Mercredi 2 décembre 2009
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11 novembre 2009 (11/11/11) : sortie du film 2012 mettant en exergue l’Apocalypse et l’imaginaire de peur
qui va avec. Quelle curieuse synchronicité ! D’autant que 2012 évoque pour les politiques l’échéance des présidentielles. Jung doit rire de l’explosion des synchronicités / coïncidences sur des thématiques essentielles.
Nous sommes fascinés par l’Apocalypse car au plus profond de nous se livre toujours le combat titanesque de la pulsion de vie contre la pulsion de mort. Eros et
Thanatos se sont déclarés la guerre et seuls quelques-uns parviennent à vivre en paix parcourus en permanence par ces extrêmes. Mais la plupart d’entre nous les subissent comme deux tyrans
hégémoniques. Ainsi, individuellement, nous observons une tendance voyeuriste à être fascinés par le sang, les catastrophes, sinon pourquoi regarder un accident sur la route ? Cela ravive
nos peurs archaïques, nos phobies et réveille notre instinct de survie. Cela provoque des décharges d’adrénaline dont nous avons même pas conscience combien nous pouvons y être addictifs. Cette
addiction à nos archaïsmes ravive nos instincts et réflexes, la question est de savoir si nous manifestons face au danger : fuite, attaque ou soumission. Car dans un premier temps la peur
conduit au repli et donc à la soumission par souci de préservation.
Regarder la violence, le sang, la destruction, la démolition…. agit comme une catharsis de nos violences internes et c’est la fonction positive de l’image. En
revanche, prise au premier degré, sans verbalisation c’est-à-dire sans distanciation, a l’inverse elle influence nos comportements.
Collectivement, raviver l’imaginaire de l’Apocalypse c’est agiter le spectre de la peur et donc faire régresser l’autonomie de chacun. Car perdre des acquis, du
confort, des certitudes conduit d’abord à la soumission et à l’immobilisme. Ensuite, face aux difficultés peut survenir la violence comme réaction tout aussi archaïque et peu maîtrisée. Et dans
tous les cas, les citoyens qui s’y laissent prendre ne sont pas dans l’exercice de leur libre-arbitre pour décider ce qui est juste pour eux.
Autre angle de lecture : raviver l’Apocalypse c’est aussi faire peur au collectif pour secouer son inertie et le faire réagir. Car souvent c’est face à
l’horreur, d’abord sidérées puis offusquées que les personnes trouvent la ressource individuelle et collective d’agir. Alors peut-être que ces 2h38 de catastrophisme visent à réveiller notre
pulsion de vie collective pour nous pousser à agir !
Pour les autres interprétations, je vous laisse par courir le nouveau livre : Communication d’Influence, deuxième partie.
L’actualité est donc bien facétieuse. A nous de rester vigilants.
Bien à vous.
Christine Marsan
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