à Berlin, il est fascinant de constater que la mémoire du passé passe par des photos des destructions des villes et des bombardements, des églises partiellement reconstruites, affichant leur béance et leur vide chaque jour sous l’œil du passant.  Les impacts de balle sont encore présents pour rappeler où se situaient les zones Ouest et Est de Berlin. Pas de mots ou très peu mais des images, des peintures, des photos pour provoquer l’impact le plus important et permettre l’éveil des consciences et des engagements.

 Pour autant, l’image aujourd’hui ne suffit plus, d’autant que la télévision a saturé le phénomène de transmission et de sensibilisation. Nous pouvons manger en regardant la télévision et nous manifestons le même état émotionnel en regardant les nouvelles couches- culotte de bébé et le saut d’un désespéré dans le vide.

 C’est pourquoi je suis très réceptive notamment à la position de Martine Ségalen quand elle conclut sont article Famille de quoi héritons-nous ?[3] constatant que ce sont à présent les petits-enfants qui façonnent leur besoin de transmission en demandant à leur grand-parents ce qu’ils souhaitent connaître de leur patrimoine. Il s’agirait alors d’une sorte de « transmission à rebours en quelque sorte, dans laquelle, en tous cas, la hiérarchie des générations disparaît». Il me semble que pour parvenir à la réalité d’une transmission, voire à l’efficacité d’une mémoire, il est nécessaire d’observer comment la société évolue, quelles sont ses nouvelles particularités, comment recrée-t-elle du sens et alors les méthodes appropriées pourront se construire avec les nouveaux protagonistes de l’histoire.

 Conclusion

 En conclusion, pour que la mémoire constitue le socle de l’humain, il est nécessaire que la violence fondamentale de l’individu soit verbalisée, symbolisée, expliquée, dépassée, punie et qu’un travail de deuil s’opère pour comprendre, accepter et parfois pardonner. Alors, une fois, la réparation faite (même si parfois seule l’acceptation peut être atteinte), il est possible de construire autre chose et autrement et chaque nouvelle brique contribuera à l’édifice de l’humanité. L’histoire et la mémoire deviennent alors le socle facilitant la croissance et l’émergence d’une humanité en évolution.

 

 

 



[1] On a d’ailleurs très bien réhabilité ces gueules cassées notamment avec de beaux films comme la Chambre des Officiers. Ce qu’il y a de nouveaux dans ce type de productions c’est la réintroduction de la parole, de la médiation de la souffrance et de la douleur. L’horreur n’est plus taboue, elle peut se dire.

 

 

 

 

[2] Nous avons une piste tout à fait positive si nous savons la regarder c’est que cette violence justement constitue une sorte d’énergie vitale à exploiter et ces regroupements « irrationnels » font état de ce vitalisme ou dynamique du social sur lequel nous pouvons nous appuyer pour envisager le tonus nécessaire de l’évolution de l’humanité.

[3] Sciences Humaines. Qu’est-ce que transmettre ? Mars-avril-mai 2002. Hors série.

Par Christine Marsan - Publié dans : Sociologie
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