Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

  • Comprendre la complexité pour gérer au quotidien son entreprise et ses équipes. Psycho-sociologue et praticienne des relations humaines, je mets à votre disposition conférences, débats, ateliers de réflexion pour appréhender les différentes thèmes de la complexité organisationnelle appliqués à la stratégie, à la DRH et au management. Ce qui vous permet d'avoir une longueur d'avance afin de manager intelligemment et avec éthique.
  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
  •  

Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
    • sociologie,
    • philosophie,
    • politique..
  • Professionnel :
    • coaching et accompagnement au changement.

Vous trouverez une présentation succincte sur mon short web site : www.christinemarsan.eu et pour un descriptif plus détaillé de mes activités professionnelles vous pouvez visiter le site : www.christinemarsan.fr.

Merci pour votre visite et vos réactions sont les bienvenues.
 

Email : christine.marsan@wanadoo.fr

Sociologie

Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 21:40

11 novembre 2009 (11/11/11) : sortie du film 2012 mettant en exergue l’Apocalypse et l’imaginaire de peur qui va avec. Quelle curieuse synchronicité ! D’autant que 2012 évoque pour les politiques l’échéance des présidentielles.  Jung doit rire de l’explosion des synchronicités / coïncidences sur des thématiques essentielles. 

 

Nous sommes fascinés par l’Apocalypse car au plus profond de nous se livre toujours le combat titanesque de la pulsion de vie contre la pulsion de mort. Eros et Thanatos se sont déclarés la guerre et seuls quelques-uns parviennent à vivre en paix parcourus en permanence par ces extrêmes. Mais la plupart d’entre nous les subissent comme deux tyrans hégémoniques. Ainsi, individuellement, nous observons une tendance voyeuriste à être fascinés par le sang,  les catastrophes, sinon pourquoi regarder un accident sur la route ? Cela ravive nos peurs archaïques, nos phobies et réveille notre instinct de survie. Cela provoque des décharges d’adrénaline dont nous avons même pas conscience combien nous pouvons y être addictifs. Cette addiction à nos archaïsmes ravive nos instincts et réflexes, la question est de savoir si nous manifestons face au danger : fuite, attaque ou soumission. Car dans un premier temps la peur conduit au repli et donc à la soumission par souci de préservation.

Regarder la violence, le sang, la destruction, la démolition…. agit comme une catharsis de nos violences internes et c’est la fonction positive de l’image. En revanche, prise au premier degré, sans verbalisation c’est-à-dire sans distanciation, a l’inverse elle influence nos comportements.

 

Collectivement, raviver l’imaginaire de l’Apocalypse c’est agiter le spectre de la peur et donc faire régresser l’autonomie de chacun. Car perdre des acquis, du confort, des certitudes conduit d’abord à la soumission et à l’immobilisme. Ensuite, face aux difficultés peut survenir la violence comme réaction tout aussi archaïque et peu maîtrisée. Et dans tous les cas, les citoyens qui s’y laissent prendre ne sont pas dans l’exercice de leur libre-arbitre pour décider ce qui est juste pour eux.

 

Autre angle de lecture : raviver l’Apocalypse c’est aussi faire peur au collectif pour secouer son inertie et le faire réagir. Car souvent c’est face à l’horreur, d’abord sidérées puis offusquées que les personnes trouvent la ressource individuelle et collective d’agir. Alors peut-être que ces 2h38 de catastrophisme visent à réveiller notre pulsion de vie collective pour nous pousser à agir !

Pour les autres interprétations, je vous laisse par courir le nouveau livre : Communication d’Influence, deuxième partie.

 

L’actualité est donc bien facétieuse. A nous de rester vigilants.

 

Bien à vous.

Christine Marsan

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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 21:34

La chute du mur de Berlin : un moment déterminant qui a scellé le changement des équilibres géopolitiques internationaux. Pourquoi un tel engouement 20 ans après ? Qu’est-ce que cela vient nous dire ? 

La chute du mur de Berlin  signifie la fin de la guerre froide, des équilibres entre deux grandes puissances ce qui a conduit pendant presque vingt ans, disons jusqu’au 11 septembre 2001, à l’hégémonie américaine. Aujourd’hui, huit ans après la chute des twin towers, de nouveaux dessins géopolitiques se profilent sur le fond des réalités inédites qui vont au-delà de l’économique et du politique. Les enjeux de l’évolution du climat, les modifications environnementales et de ce fait sociétales donnent un autre décor à ce nouvel équilibre mondial. Les alliances d’aujourd’hui visent à répondre aux problèmes posés par la mondialisation.

L’Europe apparaît comme un modèle de paix fédérée (même s’il est imparfait) entre des pays qui ont été en guerre pendant plusieurs siècles. Alors vivre en paix est possible. Et il est essentiel de nous rappeler que nous vivons un luxe : plus de 60 ans de paix. Nous pouvons nous déplacer sans craindre une bombe ou des tirs de mitraillettes. Lorsque nous entendons un crépitement de pétards nous pensons tout de suite à un feu d’artifice ailleurs, les gens se cachent et se ruent sur le sol car ce sont des tirs d’armes qui tuent.

Cette célébration vient rendre hommage à cette liberté, cette paix qui ne sont pas des évidences mais le fruit de sacrifices de millions de vie et surtout l’élévation de nos consciences qui nous font comprendre que la vie ne se brade pas, ne se négocie pas au pris de l’héroïsme. Il y a encore peu, les mamans et les épouses étaient fières d’avoir eu des maris et des fils morts au combat, pour la patrie. Mais quel est le sens de donner la vie pour qu’elle devienne de la chair à canon ? Merci à tous ceux qui nous permis cette élévation de nos consciences afin que nous puissions aujourd’hui aller encore plus loin dans le respect de la vie de la terre, des espèces et des êtres humains.

 

Pourquoi un tel engouement 20 ans après ?

Sans doute parce que nombreuses sont désormais les personnes qui comprennent bien que nous sommes à un tournant majeur de notre humanité, que la mutation profonde de notre société n’est plus une vue de l’esprit mais bien une réalité tangible et palpable tous les jours et dont la plupart ne voient pas encore les moyens concrets de faire « autrement ». Les demandes sont plus criantes de trouver du sens. Alors des symboles forts qui indiquent quand, comment et pourquoi le monde a basculé sont aujourd’hui célébré. Nous avons besoin de repères pour comprendre l’évolution de notre monde. Un regard rétrospectif peut nous redonner le souffle de l’action aujourd’hui.

En 1989, nombreux sont ceux aujourd’hui qui témoignent : « On a rien vu venir ». « On savait pas bien ce qui se passait, mais on était là, stupéfaits, on savait qu’on vivait un moment historique. » Aujourd’hui, beaucoup de citoyens veulent faire partie consciemment de l’Histoire et faire en sorte qu’elle ne se vive pas sans eux mais qu’elle soit co-élaborée avec eux. Le mur de Berlin fait prendre conscience que ce qui est advenu. Il est le résultat de la force et de la détermination des citoyens à retrouver leur liberté, à sortir des injustices. Et c’est l’illustration du « Tipping Point » ce moment où tout bascule. Ce niveau où la masse critique d’être humains qui poussent un changement arrive à un seuil où un seul contributeur de plus fait tout basculer. Et c’est alors le changement effectif qui fait passer d’un monde à l’autre.

Nous sommes là dans la réalité de la complexité, de la physique quantique, des effets systémiques. Et les créateurs de la scénographie du 9 novembre 2009 ne s’y sont pas trompés.  En utilisant des dominos pou symboliser les pans de mur, ils sont aussi rendu physiquement tangible, visible et dynamique cette réalité des effets systémiques et comment une petite cause produit de grands effets. Cela illustre les réalités de fonctionnement en réseau, d’interconnexion dans laquelle nous sommes tous impliqués désormais. Cet engouement qui surprend d’aucuns c’est aussi accueillir l’imprévisible, l’impondérable, l’impensable, le Cygne noir comme nous le dit Nassem Nicholas Taleb. Et ces effets d’imprévus sont le résultat de la connexion de plusieurs milliards d’individus qui tous en agissant les uns sur les autres produisent des effets imprévisibles….

C’est aussi de ça dont il est question avec la chute du mur. Tout est possible : l’impensable est possible… tout peut advenir dans le monde qui émerge. Et c’est la raison pour laquelle chacun veut célébrer à cette occasion les valeurs de liberté de solidarité et paix qui apparaissent au travers de cet événement historique.

Et ceci d’autant plus que le monde en émergence n’adviendra que grâce aux citoyens. Ainsi la chute du mur de Berlin c’est l’effondrement du rideau de fer et l’ouverture des possibles, l’horizon dégagé, fin de la division donc la réunion des âmes, des personnes, des communautés, des fratries… C’est la fête de la liberté. En 1989 : tout s’est déroulé de manière pacifique !!! Voilà aussi un symbole fort. Un changement majeur peut avoir lieu sans aucune effusion de sang. Le sens peut advenir comme le résultat de la conscience et de l’agrégation des volonté citoyennes. Alors en 2009 c’est la célébration de la Joie, et de la fraternité et aussi être présent pour comprendre et aller plus loin.

 

Le monde d’après : la chute du mur : de l’est vers l’ouest et aujourd’hui c’est l’ouest qui est ravivé par l’est (Inde, Chine…).

Une autre génération : de nouveaux défis.

Célébrer la chute du mur c’est aussi mettre l’accent sur l’énergie de vitalité, de reconstruction d’un nouveau monde. Que d’actualité !

 

11 novembre 2009 : armistice de 1914-18 : un écho entre Paris et Berlin.

C’est aussi la célébration de l’armistice de la guerre de 1914-18 célébrée cette année ensemble par les présidents allemand et français. Quelle symbolique politique : paix, liberté, fraternité, réunification de l’Allemagne et aussi du cœur de l’Europe. Face à des valeurs vacillantes pour certains, aux incertitudes économiques et au changement réel de monde dont les traductions concrètes restent encore floues pour beaucoup, voilà que le politique reprend toute sa place et déclame un message fort d’unification, de solidarité et de partage assumé d’un passé historique douloureux sur à partir duquel on souhaite passer à autre chose. Voilà un beau cocktail de valeurs fédératrices qui donnent du sens et de l’énergie pour entreprendre. Il va nous rester à en réaliser la traduction pratique au quotidien.

Marche mondiale de la paix et prix Nobel de la paix … aussi le 11 novembre

La marche mondiale de la paix qui est passée à Paris le 8 novembre est aussi à Berlin le 11 novembre pour être aux côtés de la réunion des prix Nobel de la paix qui célèbrent à leur tout cet événement magique. Ceci afin que tous les murs physiques et symboliques tombent les uns après les autres et que notre humanité soit en capacité de démontrer aussi ses talents de solidarité et de paix. Lorsque que les plus dirigeants des plus grosses puissances économiques de la planète se mobilisent pour diminuer l’arment atomique c’est qu’enfin la prise de conscience a été faite du risque immense que la profusion de l’armement fait peser sur nos têtes. Cela a même été l’une des déclarations majeures du Président Obama. Il n’est plus question d’utopie mais de responsabilité.

Nous avons les moyens de notre auto-destruction comme ceux de notre reconstruction sur d’autres bases. C’est une question de choix. La conscience et la mobilisation de millions de citoyens de par le monde semble trouver un écho dans les actions, décisions et discours de nos dirigeants. Continuons ces engament et cette influence citoyenne. Elle est au service de notre humanité, de vous, de moi, de nos enfants.

 

Bien à vous.

Christine Marsan

 

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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 20:48

Les suicides à répétition à France telecom mais hier chez Renault ou Peugeot et ailleurs au sein d'entreprises moins connues viennent nous dire quelque chose sur les modes de gouvernance.

Pendant que les RH et les consultants s'essouflent à trouver des solutions pour gérer les souffrances au travail, le stress ou encore la nouvelle dénomination : les risques psycho-sociaux... la souffrance augmente.
Pourquoi?
Parce que rares sont ceux qui qui veulent vraiment faire face aux réels problèmes qui sont certes
complexes et systémiques mais à la source de ces malaises.

L'origine du problème repose sur le fait que la finance a pris la main sur l'économique (la spéculation sur l'exercice patrimonial des entreprises)qui lui-même a pris le pas sur le politique (auquel incombait le pilotage global d'un gouvernement, le long terme, la visibilité publique des décisions politiques).

Alors nos entreprises font tourner leurs turbines et leurs hommes et femmes afin de réduire sans cesse les coûts et de produire toujours plus de profits. Les premiers sacrifiés sont les personnes, qui privées de sens, du respect de leur dignité et de leurs compétences et parcours, n'ont plus comme seul recours que le suicide pour crier au monde les impasses dans lesquels ils sont coincés.

Ce qui est à réformer c'est le mode de gouvernance. Ce ne sont pas les SPA, la relaxation ou l'hypnose qui apporteront des solutions, juste les moyens de supporter PLUS de stress et contribuer à mieux faire tourner un système qui aliène et "tue" ses ressources humaines.

Alors si vous souhaitez prendre le problème à sa source, parlons-en.

Christine Marsan
Auteur de : Violences au travail. Comment s'en sortir, De Boeck, 2006.
Site : www.christinemarsan.eu

 

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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /Sep /2005 00:00

Une panne à concevoir le futur ?

 

Le chaînon manquant de la pensée stratégique.

 

 

 

Christine Marsan

Juillet 2005

 

 

La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer.

 

Peter Drucker

 

 

 

Nous avions, depuis quelques temps, déjà mis l’accent sur le changement inévitable de paradigme, cette notion est en train enfin de rentrer dans tous les esprits, les sociologues de tous horizons en faisant à présent l’écho.[1] Plus nombreux sont les relais pour un même phénomène et plus sûre est l’imprégnation de cette évolution dans les mentalités. Le concept devenant alors partie de la réalité quotidienne, le désir d’agir suit.

 

 

Donc l’évidence est bien que deux paradigmes de société s’affrontent aujourd’hui. L’ancien, moderne, toujours dominant qui repose sur le progrès et sa promesse de bonheur généralisé passant par la technologie, l’économie telle que nous la connaissons et sa cohorte de contraintes et de désillusions (consommation à outrance qui rend les personnes dépendantes et pas forcément heureuses).

Le nouveau paradigme lui est en émergence. Certains paramètres balbutiant montrent un besoin de définir autrement les modalités de notre quotidien (place de l’homme dans la société, rapport à autrui, au travail, aux institutions, etc.). Tout ceci est à redéfinir, l’ancien modèle ne satisfait plus mais le nouveau ne parvient pas encore à se définir.[2]

 

 

Et dans l’intervalle c’est le sentiment de chaos, l’entre-deux paradigmatique, décrit par certains comme post-moderne. Il se caractérise par une difficulté à concevoir le paradigme suivant, englués que nous sommes dans le fond ou le creux que l’on pourrait qualifier de matriciel. Ce qui nous conduit à faire un parallèle avec les eaux primordiales des temps des origines mythologiques, que l’on nomme aussi soupe chaotique où rien n’est encore précisément défini. Tout est en germe, tout est à venir, la vie est là fourmillante, mais encore en désordre. D’où les phénomènes de violence liées au délitement des repères anciens et au manque de structure et de clarté des nouveaux. Il est alors question d’identifier les fils qui vont permettre de dénouer la pelote des vitalités informes de manière à pouvoir créer de nouvelles opportunités, une renaissance de notre société.

Rôle principalement assigné à tous ceux qui sont en charge de prospective quel que soit leur domaine d’application.

Paradigme moderne s’essoufflant

 

Nouveau Paradigme en émergence

Entre-deux paradigmatique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


En quoi ce nouveau paradigme est-il inquiétant ?

Il conduit à redéfinir à nouveau la place de l’homme dans l’univers et l’avancée scientifique qu’elle soit dans le domaine de la physique ou des sciences de l’homme ne va pas dans le sens de l’égocentrisme. Bien au contraire. Nous sommes touchés par le relativisme et nous devenons un élément toujours plus minuscule de l’ensemble, presque un accident de parcours dans le processus du vivant.

Alors nous pouvons nous demander quelle est la conséquence d’une telle prise de conscience dans notre quotidien et dans nos mentalités. Et il est alors moins surprenant de voir des crispations égotistes et des excès de narcissisme[3] fleurir un peu partout et en parallèle un état dépressif quasi généralisé. Il est toujours difficile de prendre conscience que nous représentons encore moins que ce que nous nous imaginions. Nous sommes passés du centre de l’univers (avant les révolutions de Copernic et Galilée) à prendre conscience que nous ne sommes qu’une parcelle infinitésimale de l’ensemble.

 

 

L’entre-deux paradigmatique se traduit aussi par toutes ces secousses sociales, tout du moins en France, qui ont eu pour conséquence d’ébranler un certain nombre de vérités établies. Notamment depuis 1968 qui a remis en cause le paradigme de l’autorité.

Et depuis les hommes et les femmes se cherchent, chacun tentant de se construire ou de se reconstruire au gré des fluctuations des institutions sociales qui se modifient et des rôles sociaux qui évoluent également.

Le féminisme a radicalisé la position féminine, beaucoup de femmes se sont prises pour des ersatz d’hommes en cherchant à s’affirmer et à prendre une position dans un monde économique aux valeurs et critères masculins. A présent qu’elles ont « volé » la culotte aux hommes, ceux-ci sont à la recherche d’une nouvelle identité, détachée de la fonction du Père, trop longtemps assumée, et bien souvent contre leur gré.

Il est alors question pour chacun de retrouver une place existentielle et sociale et de redéfinir leur rôle autant comme acteur social que comme appartenant à un genre défini masculin ou féminin.

 

 

Cette nécessaire recomposition des repères que l’on peut voir se profiler dans d’autres domaines de la société (économique, écologique, scientifique, politique, etc.), illustre bien cette conclusion des avancées scientifiques et notamment de la physique quantique ayant relativisé la place de l’homme dans l’univers.

 

 

Nous sommes face à une complexité accrue, produit des progrès scientifiques, technologiques et des conséquences économiques et politiques (notamment la mondialisation) et dans la nécessité de prendre conscience de notre relativisme. C’est pourquoi nous sommes dans cet entre-deux paradigmatique, et pour beaucoup coincés dans le creux, par manque de compréhension globale des phénomènes et du coup de visibilité pour en sortir.

 

 

Quelle incidence pour les entreprises, leurs dirigeants et le management dans sa globalité ?

 

 

Une panne à pouvoir concevoir le futur, à élaborer une vision et une stratégie à long terme. Certains, avec raison, suggèrent de passer par la créativité pour relancer la dynamique prospective (H. de Jouvenel, Futuribles), toutefois, il nous semble qu’il est, au préalable, essentiel de pouvoir travailler encore en amont sur l’imaginaire qui sous-tend toute créativité.[4]

Pourquoi ?

Nous constatons que nous avons l’imaginaire sec et que de ce fait nous sommes à cours d’idées. Notre société française se distingue par sa capacité à dire NON quasiment à toute nouvelle proposition qu’elle soit politique ou sociale. Le non prime.

Si les psychanalystes ont depuis longtemps démontré que la créativité trouve l’une de ses racines dans la rébellion psychique qui lorsqu’elle est dépassée, sublimée, canalise son énergie vers la création. Aujourd’hui, la rébellion n’offre plus la dynamique des boucles de rétroaction comme le diraient les cybernéticiens. Elle n’arrive plus à se sublimer. Elle tourne en rond sur elle-même d’où les phénomènes de violence accrus qui viennent crier là le désarroi de nombreuses personnes qui ne parviennent plus à sortir du trou. C’est pourquoi le dialogue social ne parvient pas à réellement émerger. Les acteurs sociaux ont besoin de rester englués dans le conflit pour manifester leur existence.

 

 

C’est pourquoi, nous voyons s’exprimer à ce jour, une rébellion polymorphe, sans but précis pour certains. Elle est là juste pour manifester l’existence et la présence de ceux qui la manifestent. La rébellion de ce début de XXIeme siècle cherche à nous dire quelque chose, il serait bon de pouvoir l’entendre.

Ces manifestations se font souvent dans le souvenir mélancolique des révolutions d’antan, qui pour la plupart étaient animées d’idéaux et d’idées.

Aujourd’hui il semble qu’il y ait une certaine panne d’idées.

 

 

Depuis 2001, certaines prises de conscience ont pu être notées. Après l’abattement qu’a produit la chute des twin towers, progressivement un élan populaire s’est manifesté.

Nos observations de l’époque[5] nous avaient fait constater que la plupart des personnes se sentaient démunies à savoir comment réagir collectivement et n’envisageaient  qu’une chose c’est d’agir localement, dans leur sphère immédiate d’influence. Ce constat démontrait que le grand public était de plus en plus « coincé » dans l’instant présent, dans l’incapacité à pouvoir se projeter en avant et envisager la moindre anticipation.

 

 

Anticiper signifie prendre du recul, évaluer les informations disponibles et analytiquement et intuitivement saisir ce vers quoi il va être pertinent de se diriger pour agir. Ceci nécessite du temps, au moins celui de la réflexion.

De nombreux facteurs ont conduit à cette réduction du temps.[6] Tout d’abord concernant la société prise dans son ensemble de nombreux phénomènes expliquent le changement de rapport au temps (zapping, consommation de masse entraînant l’obsolescence et la lassitude immédiate des produits, comme des idées, la proposition permanente de nouveautés, les technologies permettant de surfer et donc encourager un nomadisme et l’immédiateté, l’éphémère, le jetable, etc…) Tout ceci ne permet plus d’envisager la pérennité, ce qui est durable.

Les managers et les dirigeants sont également touchés par le phénomène (demande continue des actionnaires d’obtenir des apports financiers tous les trois mois voire tous les mois pour certains, exigence de réactivité permanente, pression constante d’acteurs sans cesse plus nombreux qui demandent des actions immédiates, etc).

 

 

Ainsi cette accélération des changements d’une part, cette réduction du temps de réaction d’autre part et l’amélioration contribue des technologies qui a pour conséquence un accroissement des informations et une réduction des temps de réponse conduit inévitablement à une difficulté à pouvoir prendre du recul, à envisager le futur et à anticiper.

C’est pourquoi nous avons beaucoup de mal à pouvoir concevoir quelque chose de neuf.

La preuve en est récemment la perte des JO (même si l’on peut supposer qu’il existe un faisceau de causes à cet échec), toutefois, les commentaires principaux étaient que la ville de Paris se présentait comme tournée vers son passé et Londres vers le futur.

Ainsi si nous voulons parvenir à concevoir un nouveau futur, il nous faut indéniablement de la créativité mais plus profondément nous recréer un imaginaire qui nous structure (en tant que mythes et identité) et aussi qui relance notre potentiel créatif.

 

 

Un autre aspect qui accentue cette difficulté à concevoir le futur c’est que notre société française est engluée dans la peur et la psychose sécuritaire. Bien entendu, les menaces terroristes planant tous les jours sur les villes occidentales sont bien réelles, et récemment Charm Al Sheick nous a rappelé que le monde entier peut être touché. Toutefois ce que notre Etat en fait lui est propre. La réaction des britanniques est claire, ils ne veulent pas baisser les bras. Ils continuent à vivre, coûte que coûte.

Quel que soit le gouvernement en France, ce qui évitera les débats tendancieux et politiques, l’orientation est mise sur la sécurité. Ceci devenant un nouveau business que ce soit pour les assureurs et tous les marchands de sécurité comme pour les lobbies pharmaceutiques nous faisant toujours paniquer au moindre animal en proie à une fièvre quelconque. Notre besoin d’aseptiser le monde (excès du paradigme moderne) et la volonté de transformer notre société française en paranoïaques ou paniqués a pour conséquence immédiate de placer les gens dans la peur et donc en position de repli et de frilosité. Les personnes se replient sur elles-mêmes, sur les « valeurs sûres », cela entretient les conservatismes et les moralismes de tous poils et n’encourage en rien le regard vers le futur, la prise de risques et la capacité prospective. Car pour anticiper il faut avoir l’esprit libéré des peurs et être un minimum confiant en soi, dans la société qui nous entoure et dans l’avenir.

 

 

Ensuite, l’imaginaire est ce qui est nourri par les symboles, les mythes, les contes de fées, la transcendance, aujourd’hui en plus par la science fiction.

Notre société laïque a asséché nos capacités à apporter de la transcendance dans notre quotidien. Ainsi ce qui fait rêver est alors ramené à des désirs fabriqués et de préférence à durée de vie très limitée. Le bien-être et la spiritualité deviennent des produits de consommation comme d’autres. Ainsi cette consommation du transcendantal, de la métaphysique réduite à la vie d’un produit en tête de gondole assèche notre imaginaire et rend notre inconscient collectif pauvre en archétype et en mythe propres à lui donner l’envie de se dépasser à lui proposer un idéal.

Nous avons tué nos mythes, nous avons cessé de faire rêver.

 

 

Cet assèchement est dangereux tant pour la pensée, en terme de cognition que pour les autres conséquences politiques voire religieuses. Face au vide, car dit-on que « la nature a horreur du vide », l’homme cherchera à le remplir la question est comment ?

 

 

L’individu trouvera parfois seul sa réponse[7] et souvent suivra la proposition que l’air du temps apporte. Le SPA pour le bien-être et l’exotisme bouddhiste pour ceux qui sont en manque de spiritualité. Notre laïcité, bienvenue lorsqu’elle a été décrétée historiquement, a pour conséquence aujourd’hui qu’un nombre important de personnes renient leur ancrage judéo-chrétien car il n’est pas de bon ton de se réclamer de la religion catholique cela fait has been ou conservateur. Pour autant ces mêmes personnes férues du vocabulaire hindouiste ou bouddhiste, de pratiques et de rituels asiatiques (Yoga, Qi Qong, etc.) sont totalement ignorantes du patrimoine culturel qui est le nôtre.

Que l’on ait envie de croire ou non, cela est une autre histoire, c’est une question personnelle de foi et ce n’est pas l’objet de cet article. Il est ici question d’un patrimoine réel et qui sous-tend notre culture française et qui est constitué des apports judéo-chrétiens et greco-romains, principalement. Les ignorer c’est nous priver de nos racines, les rejeter c’est nous empêcher de pouvoir transformer notre capital culturel. La Renaissance avait nourri son besoin de revitaliser une civilisation qui s’essoufflait au sortir du Moyen-Age, par les apports classiques retrouvés dans les patrimoines grec et romain.

 

 

Voyons comment les jeunes chinois, fruits de la révolution de Mao, sont coupés de leur origine millénaire et quels comportements cela créée. Pour l’instant on n’en mesure pas encore les conséquences, trop pris dans l’euphorie de voir un marché fabuleux et une main d’œuvre qualifiée, compétente et moins coûteuse que les nôtres.

Cependant, ces jeunes chinois, connus pour leurs talents informatiques, sont perçus comme des mercenaires sans le moindre état-d’âme pour leur employeur. Seuls leur carrière et leur intérêt personnel priment. Coupé de la sagesse chinoise, ayant toujours forcé le reste du monde à l’admiration, ces jeunes gens ont eu alors pour base culturelle les restes de la révolution rouge et ensuite le rêve occidental et libéral.

Nous ne pouvons pas leur reprocher leur agissement ils sont les produits de ce que nous avons créé.

Toutefois, ils illustrent bien ce que donne une génération sans mythe, légende et sans l’imaginaire de ses racines culturelles.

 

 

Ainsi pour concevoir notre futur et retrouver cet élan stratégique, cette capacité d’anticipation, il devient essentiel de pouvoir revitaliser notre imaginaire collectif et de lui donner des images, des mythes et de la matière afin que chacun retrouve alors son imaginaire et donc sa créativité.

 

 

Sans prendre cette question à bras le corps, nous constatons que ce sont les romans qui nourrissent l’imaginaire collectif et redonne l’ouverture vers la culture.[8] Si ce déplacement de l’accès à la culture est finalement intéressant à observer et positif, pour clouer le bec des moralistes, elle peut néanmoins attirer notre attention. En effet, notre société française qui avait comme fierté son cartésianisme, privée de sa capacité officielle à pouvoir envisager sa transcendance reniée par le laïcisme, tombe à bras raccourcis dans les croyances les plus délirantes, devenant la proie du plus grand obscurantisme. Car ouvrir le champ de l’ésotérisme sans discernement c’est faire la proie belle à tout charlatanisme qui nous éloigne considérablement de la conception d’un monde viable et réaliste pour nos entreprises qui sont les socles de notre économie. C’est ainsi que l’on peut voir la Bible côtoyer le manuel de magie blanche à la Fnac, tout est mis sur le même plan, toute l’érudition se mêle avec le bidouillage pseudo-initiatique.

 

 

Si cela ne semble pas avoir de prise directe dans le monde de l’entreprise, les individus qui la constitue sont bien les mêmes qui lisent Harry Potter et le code Da Vinci notamment.

Il n’existe pas différents mondes et des populations distinctes entre les lecteurs de roman et les salariés ou les managers.

Ainsi si les romans ravivent l’imaginaire de notre population française, voire mondiale vu l’engouement de ces deux titres, c’est que cela répond à quelque chose. La question est de savoir à quoi.

 

 

Ainsi, si nous souhaitons revitaliser notre imaginaire, il est alors question de savoir comment nous nous y prenons et quelles vont être les conséquences des emprunts culturels que font spontanément les gens.[9] Car les temps ont changé, ce ne sont plus les intellectuels qui proposent de nouvelles idées qui nourrissent les lecteurs et donnent un sens à leur réflexion, à leur vie, etc. C’est le peuple qui décide, de manière totalement intuitive, parmi les nombreux produits qui lui sont proposés, ceux qui vont répondre à son besoin d’imaginaire. Et bien entendu le constat se fait rétrospectivement. La question est de savoir si les personnes en charge de la prospective décident aussi de contribuer au phénomène ou si elles l’observent et le commentent après coup. Ce qui explique alors partiellement pourquoi, nombreux sont ceux qui disent que la pensée intellectuelle est pauvre. La question triviale à se poser est : y -a-t-il toujours un pilote dans l’avion ? Et si par malchance la réponse était « non » la question est alors de repenser la notion même de pilotage. En effet, un certain nombre d’institutions telle que l’Etat et les entreprises ne peuvent pas se permettre de  ne pas être gouvernées.

 

 

Pour les dirigeants et les managers, il nous semble qu’il est essentiel de réintroduire cette question de l’imaginaire en amont de la créativité et de la capacité prospective. Il sera de la responsabilité de ceux qui nous gouvernement d’apprécier comment nourrir l’imaginaire au niveau de la société prise dans son ensemble afin de répondre à son besoin de rêve et de transcendance et aussi de manière à proposer des briques qui ont du sens avec l’intention de société que nous souhaitons. Quant aux dirigeants, ils auront à l’envisager de manière à le concilier à l’intention économique et éthique de nos entreprises.

 

 

Il existe bien entendu les projets d’entreprise, des chartes rendant compte de la vision et des valeurs, et bien entendu un plan stratégique. Pourtant, nombre d’entreprises ne sont, pas porteuse d’un réel projet fédérateur qui pourrait concilier la stratégie avec ce qui motivera les salariés parce qu’ils se sentiront investis de quelque chose de plus vaste qui les incitera à rester dans l’entreprise.

Cette demande criante de sens des individus, salariés ou non, implique que l’entreprise et ses dirigeants introduise la transcendance dans l’organisation. C’est-à-dire ce qui transcende de la réalité quotidienne, ce qui fait rêver, ce qui embrase les cœurs et donne envie d’avancer.[10]

Ce qui semblait étranger au monde de l’entreprise investit aussi ce terrain. Aujourd’hui si les salariés sont las et déprimés, alors que notre pays est l’Eldorado d’assistance sociale, c’est qu’ils ne parviennent plus à trouver un sens général qui les enthousiasme. Alors ils se replient sur leur nombril, les marqueteurs l’ont bien compris et l’encouragent.[11]

 

 

Alors que faire ?

Prendre au sérieux ces nouvelles tendances et bien identifier ce que les gens viennent y puiser, à quoi cela répond profondément et ensuite réfléchir ensemble, de manière pluridisciplinaire au moyen de relancer la prospective dans la société comme dans les entreprises.

Car ce sont bien elles qui créent les produits qui sont consommés mais qui ne font plus rêver.

 

 

Ensuite la question à se poser est de savoir comment faire ?

 

 

Si nombreux sont ceux qui déplorent l’individualisme forcené et craignent la dislocation du collectif, il sera alors important au sein des organisations d’identifier ses ressorts et de trouver les nouveaux moyens de travailler ensemble. Car l’observation sociologique constate ce besoin d’être ensemble, peut-être que ce sont en fait les modalités qui ont changé et qu’il faut comprendre pour capitaliser dessus.

 

 

Il y a fort à parier que le leadership et les formes d’organisation seront aussi à penser différemment afin que chacun retrouve une place qui a du sens dans un ensemble cohérent qui est plus en harmonie avec la complexité environnante.

 

 

Christine Marsan.

 

 



[1] Des précurseurs tels qu’Edgar Morin (travaux sur la complexité, la dialogique) ou Michel Maffesoli (Dyonisos, aujourd’hui de Gaulejac, André Touraine, ou Carlos Castoriadis stigmatisent le sujet.

[2] Marsan, C. L’androgyne : figure archétypale d’une civilisation renaissante. In les Cahiers de la Psychologie Politique. Juillet 2005. Présenté lors du colloque Congrès Européen Sciences de l’Homme et Sociétés. Juin 2004.

[3] C.F. les différentes études sur le narcissisme (psychanalyse et psychologie).

[4] En fait la créativité est à la fois le moyen pour parvenir à l’objectif d’un regain de capacité prospective et le résultat du parcours réalisé. Il est fort probable que ce soit à partir de la créativité que l’imaginaire pourra être ravivé et qu’une fois celui-ci nourri à nouveau, la créativité tous azimut pourra refleurir.

[5] Enquête : Marsan, C. 11 septembre 2001 : une nouvelle œuvre du diable. Synthèse présentée dans un article au colloque du CEAQ en 2002. Les représentations sociales du diable à travers des éléments de la vie quotidienne.

 

 

[6] Marsan, C. Violence et interstices in Congrés Sciences de l’Homme et Sociétés. Juin 2003.

[7] Le marché de l’individu est une aubaine. La personne est sollicitée sans cesse pour se faire du bien et ensuite, évidemment la conséquence individualiste arrive et là elle pose problème, notamment pour l’entreprise, qui s’en émeut car elle ne parvient plus à obtenir autant de réflexes collectifs qu’elle le souhaiterait. Moi d’abord. Numéro spécial été (juillet-août 2005). Enjeux. Les échos. N°215.

[8] CF déplacements.

[9] En référence à l’article sur l’androgyne. Ibid.

[10] Ce n’est pas un hasard si toutes les histoires parlant de quête et de Graal ont un succès retentissant. Le besoin de mystère mais surtout la quête est à l’ordre du jour car elle vient combler le vide de la perte de sens. C’est toujours dans les périodes troubles et chaotiques que resurgissent des ténèbres de notre inconscient collectif les archétypes qui redonnent une vitalité à notre société. Le Graal resurgit régulièrement pour « sauver » le monde de ses inepties.

[11] Voir à ce sujet Liaisons Sociales. Printemps 2005.

Par Christine Marsan - Publié dans : Sociologie
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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /Sep /2005 00:00

Les représentations sociales du diable

 

à travers des éléments de la vie quotidienne

 

 

 

Colloque CEAQ

 

24 et 25 juin 2002

 

 

 

 

Introduction

 

 

Après avoir réalisé une première recherche sur le mal, nous sommes partie de l’hypothèse que le diable en tant que représentation archétypique ancrée dans l’imaginaire social pouvait sans doute dire quelque chose de la société. C’est pourquoi nous avons eu envie de délaisser l’exploration philosophique et morale au profit d’une recherche sociologique pour apprécier les manifestations du diable au sein de la société contemporaine.

L’origine de cette recherche repose sur différents constats de violence observés autant dans le champ social que psychanalytique ont conduit à nous poser deux hypothèses principales d’interprétation du phénomène. Cette violence est-elle une nouvelle manifestation du mal ? Et ce dernier ne prendrait-il pas, une fois encore, la forme du diable ? Et, si c’est bien le cas, que signifierait alors cette occurrence sociale ? S’agirait-il d’une résurgence ? Quel sens social y aurait-il à porter sur cette représentation du diable remise au goût du jour ?

 

 

Deux épiphénomènes

 

 

Les évènements du 11 septembre 2001 tout comme les réactions suivant les élections du 21 avril 2002 nous semblent illustrer la cristallisation de divers éléments latents, présents et diffus de ce que l’on appelle le retour du refoulé et qui se seraient manifestés, notamment, par l’explosion des deux tours du World Trade Center ou la mobilisation massive contre Le Pen. Différents éléments peuvent être mis en perspective et, envisagés ensemble, faire sens et illustrer une résurgence de certains phénomènes sociaux que la sociologie compréhensive qualifie de postmodernes.

 

 

Une première exploration que nous qualifierons de pré-enquête ayant pour objectif de recueillir un échantillon de cet air du temps, nous a permis, à partir d’une quarantaine d’entretiens menés à la suite des évènements du 11 septembre de relever quelques traits caractéristiques de la présence du diable dans les représentations sociales.

Ainsi par exemple, l’examen des magazines et quotidiens de l’automne-hiver 2001/2002 laisse apparaître une évolution sémantique significative décrivant alors ce que la société est en train de vivre. Nous notons ainsi l’usage immédiat et régulier depuis le 11 septembre de termes tels que Grand Satan, « éradiquer le mal », démons ou encore croisade, pour ne prendre que les plus typiques, vocabulaire emprunt d’irrationnel, de superstition et d’inspiration moraliste et démoniaque.

Ce qui nous amène à vérifier plus avant ce besoin de la société d’aller à puiser dans le bassin sémantique du médiéval les termes pour décrire notre époque contemporaine.

Nous voulions vérifier de manière empirique, avant de la faire de manière plus scientifique, une évolution notable de la société s’orientant indiscutablement vers l’irrationnel et l’obscurantisme dépeints comme caractéristiques du Moyen-Age. Ce « retour » au Moyen-Age, comme beaucoup aiment à le qualifier (J.J Salomon[1], Georges Dufy[2], ou la revue Tecknikart[3]), préfigure-t-il ce ressourcement nécessaire du social dans un terrain matriciel et chaotique, comme mythologiquement dans les Eaux Primordiales ? Ce qui expliquerait les phénomènes d’effervescence (selon Durkheim) plus ou moins orgiaques[4] et des affoulements (au sens de Maffesoli) typiques de ces époques de l’histoire où la société est en constitution (ou reconstitution). Notre société contemporaine chercherait au travers d’un bain de jouvence à se régénérer en quelque sorte et illustrerait l’émergence d’un nouvel ordre, probablement d’une nouvelle société-monde (au sens d’Edgar Morin).

 

 

Par ailleurs, d’autres phénomènes peuvent aussi être remarqués tels que la dynamique sociale du bouc-émissaire qui a repris de la vigueur, réveillant justement tous les vieux démons : focalisation systématique des problèmes sur les juifs, combat affectivement disproportionné pour défendre la rationalité contre toutes formes de pseudo-sciences ou encore la focalisation sur un individu, Ben Laden ou Le Pen de tous les maux de la société. Autant de réactions émotionnelles excessives qui illustrent une résurgence de la violence sociale fondamentale (selon René Girard) comme du satanique dans notre environnement quotidien.

 

 

Dans ce contexte, nous pouvons nous poser la question d’une nouvelle manifestation /incarnation du diable et chercher alors à comprendre ce qu’elle signifie, ce qu’elle vise à nous dire de la société.

Est-ce qu’elle marque le moment d’une société en mutation ou en crise ?

 

 

Les fonctions sociales du diable

 

 

Ce qui nous amène à formuler l’hypothèse suivante : nous constatons que le diable est toujours présent dans l’imaginaire social, mais s’il est plus ou moins visible selon les époques c’est qu’il a probablement des fonctions précises, qu’il s’agira alors de déterminer.

 

 

En se basant sur l’étymologie du mot diable diabolos nous pouvons lui supposer une fonction sociale de séparateur et si cette affirmation est confirmée dans l’observation de la réalité, se poseront alors les questions suivantes : qu’est-ce que le diable sépare ? De quoi sépare-t-il ? (peut-être s’agit-il des mêmes questions) et à la suite de cette séparation qu’est-ce qu’il fait émerger ?

 

 

Pour Bachelard, le diable serait le Prince d’un univers contre dans cette première compréhension de la fonction du diable, nous pourrions voir que la société, ou plutôt une partie, se rebelle contre quelque chose. La question serait alors de savoir contre quoi. Nous postulons qu’elle réagit notamment face à la saturation du politique[5] comme ne trouvant plus dans aucune institution le moyen de satisfaire le besoin de traditionnel et de sacré. Alors la société se met en ébullition pour retrouver dans le grouillement originel la pulsion de vie, l’énergie vitale primordiale, la violence en l’occurrence qui va lui donner le tonus, le ferment nécessaire pour se repenser et se recréer.

 

 

La figure omniprésente du diable serait alors le signe d’une fonction séparatrice des hésitations et convulsions d’un corps social en mutation en quête d’un nouveau mythe (Gilbert Durand[6]) ou d’un nouveau paradigme (Jean-Claude Guillebaud[7] et Edgar Morin[8]) pour se définir.

Il faciliterait alors la résurgence d’un sens nouveau qui permettrait d’établir un projet innovant pour l’humanité. Et nous pouvons nous baser à nouveau sur l’étymologie des différents avatars du diable pour en rendre compte. L’homme animé alors par son daïmon reprendrait contact avec ce sens perdu. Il retrouverait grâce à Lucifer le guide éclairé le conduisant vers une nouvelle étape du développement de son humanité.

Ainsi, le diable serait-il annonciateur d’une nouvelle ère spirituelle, regain ou émergence d’une nouvelle religion ? Ceci validerait alors la célèbre phrase de Malraux : « le XX°eme siècle sera religieux ou ne sera pas ».

 

 

Parler sans cesse de « retour » répondrait-il à un besoin historique de ressourcement ?

 

 

Considérons la succession des grandes étapes de la constitution de la pensée occidentale. Prenant son berceau dans le Moyen-Orient et dans un bain sémite, elle est significativement marquée et formatée par la pensée greco-romaine, puis les invasions barbares font disparaître pour un temps ce capital culturel. Pourtant, c’est aussi durant le Moyen-Age tour à tour qualifié d’obscurantiste et d’irrationnel qu’il a pu malgré tout, vers sa fin, crée les universitas. Et justement c’est à la même époque que les Arabes dans leurs échanges marchands ont ramené en Occident le patrimoine culturel classique qui a correspondu à l'avènement de la Renaissance puis de la Réforme. Comment lire ce qu’il advient à notre époque à l’éclairage de cette succession ? Il semble que nous ayons saturé toutes les formes classiques d’accès à l’institutionnel et au transcendantal pour autant la société exprime un besoin criant de sacré. Il semble qu’elle cherche dans l’immanence et dans le retour aux sources, médiévales pour l’essentiel, les ressorts d’une nouvelle réforme ou d’une renaissance ?

Le diable n’en serait alors que l’instrument.

 

 

La lecture sociologique

 

La sociologie compréhensive aboutit ainsi avec Michel Maffesoli à décrire cette évolution effervescente de la société par ce qu’il décrit comme la postmodernité. Ses caractéristiques (rapport spécifique au temps, immédiateté, besoin de vivre le présent, consumérisme immédiat) rappellent assez nettement le comportement cognitif et psychoaffectif de l’enfant qui veut tout, tout de suite. C’est en cela que le mythe de Dionysos est si pertinent, à la fois pour rendre compte de l’aspect juvénile d'une humanité qui a besoin de se recréer, de se régénérer en allant puiser, dans les mythes classiques, les figures archétypales pubères propres à incarner la tendance à la résurgence. Et de l’autre, ce même Dionysos illustre le double aspect de l’homme, tantôt fasciné par le diable et tantôt prêt à le rejeter.

Ces deux archétypes rendent compte de l’ambivalence et de la richesse de l’Homme.

Ce qui nous incite à explorer les ancrages dans la psyché collective (avec Jung) et individuelle pour illustrer cette dynamique de l’ombre et de la lumière. Ce qui permettrait d’expliquer également la cyclicité d’apparition du diable dans l’histoire.

 

 

L’omniprésence du diable une illustration du retour du refoulé ?

 

 

Le diable apparaît donc dans le social grâce à son ancrage dans l’imaginaire collectif. Nous le voyons ainsi se manifester au travers du vocabulaire et aussi dans l’imagerie (publicités, filmographies, mode, etc.).

Si le diable peut ainsi représenter différentes fonctions sociales, comme notamment celle de séparateur et de tiers, il illustre également l’intensité du refoulement social qui ne trouve d’autre exutoire que lui pour exprimer son malaise.

Nous postulons que l’omniprésence du diable sur la scène sociale incarne ce retour du refoulé, ce que la rationalité et le moralisme cherchent à totalement éradiquer, c’est-à-dire cette part du mal qui nous habite. Et comme celui-ci nous est consubstantiel, il ne peut donc être que ponctuellement et partiellement évacué et nullement éradiqué. Et il resurgit alors fréquemment avec la force et la vigueur du refoulement répété.

 

 

A titre d’illustration, prenons une référence historique récente qu’est la Révolution française. Elle a marqué l’avènement des Droits de l’Homme et du citoyen et bâtit son éthique sociale sur des bains de sang et de plus au sien d’une même population. Tous ces meurtres et assassinats passés un peu trop sous silence ont ébranlé tous les français qu’ils soient victimes ou bourreaux. Cette volonté sociale et institutionnelle de ne conserver que le meilleur de cette période et d’occulter la violence et la barbarie fut donc méticuleusement refoulée à titre individuel et surtout collectif. A chaque nouvelle perturbation de la société, et le XX° siècle a été particulièrement prolixe en productions variées de barbaries et autres génocides, les refoulements collectifs resurgissent alors avec toujours plus de force et d’amplitude.

L’apparition du diable sur le devant de la scène apporte peut-être cette nouvelle signification, affichant symboliquement la nécessité d’assumer notre part d’ombre pour ne plus hypocritement nous voiler la face contre nos ignominies.

 

 

Notre choix méthodologique :

 

 

 

Pour étudier un thème aussi complexe et riche que celui du diable, il nous est apparu pertinent de nous rapprocher de la sociologie compréhensive pour mener à bien ce projet. En effet, elle représente un courant de la sociologie qui allie méthodologie et champs théoriques compatibles avec un tel objet de recherche.

L’ancrage théorique dans l’exploration de l’imaginaire (Gaston Bachelard, Gilbert Durand) semble tout à fait pertinent pour appréhender, comprendre et formaliser les notions d’archétypes d’une part et de diable de l’autre.

Par ailleurs, la méthodologie compréhensive (particulièrement celle du CEAQ) propose au chercheur de rentrer en contact avec l’objet observé et de comprendre de part l’interaction qu’il entretient justement avec son objet de recherche toute la complexité et la richesse sociale. Appréhender la société, à la fois délétère, versatile et pourtant si attachée à ses besoins symboliques et transcendantaux ne pouvait s’envisager à nos yeux que par une approche à la fois scientifique et fondamentalement humaine et incarnée[9].

 

 

Donc c’est dans cette filiation que nous allons inscrire notre recherche.

 

 

Comme nous l’a confirmé Michel Maffesoli, notre approche est poliorcétique, c’est-à-dire que nous entendons volontairement tourner autour de notre sujet qu’est le diable, probablement pour ne pas nous laisser emprisonnée trop vite dans sa part d’ombre et parvenir plutôt à observer et visiter ce besoin, ce désir d’ombre qui s’empare des individus et plus largement du corps social, et en particulier aujourd’hui.

Cette recherche évitant volontairement, pour un temps, le cœur du sujet nous permet d’approcher les thèmes connexes à celui du diable et d’accueillir, avec davantage de liberté, les événements périphériques. Ceci devrait nous permettre de saisir plus facilement cet air du temps, ce bassin sémantique recueillant les effluves du social en décomposition et recomposition simultanée. Air du temps qui concourt peut-être à réaliser un changement paradigmatique radical passant notamment par ce réenchantement du monde et cette apologie de l’esthétique libidinale[10].

Notre terrain

 

 

Ainsi, à la suite des informations recueillies dans notre pré-enquête, nous entendons visiter la manière dont l’art met en scène le diable, la violence et le mal. En effet, nous supposons avec Yves Michaud que l’art préfigure les cassures et les tensions de la société. En nous basant, par exemple, sur les mouvements surréalistes[11] et sur les réalisations de l’art moderne et en particulier du body art[12], nous observons combien juste avant que les barbaries du XX° siècle n’adviennent, nombre d’artistes, peintres, auteurs, sculpteurs ont réalisé des œuvres déformant, parcellant, explosant l’image de l’Homme et préfigurant par là-même le délitement du social qui fait écho à la fragmentation du sujet.

Ces artistes ont pu illustrer la folie du monde, la fragmentation de la société comme le retour massif de l’irrationnel et l’avènement de l’inconscient sur la scène publique.

Alors, en étant attentive aux expressions artistiques contemporaines, nous présumons que nous pourrons, d’une part voir l’incarnation de notre époque et d’autre part saisir les éléments de cet air du temps qui va définir notre société à venir. Pour cela la mode nous apparaît un terrain idéal pour comprendre et saisir les tendances de la rue et du quotidien et nous serons attentive aux signes qu’elle nous propose.

En ce qui concerne l’art, nous entendons visiter les représentations réalistes de la violence et de la cruauté dans la peinture et mettre en dialogue la banalisation de la pornographie et de la perversité comme expression du mal[13] ou besoin d’extériorisation de notre animalité.

Pour restituer une dynamique à notre recherche, nous entendons éclairer ces explorations des discours et comportements que l’on peut observer dans l’entreprise et ceci afin d’apprécier dans un autre aspect de la réalité sociale, décrit comme plus rationnelle et matérialiste que l’art et la mode, l’implantation manifeste d’attitudes irrationnelles et l’immersion subreptice du diable.

En dernier lieu, nous serons attentive à la détermination des médias sur les informations des perturbations sociales.

Explorer le sens que représentent les diverses décompensations et catastrophes mondiales dont nous sommes régulièrement informés, nous amènera à déterminer s’il s’agit d’une paranoïa collective, ou si c’est le fait d’information surabondante et partiale qui reflète une vision distendue de la réalité ? Dans les deux cas, en quoi les médias jouent-ils le rôle d’amplificateur du phénomène et favorisent-ils la résurgence du diable ?

 

 

En guise de conclusion 

 

 

 

Pour autant, reconnaître au diable la capacité à faire dégager du sens, c’est tout à la fois lui reconnaître celle de création du symbolique (symbolon) et aussi celle de pouvoir être un passeur. Car les politiques avec le discours sur l’insécurité et les médias nous relatant chaque jour des faits divers plus atroces semblent évoquer la folie qui s’est emparée du monde. La question est de savoir si nous ne serions pas pour quelque chose dans cette folie que nous attribuons volontiers à autrui. Ceci nous semble alors poser la question de l’altérité comme aussi celle de l’identité tant individuelle que collective. Alors peut-être que le diable endosserait là un nouveau rôle, celui de passeur, illustrant cruellement la question des frontières et des limites au moment où la notion géographique de territoire n’a plus trop de sens. Il figurerait aussi la passerelle entre ombre et lumière, incarnant alors l’acceptation de notre côté maléfique.

Ainsi le sens de ce retour, si fréquemment employé, s’apparenterait davantage à la dynamique de la spirale du kaïros et non de la continuité linéaire moderne. La réapparition du diable dans le champ social, ne serait pas là pour nous parler uniquement de séparation des dyades manichéennes mais plutôt afin de rendre compte de la dynamique sociale effervescent et des nouvelles formes que peuvent prendre la création du sens.

Peut-être serait-il la figure archétypale d’émergence d’un nouveau sens, notamment celui de l’esthétique définissant une nouvelle éthique individuelle et collective ?

 

 

Nous voudrions aboutir à la démonstration de nos hypothèses et prouver que le surgissement du diable à des moments particuliers répond bien à des fonctions de transformation radicales de la société et nous indique qu’un nouveau mythe fondateur est probablement en émergence.

 



[1] Salomon, J.J., Retour au Moyen-Age ? Futuribles. Novembre 2001.

[2] Duby, G., An 1000, an 2000. Sur les traces de nos peurs. Editions Textuel. 1995. Duby, G., L’An Mil. Gallimard / Julliard. Paris. 1974.

[3] Technikart. Les nouveaux croisés, vrais moralistes ou faux curés ? N° 62. Mai 2002.

[4] Maffesoli, M. L’ombre de Dyonisos. Contribution à une sociologie de l’orgie. Le livre de poche. Biblio. Essais. Librairie des Méridiens. 1985.

[5] Maffesoli, M. La transfiguration du politique. La tribalisation du monde postmoderne. La Table Ronde. 2002.

[6] Durand, G. Introduction à la mythodologie. Mythes et sociétés ? Le livre de poche. Essais. N°4300. Editions Albin Michel. 1996.

[7] Guillebaud, JC. Le principe d’humanité. Seuil. Paris. 2001.

[8] Morin, E. L’identité humaine. Seuil. Paris. 2001.

[9] Ce que Georges Ballandier appuie de son discours d’anthropologue, incitant la sociologie à pouvoir habiter et s’imprégner de ces mondes qu’elle explore et vise à rendre compte. « Une anthropologie est-elle encore possible ? » Intervention au sien du Colloque Aux limites de l’humain. Troisième Congrès européen Sciences de l’Homme et Sociétés.

[10] Christias P. L’épistémologie par le monstre. Une lecture d’Enrico Baj et de Michel Maffesoli. Sociétés N° 75. 2002.

[11] La révolution surréaliste. Exposition à Beaubourg. Janvier à juin 2002.

[12] La peinture comme crime. Exposition au Louvre novembre-décembre 2001.

[13] Celui-ci nécessitant d’être clairement défini afin de clarifier ce dont on parle.

 

Par Christine Marsan - Publié dans : Sociologie
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