Lundi 2 avril 2007
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20:30
Lorsque le coaché devient le maître du coach….
L’éthique du coach 2
Ne jamais laisser ses propres limites enfreindre les capacités de progression de son coaché.
La vie est bien faite et il y a toujours un client / patient ou coaché qui vient nous voir pour nous demander de l’aide et qui en fait vient nous apporter, comme sur un plateau, le juste reflet de là où nous en sommes nous-mêmes, de nos propres interrogations, de cette étape cruciale de vie que nous franchissons, de nos hésitations ou limitations….
L’adage dit « le maître se présente lorsque le disciple est prêt » eh bien l’aphorisme est valable également à l’envers ; le coaché vient au coach comme pour tester, sans le savoir bien entendu, s’il est « prêt » à le recevoir et à le faire évoluer.
Ainsi prenons ces situations comme de fantastiques occasions de croissance pour le coaché d’abord et pour nous ensuite.
Et bien entendu cela pose la question éthique de savoir comment nous pouvons aider l’autre qui nous demande d’aller plus loin que là où nous en sommes nous mêmes.
Il me semble alors fondamental d’être toujours en travail personnel sur soi pour prendre conscience de ce fait de manière à ne surtout pas limiter l’autre volontairement ou non.
Ce que nous demande alors le coaché est bien d’aller plus loin que là où nous en sommes pour l’aider à franchir le seuil que seul il n’est pas parvenu à dépasser.
Ne le décevons pas, allons-y avec lui et il faudra alors vérifier qu’il ne reste pas dans un coin de notre psyché quelque orgueil qui voudrait que l’on soit seul meilleur que l’autre ! Et qu’il n’a qu’à attendre que l’on ait déjà nous-mêmes franchis cette étape, ou quelque jalousie qui ferait craindre que le disciple dépasse le maître et alors freiner cet épanouissement qu’il est venu chercher auprès de nous, comme cela sans nous connaître, pas simple intuition… ! Et si ce n’est pas l’orgueil ou la jalousie, la palette est encore riche, peut-être s’agit-il de manque de confiance en soi, de ne pas être à la hauteur face à l’inconnu que représente sa demande…. ? Vous trouverez bien votre propre faille que notre admirable coaché viendra ébranler !
Merci donc à cette personne qui vient nous défier sur le terrain de nos certitudes et de notre évolution intérieure pour lui permettre d’aller plus loin là où il a besoin d’être, d’aller et de se révéler.
Si nous lui permettons une croissance supérieure à la nôtre alors nous le libèrerons de normes et de limitations qui l’empêchaient d’avancer et qui légitimaient le fait qu’il était venu nous voir. Et nous nous libèrerons par là-même de contraintes qui nous bridaient, souvent à notre insu, dans les nouveaux possibles à explorer pour nous rendre encore plus performants dans l’accompagnement des autres à Etre et ce qu’ils ont à révéler comme talents.
Si nous accueillons l’autre avec le profond respect qu’il s’agit d’un autre être humain avec autant de valeur et de potentiel que nous et non pas un « coaché » attendant un savoir, un plus de notre part et nous un « coach » supposant savoir alors nous aurons quelque chance de l’aider à progresser et de dépasser les pièges narcissiques de notre métier et qui sait peut-être de commencer à bien l’exercer ?
Car quel n’est pas le plus beau cadeau à faire à ses coachés que ce magnifique proverbe chinois : « pour dépasser le maître, il faut cesser de suivre la trace de ses pas ». Et pour cela le coach doit tout faire pour libérer ses clients de toute forme de dépendances, ce qui nécessite évidemment qu’il ait auparavant fait le ménage des siennes. Mais ceci est une autre histoire.
Paris, le 28 février 2007.
Christine Marsan.
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