La conscience et le sens,
au cœur d’un développement soutenable
A l’occasion de l’Université de la Terre : Réinventer le progrès
18 et 19 octobre 2008
Idée-clé :
Réinventer le progrès aujourd’hui pourrait signifier appliquer une politique de responsabilité
sociale « social responsability » qui réunit la question de la conscience et du sens dans nos activités humaines et au sein des organisations. Ceci par :
· la professionnalisation de l’intégrité des organisations
· la
professionnalisation de l’intégrité des
personnes
Notre argument :
Notre société - aussi bien la société mondiale qu’occidentale ou française - est à un tournant majeur de son évolution.
Notre modèle économique a combiné science et finance oubliant le principe de Rabelais selon lequel science sans conscience n’est
que ruine de l’âme, alors le système tourne sur lui-même, comme un fou conduisant aux faillites des banques, comme aujourd’hui à la suite du scandale des subprimes. Ce qui pose alors la
question du progrès (comme modèle du paradigme moderne) désolidarisé des racines et de ce qui fait sens. Les citoyens et les salariés, face aux incohérences et aux paradoxes, crient leur
souffrance et leur stress, et réclament sens, bienveillance, bien-être et respect. La plupart souhaitent construire ensemble, un sens qui mobilise le corps social par une intelligence collective,
permettant seule de relever les défis que nous avons créé et les menaces environnementales et sociétales que nous avons laissé dériver.
Cette quête existentielle de sens se traduit, dans les organisations, par la vision et la stratégie qui sont déclinées selon une
gouvernance responsable. Pour certains s’engager dans un développement soutenable permettra de recréer motivation et implication dans leur quotidien, respectant valeurs et engagements humanistes
et environnementaux. Et pour d’autres, cela ne suffira pas à répondre à leur quête existentielle. Il sera nécessaire de retrouver une transcendance dépassant le quotidien (immanence), et se
posera alors la question : comment y répondre par la religion ? par la spiritualité ? ou la sagesse ?
La France a décidé avec la Révolution française de séparer l’Eglise de l’Etat et nous pouvons considérer que c’est une bonne chose au
vu des abus que les hommes assoiffés de pouvoir en ont fait. Toutefois, des signes récents nous laissent penser que la menace d’un nouveau mélange de genre pourrait à nouveau se profiler.
Pourquoi ? Pour chercher à faire tenir ensemble un corps social délité.
Pourtant, il existe d’autres moyens de créer des solidarités, des rencontres inter-communautaires et développer, à nouveau, respect et
entraide qu’utiliser religion, morale et coercition (facteurs externes de structuration sociale). On peut aussi faire un autre choix : décider d’encourager les moyens du développement de
l’autonomie individuelle et collective et chercher à faire grandir les personnes et les groupes sociaux.
Tandis que d’aucuns baissent les bras, trouvant la tâche énorme, - car en effet ce serait un véritable projet de société, responsable
apportant du sens et seul permettant les engagements durables-, voici que dans l’anonymat des bureaux, les entreprises s’emploient à réaliser ces transformations. Evidemment la motivation n’est
pas la philanthropie mais la conséquence des exigences de compétition qui poussent chaque organisation à devoir changer.
Alors pour atteindre ses objectifs, chaque dix ans en moyenne et tous les cinq ans depuis peu, l’entreprise met en place de nouvelles
mesures pour évoluer (modification des organisations, prise en compte des conditions de travail, généralisation de la qualité, évolution des styles de management, recherche de performance passant
par les objectifs, entretiens d’évaluation, développement personnel, organisation apprenante, fonctionnement matriciel et systémique, développement durable et sociétal, RSE…). Et à chaque
nouvelle évolution, complexifiant le fonctionnement de l’entreprise, pour que la mise en place soit effective, efficace et pérenne, on réalise qu’il est nécessaire qu’il ait modification des
comportements. Ce qui suppose des évolutions des systèmes de représentations et des priorité des valeurs.
Ce qui est alors troublant c’est de constater que ce sont les entreprises qui façonnent le monde, fruit de décisions politiques, par
leurs productions, épuisent la terre en utilisant excessivement ressources et énergies, qui accroissent les biens et les services pour augmenter la consommation et encourager les addictions de
toutes sortes, qui sont le théâtre des abus financiers ET qui sont aussi le lieu où une majorité de personnes se remettent en question, évoluent et font changer leur niveau de conscience,
notamment par une complexité accrue des systèmes, des informations et des relations à gérer. Alors l’entreprise devient le lieu où les changements personnels sont le plus développés, encouragés
et réalisés, délivrant des formations (les clés du management, de la connaissance de soi, de la communication non-violente et du développement personnel) depuis plus de trente ans. Ce qui a
modifié les comportements de générations entières plus responsables, conscientes et qui veulent interagir autrement dans leur quotidien citoyen et organisationnel.
Cependant, si salariés et managers contraints par les exigences toujours accrues des entreprises changent de « force », ceux
qui échappent le plus à ces remises en cause sont souvent les syndicalistes et les dirigeants. Ce qui explique, entre autres, que jeux de pouvoir et politique se perpétuent et que le seul modèle
de dialogue social soit alors le conflit social. Les dirigeants, pour beaucoup, se nourrissant de conférences qui leur permettent de s’oxygéner intellectuellement de leur quotidien mais qui ne
leur permettent pas de traduire les concepts reçus en éléments à appliquer au quotidien. Heureusement, certains, par l’intermédiaire d’accompagnements personnalisés contribuent à réaliser ces
remises en question déterminantes pour qu’ils incarner les changements qu’ils initient et exercent une gouvernance éclairée et responsable.
Car pour relever les défis que le progrès technologique nous pose et pour inverser les effets dévastateurs des excès de consommation,
de détérioration des ressources et de la pollution il est essentiel que les comportements changent aussi bien collectivement qu’individuellement. Il nous faut manifester des comportements de
solidarité et de responsabilité suffisants pour aider ceux que notre modèle occidental dominant abandonne chaque jour sur le bas côté du progrès et de l’opulence. C’est par l’évolution de notre
niveau de conscience, par l’intégration de la sagesse, soubassement de toutes les religions et les spiritualités, qu’une autre gouvernance est possible, que d’autres valeurs, représentations et
modes de pensée peuvent être transmis pour qu’ils aient une influence significative sur notre manière d’être et donc aussi d’être ensemble.
Pour le moment nos sociétés sont établies sur les valeurs de guerre, de compétition et pour relever les défis de demain nous devons vraisemblablement fonctionner sur
des valeurs de paix seules capables de nous permettre de développer fraternité, solidarité et capacité à diminuer la satisfaction de nos besoins ou désirs personnels par la conscience des autres,
proches ou qui vivent à l’autre bout du monde. Pour y parvenir, le travail sur soi permet la remise en cause fondamentale et nécessaire pour que de nouveaux comportements adviennent, puis le
développement d’une conscience permet de passer de l’évolution individuelle à celle du collectif. La quête existentielle rencontre alors bien souvent la spiritualité qui conduit à aller au-delà
du dépassement de sa névrose et permet, par la prise en compte d’une transcendance, de manifester des comportements de bienveillance, de compassion, de tolérance. La sagesse encourage alors le développement de l’éthique squelette intérieur essentiel à l’autonomie psychique qui permet responsabilité, exercice responsable de sa liberté et engagements solidaires,
soutenables et durables pour développer ensemble les formes d’intelligence collective qui feront sortir des impasses que nous avons créées.
Alors oui nous pourrons réaliser un nouvel élan de société, une néo-renaissance qui donnera un autre souffle au progrès.
Oui, nous sommes à nouveau poussés par notre esprit occidental qui vise le progrès et l’amélioration continues. Toutefois, aujourd’hui nous voulons le réaliser de manière éclairée,
écoutant les sagesses ancestrales, réunissant les enseignements de la terre et de la nature avec les apports positifs du progrès technique. Seule cette conciliation des opposés, cette harmonie
des apports de notre humanité insuffle un autre sens, une visibilité partagée, une transcendance, qui se traduit par une gouvernance sage et responsable. Seule cette dernière apportera les
conditions du développement d’une autonomie collective permettant la manifestation de comportements responsables solidaires, durables et soutenables pour que l’humanité évolue ensemble et sache
résoudre les excès qu’elle a produit.
Christine Marsan, participation d’Olivier Dubigeon.
Paris, le 17 septembre 2008.
Nos parutions :
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Christine Marsan
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Olivier Dubigeon
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Livres :
Essai : En quoi le mal nous rend plus humain ? L’harmattan. 2001.
Conte de sagesse : Chemin de Soi. Le Manuscrit, 2007.
Roman : La prophétie du 13eme, Editions Les Nouveaux Auteurs, sortie novembre 2008.
Ouvrages professionnels :
o Gérer les conflits de personnes, de management,
d’organisation. Dunod, 2005.
o Violence en entreprise. Comment s’en
sortir ? Editions de boeck, 2006.
o Guide du management et du leadership
(collectif). Editions de Retz, 2007.
o Le grand livre du coaching
(collectif), Editions d’Organisation, 2008.
o Réussir le changement. Comment dépasser des blocages
individuels et collectifs. Editions de boeck. avril 2008.
o Communication d’influence : du pouvoir à
l’éthique, Editions CFPJ, sortie début 2009.
o Beyond the Stereotype - Linking culture and personality to improve communication in the multi-cultural workplace. Colloque du SIETAR (Groupe de recherche interculturel) Février 1998.
o
La mémoire comme moyen de dépasser la violence collective. Colloque Mémoire Socle de l’humain. Cultures en Mouvement 2002.
o
Violences et interstices. Colloque Cultures en
Mouvement 2003. Violences.
o
Le mythe de l’Androgyne. Colloque Cultures en
Mouvement 2004. Juillet 2004.
o L’entrée des jeunes au sein des entreprises : une occasion de violences ? Colloque sur les Violences et les jeunes. Université de Rennes. Novembre 2004.
o Pour une sortie de la crise vers une gouvernance éclairée. Colloque
de Psychologie politique : Le
management et le leadership organisationnel : les enjeux et les pratiques de la gestion de crises. Université de Caen. Juin 2006.
o Of the universal values of peace, Opus congress, Londres, 2007.
o
Lorsque l’insouciance devient cette nouvelle conquête de liberté de l’homme sur l’espace normatif de l’organisation.
Colloque IP&M. Novembre 2006.
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A Christine Marsan et Olivier Dubigeon,
J’ai lu, avec plaisir, votre papier : « La conscience et le sens, au cœur d’un développement soutenable ».
Je suis d’accord avec ce que vous avez écrit, et je pense que votre texte peut apporter des éléments positifs aux femmes et aux hommes qui ont perdu leurs repères dans la société actuelle.
Votre texte va dans le sens de ce que j’ai appelé le concept HEP.
- harmonie avec la nature et entre les hommes (développement soutenable et redistribution)
- éthique des comportements et individuation contre individualisme
- progrès de l’éros contre surconsommation de biens matériels.
Je trouve votre texte, joliment écrit, très gentil, trop gentil...
Le temps presse. Nous allons dans le mur à vitesse V.
1- Il faut, aujourd’hui, clairement dénoncer les coupables d’une situation catastrophique pour l’humanité qui ont pour noms néolibéralisme, mondialisation sauvage, pensée unique, matraquage idéologique, lâcheté, abêtissement programmé et nouveaux seigneurs.
2- Il faut contribuer à construire une nouvelle société, ce qui passe par la construction d’un rassemblement politique alternatif destiné à supplanter la droite bling-bling et la gauche caviar et à gouverner.
C’est la tâche à laquelle je participe, vous aussi peut-être.
Amitiés.
MAHP
Mon point de vue est de contribuer comme vous à cette alternative citoyenne et humaniste et je choisis d'y aller avec détermination et en paix. Et pour moi ce n'est pas de le gentillesse, c'est l'engagement pour un autre monde et il faut autant de force que pour faire la guerre, voire plus..
Bien amicalement.
CM