Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

  • Comprendre la complexité pour gérer au quotidien son entreprise et ses équipes. Psycho-sociologue et praticienne des relations humaines, je mets à votre disposition conférences, débats, ateliers de réflexion pour appréhender les différentes thèmes de la complexité organisationnelle appliqués à la stratégie, à la DRH et au management. Ce qui vous permet d'avoir une longueur d'avance afin de manager intelligemment et avec éthique.
  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
  •  

Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
    • sociologie,
    • philosophie,
    • politique..
  • Professionnel :
    • coaching et accompagnement au changement.

Vous trouverez une présentation succincte sur mon short web site : www.christinemarsan.eu et pour un descriptif plus détaillé de mes activités professionnelles vous pouvez visiter le site : www.christinemarsan.fr.

Merci pour votre visite et vos réactions sont les bienvenues.
 

Email : christine.marsan@wanadoo.fr

Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 21:56

 

La conscience et le sens,
au cœur d’un développement soutenable 

A l’occasion de l’Université de la Terre : Réinventer le progrès

18 et 19 octobre 2008

 

Idée-clé :

 

Réinventer le progrès aujourd’hui pourrait signifier appliquer une politique de responsabilité sociale « social responsability » qui réunit la question de la conscience et du sens dans nos activités humaines et au sein des organisations. Ceci par :

·         la    professionnalisation de l’intégrité des organisations

·         la    professionnalisation de  l’intégrité des personnes

 

 

Notre argument :

 

Notre société - aussi bien la société mondiale qu’occidentale ou française - est à un tournant majeur de son évolution.

Notre modèle économique a combiné science et finance oubliant le principe de Rabelais selon lequel science sans conscience n’est que ruine de l’âme, alors le système tourne sur lui-même, comme un fou conduisant aux faillites des banques, comme aujourd’hui à la suite du scandale des subprimes. Ce qui pose alors la question du progrès (comme modèle du paradigme moderne) désolidarisé des racines et de ce qui fait sens. Les citoyens et les salariés, face aux incohérences et aux paradoxes, crient leur souffrance et leur stress, et réclament sens, bienveillance, bien-être et respect. La plupart souhaitent construire ensemble, un sens qui mobilise le corps social par une intelligence collective, permettant seule de relever les défis que nous avons créé et les menaces environnementales et sociétales que nous avons laissé dériver.

 

Cette quête existentielle de sens se traduit, dans les organisations, par la vision et la stratégie qui sont déclinées selon une gouvernance responsable. Pour certains s’engager dans un développement soutenable permettra de recréer motivation et implication dans leur quotidien, respectant valeurs et engagements humanistes et environnementaux. Et pour d’autres, cela ne suffira pas à répondre à leur quête existentielle. Il sera nécessaire de retrouver une transcendance dépassant le quotidien (immanence), et se posera alors la question : comment y répondre par la religion ? par la spiritualité ? ou la sagesse ?

 

La France a décidé avec la Révolution française de séparer l’Eglise de l’Etat et nous pouvons considérer que c’est une bonne chose au vu des abus que les hommes assoiffés de pouvoir en ont fait. Toutefois, des signes récents nous laissent penser que la menace d’un nouveau mélange de genre pourrait à nouveau se profiler. Pourquoi ? Pour chercher à faire tenir ensemble un corps social délité.

Pourtant, il existe d’autres moyens de créer des solidarités, des rencontres inter-communautaires et développer, à nouveau, respect et entraide qu’utiliser religion, morale et coercition (facteurs externes de structuration sociale). On peut aussi faire un autre choix : décider d’encourager les moyens du développement de l’autonomie individuelle et collective et chercher à faire grandir les personnes et les groupes sociaux.

 

Tandis que d’aucuns baissent les bras, trouvant la tâche énorme, - car en effet ce serait un véritable projet de société, responsable apportant du sens et seul permettant les engagements durables-, voici que dans l’anonymat des bureaux, les entreprises s’emploient à réaliser ces transformations. Evidemment la motivation n’est pas la philanthropie mais la conséquence des exigences de compétition qui poussent chaque organisation à devoir changer.

Alors pour atteindre ses objectifs, chaque dix ans en moyenne et tous les cinq ans depuis peu, l’entreprise met en place de nouvelles mesures pour évoluer (modification des organisations, prise en compte des conditions de travail, généralisation de la qualité, évolution des styles de management, recherche de performance passant par les objectifs, entretiens d’évaluation, développement personnel, organisation apprenante, fonctionnement matriciel et systémique, développement durable et sociétal, RSE…). Et à chaque nouvelle évolution, complexifiant le fonctionnement de l’entreprise, pour que la mise en place soit effective, efficace et pérenne, on réalise qu’il est nécessaire qu’il ait modification des comportements. Ce qui suppose des évolutions des systèmes de représentations  et des priorité des valeurs.

Ce qui est alors troublant c’est de constater que ce sont les entreprises qui façonnent le monde, fruit de décisions politiques, par leurs productions, épuisent la terre en utilisant excessivement ressources et énergies, qui accroissent les biens et les services pour augmenter la consommation et encourager les addictions de toutes sortes, qui sont le théâtre des abus financiers ET qui sont aussi le lieu où une majorité de personnes se remettent en question, évoluent et font changer leur niveau de conscience, notamment par une complexité accrue des systèmes, des informations et des relations à gérer. Alors l’entreprise devient le lieu où les changements personnels sont le plus développés, encouragés et réalisés, délivrant des formations (les clés du management, de la connaissance de soi, de la communication non-violente et du développement personnel) depuis plus de trente ans. Ce qui a modifié les comportements de générations entières plus responsables, conscientes et qui veulent interagir autrement dans leur quotidien citoyen et organisationnel.

Cependant, si salariés et managers contraints par les exigences toujours accrues des entreprises changent de « force », ceux qui échappent le plus à ces remises en cause sont souvent les syndicalistes et les dirigeants. Ce qui explique, entre autres, que jeux de pouvoir et politique se perpétuent et que le seul modèle de dialogue social soit alors le conflit social. Les dirigeants, pour beaucoup, se nourrissant de conférences qui leur permettent de s’oxygéner intellectuellement de leur quotidien mais qui ne leur permettent pas de traduire les concepts reçus en éléments à appliquer au quotidien. Heureusement, certains, par l’intermédiaire d’accompagnements personnalisés contribuent à réaliser ces remises en question déterminantes pour qu’ils incarner les changements qu’ils initient et exercent une gouvernance éclairée et responsable.

 

Car pour relever les défis que le progrès technologique nous pose et pour inverser les effets dévastateurs des excès de consommation, de détérioration des ressources et de la pollution il est essentiel que les comportements changent aussi bien collectivement qu’individuellement. Il nous faut manifester des comportements de solidarité et de responsabilité suffisants pour aider ceux que notre modèle occidental dominant abandonne chaque jour sur le bas côté du progrès et de l’opulence. C’est par l’évolution de notre niveau de conscience, par l’intégration de la sagesse, soubassement de toutes les religions et les spiritualités, qu’une autre gouvernance est possible, que d’autres valeurs, représentations et modes de pensée peuvent être transmis pour qu’ils aient une influence significative sur notre manière d’être et donc aussi d’être ensemble.

 

Pour le moment nos sociétés sont établies sur les valeurs de guerre, de compétition et pour relever les défis de demain nous devons vraisemblablement fonctionner sur des valeurs de paix seules capables de nous permettre de développer fraternité, solidarité et capacité à diminuer la satisfaction de nos besoins ou désirs personnels par la conscience des autres, proches ou qui vivent à l’autre bout du monde. Pour y parvenir, le travail sur soi permet la remise en cause fondamentale et nécessaire pour que de nouveaux comportements adviennent, puis le développement d’une conscience permet de passer de l’évolution individuelle à celle du collectif. La quête existentielle rencontre alors bien souvent la spiritualité qui conduit à aller au-delà du dépassement de sa névrose et permet, par la prise en compte d’une transcendance, de manifester des comportements de bienveillance, de compassion, de tolérance. La sagesse[1] encourage alors le développement de l’éthique[2] squelette intérieur essentiel à l’autonomie psychique qui permet responsabilité, exercice responsable de sa liberté et engagements solidaires, soutenables et durables pour développer ensemble les formes d’intelligence collective qui feront sortir des impasses que nous avons créées.

Alors oui nous pourrons réaliser un nouvel élan de société, une néo-renaissance qui donnera un autre souffle au progrès. Oui, nous sommes à nouveau poussés par notre esprit occidental qui vise le progrès et l’amélioration continues. Toutefois, aujourd’hui nous voulons le réaliser de manière éclairée, écoutant les sagesses ancestrales, réunissant les enseignements de la terre et de la nature avec les apports positifs du progrès technique. Seule cette conciliation des opposés, cette harmonie des apports de notre humanité insuffle un autre sens, une visibilité partagée, une transcendance, qui se traduit par une gouvernance sage et responsable. Seule cette dernière apportera les conditions du développement d’une autonomie collective permettant la manifestation de comportements responsables solidaires, durables et soutenables pour que l’humanité évolue ensemble et sache résoudre les excès qu’elle a produit.

 

Christine Marsan, participation d’Olivier Dubigeon.

Paris, le 17 septembre 2008.

 

Nos parutions :

 

Christine Marsan

Olivier Dubigeon

 

Livres :

Essai : En quoi le mal nous rend plus humain ? L’harmattan. 2001.

Conte de sagesse : Chemin de Soi. Le Manuscrit, 2007.

Roman : La prophétie du 13eme, Editions Les Nouveaux Auteurs, sortie novembre 2008.

Ouvrages professionnels :

o   Gérer les conflits de personnes, de management, d’organisation. Dunod, 2005. 

o   Violence en entreprise. Comment s’en sortir ? Editions de boeck, 2006.

o   Guide du management et du leadership (collectif). Editions de Retz, 2007.

o   Le grand livre du coaching (collectif), Editions d’Organisation, 2008.

o   Réussir le changement. Comment dépasser des blocages individuels et collectifs. Editions de boeck. avril 2008.

o   Communication d’influence : du pouvoir à l’éthique, Editions CFPJ, sortie début 2009.

Communications : extraits

o         La transdisciplinarité : nécessité historique ou phénomène de mode ? Colloque Recherche et formation des enseignants (psychologie sociale) Février 1995.

o         Beyond the Stereotype - Linking culture and personality to improve communication in the multi-cultural workplace. Colloque du SIETAR (Groupe de recherche interculturel) Février 1998.

o         La mémoire comme moyen de dépasser la violence collective. Colloque Mémoire Socle de l’humain. Cultures en Mouvement 2002.

o         Violences et interstices. Colloque Cultures en Mouvement 2003. Violences.

o         Le mythe de l’Androgyne. Colloque Cultures en Mouvement 2004. Juillet 2004.

o         L’entrée des jeunes au sein des entreprises : une occasion de violences ? Colloque sur les Violences et les jeunes. Université de Rennes. Novembre 2004.

o         Pour une sortie de la crise vers une gouvernance éclairée. Colloque de Psychologie politique : Le management et le leadership organisationnel : les enjeux et les pratiques de la gestion de crises. Université de Caen. Juin 2006.

o         Of the universal values of peace, Opus congress, Londres, 2007.

o         Lorsque l’insouciance devient cette nouvelle conquête de liberté de l’homme sur l’espace normatif de l’organisation. Colloque IP&M. Novembre 2006.

 

Livres :

o         Mettre en pratique le Développement Durable : quels processus pour l’entreprise responsable ?, Edition Le Village Mondial,  réédition août 2005.  1er Prix CIDEM  du meilleur livre développement durable – 2003 :

o         Intégrer le Développement Durable à la stratégie de l’entreprise - Du discours à la pratique : comment les entreprises françaises valorisent-elles leurs choix en matière de responsabilité sociétale ?  Benchmark des pratiques en France - Edition Les Echos Etudes, juin  2005.

o        Le Développement Durable - benchmark des pratiques en Amérique du Nord & France - Edition Les Echos Etudes, mai 2002.

 

OUVRAGES COLLECTIFS :

 

o    “Les tendances du Management », « Comment pratiquer le développement durable en entreprise ? », coordination de Jean Michel Huet, Editions Pearson Education, 2007

o    « Les effets du développement durable », sous la direction de Patrick Matagne, L’Harmattan, 2006 : « Développement durable et performance globale : transformer le risque sociétal en une opportunité d’un business acceptable »

o    “Corporate Social Responsibility : concepts, accountability & Reporting”, Edited by Jose Allouche, Palgrave Editions, 2006

o    « L’entreprise responsable : changement de mode ou changement de monde ? », Ethique et Développement Durable, Entreprise Ethique, Vetter Editions, avril 2002 (ouvrage collectif)

o    « Comment engager le développement durable dans l’entreprise ? », « Développement durable, le challenge du 21e siècle pour les entreprises » - Les Cahiers Qualité Management, Institut Qualité et Management, 2001 (ouvrage collectif)

o    « Stratégie de développement du département de la Loire » – 1994 (ouvrage collectif)

o    « Réinventons le travail », Edition Centurion La Croix, 1993

o    « Le Local dans tous ses Etats » – Autrement – 1983

 

 

 



[1] Au sens de raison éclairée apportant joie et liberté.

[2] Au sens de Comte-Sponville : l’éthique est l’ensemble hiérarchisé et réfléchi de nos désirs. […] Elle est particulière à un individu et un groupe et cherche à définir un art de vivre : elle tend le plus souvent vers le bonheur et culmine dans la sagesse.

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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 13:41

Les droits humains ont-ils encore de l’avenir ?

 

Points clés :

 

-         Les droits humains sont le fruit de la culture occidentale. Ils sont devenus universels et sont portés principalement par l’Occident.

-         Nous avons subordonné notre suprématie sur la puissance économique et financière.

-         Notre décroissance nous conduit à devenir bientôt des pays démergents qui auront peut-être besoin un jour du FMI.

-         Par conséquent les droits humains pourraient être menacés si d’autres puissances économiques prenaient le contrôle du monde.

-         C’est pourquoi soutenir le Dalaï-Lama semble une évidence pour protéger la paix, la liberté et les droits humains, à court terme au Tibet, mais à moyen terme qui sait ce que pourraient devenir les nôtres ?

 

Argument :

 

Aujourd’hui tout le monde s’émeut et nombreux réagissent par rapport au peuple tibétain. L’Occident s’offusque du non respect des droits humains par les Chinois et de leurs efforts à minimiser les violences commises sur les Tibétains.

Nous ne reviendrons pas sur ce point largement débattu par tous.

 

Notre propos est de mettre l’accent sur un point particulier. Les droits de l’homme et du citoyen ont émergé conjointement aux Etats-Unis et en France lors des deux révolutions : l’une l’indépendance des Etats-Unis face à l’Angleterre et l’autre durant la Révolution française. Ces déclarations sont devenues au fil du temps celle des droits humains, reconnus universellement. Elles sont le canon de l’évolution de notre humanité vers plus de droits, de respect, des hommes, des femmes et des enfants. L’esclavage a pu être majoritairement aboli dans le monde, la traite des femmes et des enfants diminués, les droits de vote ont aussi été généralisés dans de nombreux pays. Les notions d’égalité et de justice sont devenues des valeurs portées par l’Onu et l’Unesco qui agissent comme une norme essentielle pour l’établissement des démocraties dans le monde. Et nombreux sont les pays qui tentent d’installer la démocratie et d’évincer les dictatures. Le besoin de respecter les droits humains semble avoir convaincu la terre entière.

 

Jacques Attali nous a démontré dans son ouvrage Une brève histoire de l’avenir que le libéralisme économique avait toujours fait évolué la démocratie et la liberté individuelle. Là encore je laisse le débat pour le moment.

En revanche, nous minimisons totalement un élément. L’Occident porte principalement les valeurs des droits humains, les considérant universels, comme une évidence inaliénable, inébranlable. Et dans le même temps nous avons subordonné notre suprématie à l’économie. C’est parce nous sommes des puissances économiques dominantes que nous pouvons « imposer » au monde ces valeurs d’évolution de la conscience humaine. Là encore il n’est pas question de discuter du bien-fondé de ces valeurs, mais de démontrer que cette agrégation de l’évolution de la conscience humaine à l’économie menace les droits humains.

 

Nous pourrions devenir des pays démergents…

 

Notre économie occidentale est largement ralentie, la croissance est plus proche de zéro que de 10 tandis que certains pays en sont à des croissances, dites à 2 chiffres, c’est-à-dire dépassant les 10 % justement. Cet écart entre notre croissance occidentale en déliquescence et la leur, en pleine explosion, nous conduit à les qualifier de pays émergents et nous pourrions alors avec la même lucidité nous nommer pays démergents.

Car nous observons aussi que sur le plan de notre civilisation nous connaissons un déclin et une décadence largement commentés par nombre d’auteurs, sociologues, politologues, anthropologues et économistes, voir les livres tels qu’Effondrement, par exemple.

 

Avec le ralentissement inéluctable de l’économie américaine, diagnostiquée par certains comme proche de s’effondrer à terme, c’est l’équilibre économique mondial qui est menacé. Et là deux cas de figure. Soit le ralentissement ou la chute de l’Amérique a une incidence mondiale, ce qui remet les pendules à l’heure pour tout le monde, conduit chaque pays à des réorganisations nécessaires et imminentes. Et dans ce cas, les équilibres géopolitiques sont maintenus car tout le monde subit d’une manière équivalente les effets de la crise. Puis avec le temps, tous les pays s’en remettent petit à petit et les répartitions économiques et politiques restent quasiment identiques.

Soit ce sont les pays occidentaux qui en pâtissent davantage de par leur fragilité, énorme endettement public et faible croissance et là si les pays émergents continuent leur croissance et nous dépassent, selon les critères toujours en vigueur, alors ils détiendront les clés du monde. Ils pourraient alors décider que les règles changent et par exemple que les droits humains ne seraient plus une priorité.

 

Les pays en très forte expansion et qui ne rêvent que d’une chose c’est de prendre la ou les premières places du monde sont l’Inde, la Chine, la Russie et le Brésil. L’Inde a besoin de prendre sa revanche sur plusieurs siècles de domination occidentale, et elle est toujours régie par le système des castes sociales. La Chine veut désormais démontrer au monde qu’elle peut être la première puissance mondiale, la Russie veut laver l’affront de la chute de l’URSS et le Brésil veut prouver au monde qu’il a pu se sortir de la dette qu’il devait au FMI et aux banques internationales et qu’il n’est pas uniquement un pays sur-développé. Et la Chine, la Russie et l’Inde ne font pas la démonstration de l’égalité, du respect des droits de l’homme et du souci de fraternité au sein de leur propre peuple, alors pourquoi s’ils devenaient les décideurs et les puissances dominantes maintiendraient-ils les standards des puissances qui les ont soit opprimés, soit méprisés jusque là ?

 

Notre propos est de démontrer que subordonner les droits humains aux seules économie et finance est à risques, car nos civilisations basées sur le progrès ont toutes démontré depuis l’antiquité qu’elles sont mortelles et leurs valeurs peuvent perdurer comme cela a été le cas de la philosophie grecque qui a été reprise par la Renaissance. Toutefois, rien ne garantit qu’il ne pourrait pas exister de nouvelles phases « noires » pour les droits des hommes et des femmes comme les invasions ont pu nous le faire vivre par le passé.

 

D’ici 5 ans l’équilibre géopolitique pourrait être bouleversé

 

Il n’en faut pas pour cinq ans pour que l’équilibre géopolitique soit totalement chamboulé. Et par conséquent les armes nucléaires pourraient être dans les mains de ceux qui ont aussi quelques revanches à prendre contre nos hégémonies outrancières et méprisantes. L’Iran soutenu par la Russie pourrait bien en vouloir aux Etats-Unis et à la France par exemple. Et là aussi, même si l’argument est désagréable et si antinomique avec l’objectif pacifique d’évolution des droits humains, il n’en reste pas moins que l’équilibre mondial et la paix que nous connaissons dans nos pays occidentaux repose sur la suprématie de notre armement. Et comment maintenir cette hégémonie si nous ne sommes plus crédibles économiquement ?

 

Il semble que nous avons « mal » articulé les principes entre eux, la politique suit la finance au lieu de donner l’orientation, de piloter l’économie et d’être le garant de l’éthique et des droits de l’homme. En plaçant l’économie et surtout la finance comme le fer de lance et variable prioritaire pour qualifier la qualité et le degré de puissance de pays il est possible et que nous perdions notre position dominante. Et avec elle nous risquons de voir s’effondrer les droits humains, la liberté d’expression et que nous connaissions un net recul des libertés en général. Alors pour un temps l’obscurantisme pourrait bien venir ternir nos chers avantages. Les nouveaux maîtres du monde pourrait avoir pour objectif de s’accaparer les richesses de l’Occident plutôt que de généraliser les droits humains sur leur propre territoire.

 

Cette perspective, apocalyptique pour certains, a surtout pour objectif de nous sortir de notre torpeur et de notre aveuglement de croire que ce qui est acquis est inaltérable. Parce qu’il n’en est rien, tout peut basculer, l’Histoire l’a bien souvent démontré. Nous avons fait de certains pays du monde de nouveaux marchés, reproduisant les mêmes logiques que lors des grandes répartitions coloniales du XIX° siècle. Afin de développer notre économie nous sommes allés envahir le monde et avec la télévision et Internet, nous leur avons démontré les standards de la société « civilisée » aujourd’hui ces pays émergents veulent les produits de consommation mais par forcément les valeurs humanistes qui sous-tendent nos cultures.

 

Pourquoi se mobiliser pour le Dalaï-Lama ?

 

C’est la raison pour laquelle il est si important de se mobiliser derrière le Dalaï-Lama comme l’une des dernières grandes figures de la paix, de la non-violence, portant les valeurs du Bouddhisme et du pacifisme.

Le soutenir c’est démontrer que nous prenons conscience de la précarité et de la vulnérabilité de la paix partout dans le monde et aussi sur notre propre sol. Rien n’est acquis tout peut être chamboulé et il est essentiel de se mobiliser pour un peuple qui est opprimé, aujourd’hui symbole de tous ceux qui le sont aussi, mais dans le silence des dictatures qui leur interdisent toute expression.

Les droits humains ne sont pas une évidence comme nous le croyons, tout peut s’effondrer d’ici quelques années. Alors nous vivrions pendant quelques décennies le nuage noir de la désinformation, de la frustration de perdre la liberté d’expression.

Avec l’avènement au pouvoir économique de quelques pays émergents, cela pourrait être une explosion de l’hégémonie de la dictature, des inégalités, de la corruption et de l’interdit des libertés et de la libre expression. Les vagues terroristes pourraient s’allier à la quête de richesse et accélérer les fractions entre les êtres humains et il n’y aurait plus alors juste des riches de plus en plus opulents et des pauvres en situation de détresse accrue, mais aussi seuls les riches auraient tous les droits et les autres, occidentaux compris, pourrions perdre nos droits et nos libertés.

 

2008 devient alors une année déterminante pour la paix et la liberté.

Se mobiliser pour et derrière le Dalaï-Lama dépasse largement les croyances spirituelles, les engouements idéalistes, il s’agit profondément de défendre nos libertés et la paix pour tous, car avec la mondialisation le chaos du toit du monde qui auparavant restait circonscris dans sa zone géographique va avoir des effets partout sur la planète et ceci sur plusieurs plans, spirituels, économiques, géopolitiques. L’instant est grave, même si beaucoup ne voient pas les fissures dans le système et croient encore que ce qui se passe à des milliers de kilomètres va y rester contenu. Le terrorisme nous a déjà démontré qu’il n’en était rien et le fait que le centre de la quiétude mondiale, le havre de la paix universel soit pris dans la tourmente et les violences n’est absolument pas neutre et pourrait avoir des conséquences que nous ne maîtrisons pas.

 

Alors agissons et mobilisons-nous pour la paix et ceci en incarnant nous-même cette paix en ayant en tout moment une attitude non-violente et pacifique.

 

La politique doit reprendre ses prérogatives

 

Il devient impérieux que la politique reprenne ses prérogatives de piloter le monde et les pays de par une vision éclairée, une gouvernance responsable et éthique dédiée aux peuples et non plus l’instrument des évolutions de carrière personnelles. « Science sans conscience n’est que ruine  de l’âme » nous disait Montaigne,  repris  par Gandhi et Vinoba.

L’utilisation de la bombe atomique en fut la preuve. Il est essentiel et primordial que la politique reprenne la main sur l’économie et surtout la finance. Et bien entendu pour ce faire, ce sont les corruptions et les délits d’initiés qu’il faut enrayer.

Stratégiquement, s’il est pertinent de refaire alliance avec les Etats-Unis plutôt que de les avoir comme ennemis, il est surtout vital aujourd’hui de créer des accords avec les pays émergents qui dépassent le simple aspect économique et commercial. Ceci afin de tisser des liens qui permettront, dans un proche futur, d’éviter les attaques terroristes d’un côté et les attaques financières de l’autre qui mettront nos pays occidentaux à genoux (exemple Arcelor – Mital ou Tata qui rachète Rolls Royce).

 

L’engagement pour la paix, la mobilisation fraternelle sont donc les mamelles de notre futur. C’est uniquement solidaires que nous pourrons répondre aux problèmes de notre temps.

 

Christine Marsan. 29 mars 2008

Pour aller plus loin : christine.marsan@wanadoo.fr

 

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Mercredi 11 avril 2007 3 11 /04 /Avr /2007 01:52


Voici le défi central de notre époque : trouver une manière de travailler ensemble pour résoudre les problèmes que nous avons créés. Nelson Mandela

 

Une vision 

 

Un monde en mutation

 

Notre monde est en pleine mutation, quelque soit les explications pour en rendre compte, c’est un fait. Les ressources en matière première (dont le pétrole) sont gravement menacées, notre terre est malmenée et si elle n’est pas mieux entretenue risque de manifester des turbulences qui pourraient avoir raison de notre humanité, ce qui entraîne les conséquences sur le climat, etc.

Les violences sociales et humaines sont probablement l’illustration à la fois du malaise et aussi du besoin que cela change.[1]

 

Nous avons les ressources de changer tout cela et si nous voulons éviter les ruptures douloureuses, et les violences sanguinaires qui accompagnent toujours les révolutions. Nous pouvons nous mobiliser pour agir ensemble pour opérer une mutation en recherchant tous les leviers de l’évolution en douceur.

 

Stop au catastrophisme !

 

Par ailleurs, dans de nombreux lieux autorisés, on entend parler de « déprime des français », de violences, d’être « contre ceci » et que « tout va mal » et j’en passe !

Ca suffit !

Il existe une France vivante, pleine de projets, d’initiatives, de Vie qui ne demande qu’à avoir une place à la tribune publique pour faire valoir ses actions réelles et pratiques permettant de  faire changer réellement les choses.

L’erreur est peut-être de continuer à attendre que ce soit nos politiques actuels qui le fassent. Certains ont déjà fait état des mêmes élans que ce manifeste, cependant, ce ne sont pas forcément ces personnes qui ont le pouvoir de décision pour que les choses changent.

 

Stop à l’intoxication du catastrophisme et de la paranoïa ! Stop à la croyance que nous sommes impuissants et à l’inertie qui en découle !

Réveillons-nous, nous, les citoyens qui avons pris à bras le corps le sort de notre pays et qui, de par nos actions, le faisons changer.

Il est aujourd’hui question d’OSER agir, la tête haute dans l’optimisme et l’enthousiasme parce que la vie se décline avec la joie, la capacité à entreprendre et l’audace d’agir.

 

Les racines de notre mutation

 

Dans le monde des hommes tuent des petites filles parce qu’elles n’ont pas de valeur. Dans le monde les femmes donnent la vie aux petits filles et aux petits garçons.

 

Le tournant de ce début de troisième millénaire réside dans la force que nous pouvons puiser auprès de femmes.

Pourquoi ?

Parce qu’elles donnent la vie, donc elle savent toujours trouver le ressort de la vitalité. Elles ont alors les capacités de mobiliser une nouvelle Renaissance.

Il ne s’agit pas d’un manifeste féministe !!!!! Il s’agit de puiser dans les valeurs féminines les racines de la capacité à changer. Ces valeurs féminines sont détenues depuis la nuit des temps par l’humanité entière, hommes et femmes.

 

Et cela se traduit par exemple par remplacer le besoin de pouvoir de domination par le pouvoir de l’action. Il s’agit de libérer la confiance, l’enthousiasme, l’énergie de l’action.

 

Et ceci passe notamment par continuer les actions des prédécesseurs, conserver tout ce qui est positif et améliorer l’existant. Jeter le bébé avec l’eau du bain est une attitude injuste et qui fait perdre beaucoup d’énergie. La sagesse et le discernement résident dans la capacité à apprécier tout ce qui est bon et valable partout et l’enrichir des innovations actuelles. Le passé est notre patrimoine et notre héritage, à nous de décider d’en faire un terreau sur lequel vont pousser de nouvelles graines de possibles pour paraphraser Pierre Rabhi. « Nous ne pouvons pas regarder le futur sans assumer notre passé » disait Max Gallo.

 

Alors la dynamique sociale change, nous entrons dans une logique de co-construction et non de ruptures permanentes, violentes et destructrices.

 

 

Mes ambitions 

 

Je n’ai aucune ambition personnelle politique. Ce n’est pas une question d’ego, ni d’idéalisme.

Il s’agit de se mettre au service d’une cause. Celle de croire que nous pouvons renaître de nos cendres, que nous avons l’énergie d’une nouvelle Renaissance ! Et comme disait Martin Luther King : « I have a dream »…..

 

Je souhaite du plus profond du cœur contribuer à :

-       encourager le réveil des consciences,

-       faciliter la convergence des initiatives,

-       rendre une visibilité à la France qui bouge,

-       relancer une créativité entrepreuneuriale,

-       faire converger les pragmatismes et le bon sens.

 

Ces convergences permettront de changer demain, d’imaginer autrement notre monde et notre pays. Nous en avons la force, les capacités, les compétences, l’enthousiasme et les idées.

Voilà mon ambition que cet élan fasse une traînée de poudre et que nous soyons des millions à voir que nous agissons chaque jour, dans notre sphère, pour un meilleur demain. Et ceci en changeant notre vision de notre réalité.

 

Comment créer demain ? En prenant conscience de nos forces d’aujourd’hui

 

La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer. Peter Drucker

 

Aujourd’hui nous tenons les clés pour demain, nous avons tous les possibles pour que notre monde soit plus humain, fraternel, coopératif…pour que chacun ait sa place en fonction de ce qu’il ou elle est. Que sa contribution soit une richesse.

Tant que nous verrons le monde comme un camembert, où lorsque les plus affamés de pouvoir ayant pris les plus grosses parts de gâteaux il ne reste que quelques parts minuscules pour le plus grand nombre, nous continuerons à nous battre.

Mais si nous envisageons que plus nous contribuons à ce monde - à l’instar du développement d’Internet-, nous créons sans cesse de nouveaux possibles. Alors, les réalisations humaines seront en expansion et il y aura de la place pour tous. Il sera lors plus facile de vivre en harmonie et dans le partage.

La contrainte majeure restera de gérer la terre et les ressources.

 

Ceci peut se faire si nous envisageons des valeurs d’équilibre, de partage et d’équité. Il n’est pas question d’expansion au sens du libéralisme économique, mais d’inverser la représentation de notre monde. Trop souvent, nous croyons être dans un monde de pénurie alors que nous vivons dans un monde d’abondance à partager. Et ceci en respectant la terre qui nous nourrit et tous les autres humains.

 

Partager procède d’une logique d’abondance et de gestion responsable des ressources, sans gaspillage, sans utilisation excessive et sans rétention.

 

Pour y parvenir, nous avons besoin d’augmenter notre niveau de conscience individuel et collectif.

Et comme des milliers de personnes agissent dors et déjà dans ce sens, prendre « conscience » de la réalité de cette convergence d’initiatives et de projets permet d’appréhender, enfin, que nous ne sommes pas « impuissants » et que nous sommes réellement en train de changer le monde.

Alors nous n’avons plus peur de la grippe aviaire, de la vache folle, du chickungunya et toutes autres nouvelles manifestations de la psychose sociale à présent mondiale qui nous maintient dans l’anxiété et nous empêche d’agir.

 

Des valeurs :

 

Un projet ne peut voir le jour que s’il repose sur une vision qui engendrera des objectifs concrets et sur des valeurs qui sous-tendent l’esprit dans lequel agir.

 

Ne regardez pas en arrière une fois que l'orientation est prise. Regardez avant de vous élancer et dès que vous avez décidé de sauter, n'hésitez pas. Bruce Lee

Oser :

-       Etre

-       rêver

-       agir

-       s’engager

-       obtenir des résultats

-       respecter ses valeurs

-       Etre humaniste

 

Ce qui se traduit par :

·      Partage, synergie, don,

·      Rechercher des conditions d’évolution saines et durables,

·      Remise en cause, personnelle et collective, régulière de nos actions et nos attitudes,

·      Quête de sens dans les actions quotidiennes,

·      Bon sens et pragmatisme,

·      Respect de la terre et de l’environnement, alliance des valeurs masculines et féminines pour de nouvelles identités qui dépassent les dualités,

·      Convergence à la place de la divergence.

 


Un projet :

 

Je n'ai pas échoué, j'ai trouvé dix mille moyens qui ne fonctionnent pas. Albert Einstein

 

Arrêtons d’avoir peur ! Pour agir, il faut dénouer les énergies de toutes natures. Pour concevoir un futur il faut savoir sortir des sentiers battus.

 

Qui peut aujourd’hui prendre des risques ?

Ceux qui n’ont rien à perdre. Et ceux qui n’ont plus peur.

 

Il est temps de mettre de l’énergie dans les convergences.

Stop aux luttes, aux batailles et aux combats, stop aux énergies guerrières !

Décidons de faire advenir le temps des convergences :

-       convergences des générations = ré-apprendre à nous comprendre, nous enrichir des ressources de chacun, la sagesse des uns fécondant l’enthousiasme des autres,

-       convergence des sexes = le temps n’est plus à la lutte mais aux nouvelles alliances.[2] Il n’est plus question de luttes ou de clivages.

-       convergence des initiatives = le temps n’est plus aux rétentions de toutes sortes, mais au partage, aux mutualisions, aux coopérations,

-       convergence des idées et des ressources = la gratuité arrive comme le produit des technologies pour bouleverser l’économie. Pilotons le changement et ne nous laissons pas déborder ! Nous devons envisager des transitions.

-       convergence des talents = les capacités d’entrepreneur des uns en synergie avec la créativité des autres,….

 

Tout ceci est clairement un projet politique. Car rappelons-nous ce que veut dire « politique », c’est se soucier de gouverner la Cité, c’est vouloir administrer les choses publiques. Donc il est bien question de d’engagement pour le collectif. Toutefois, s’engager humainement pour les autres ne veut pas dire forcément que c’est grave. C’est pourquoi à dessein, je retiendrai cette citation primesautière de Pascal. « (…) Quand ils (Platon et Aristote) se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politique, ils l'ont fait en se jouant (…) S'ils ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous ; et s'ils ont fait semblant d'en parler comme d'une grande chose, c'est qu'ils savaient que les fous à qui ils parlaient pensaient être rois et empereurs. (Pensées, v. 331).

Alors soyons fous, pensons, imaginons, changeons le monde et agissons !

 

Est-ce que c’est dangereux de s’engager ?

 

Un adage dit « pour vivre heureux, vivons cachés ». Question : a tous ceux qui sont au chaud chez eux jusqu’ici, sont-ils heureux ?

Si ce n’est pas la réponse n’est pas une majorité de « oui » c’est probablement que le bonheur requiert d’autres recettes et d’autres clés.

 

Pourquoi un manifeste ?

 

Pour avoir l’audace d’Etre, d’agir et de se montrer… Pour quoi faire ? Pour agir. Et changer le monde. Il est grand temps de modifier les structures fondamentales de nos sociétés et cela ne se fera que TOUS ensemble. Nous ne pouvons plus déléguer notre futur commun à ceux qui n’ont que des ambitions personnelles.

 

Alors il est question de s’engager, de mutualiser les actions déjà réalisées et d’envisager ce qui doit être fait, comment agir et quels sont les moyens pour parvenir aux objectifs.

Et ceci en abandonnant la lutte, la compétition, la guerre et les peurs.

En osant être tout simplement, nous réveillons la formidable énergie de la vie et nous pouvons alors entreprendre de manière juste et équitable dans et pour un monde qui veut renaître de ses cendres.

 

Pourquoi parler d’une Autre République ?

 

Vous ne pouvez pas avoir un lieu technologiquement innovant si vous n’êtes pas ouvert à la bizarrerie, à l’excentricité et à la différence. Richard Florida

 

Parce que la 5eme est moribonde de tous ceux qui ne veulent surtout pas que les choses changent. Le fait que nos dirigeants sont tous issus du même cénacle produisent d’une part des carriéristes de la politique et d’autre part une caste enfermée sur elle-même déconnectée de la réalité des citoyens et qui comme tout système autarcique se sclérose.

 

Le peuple a besoin que l’on s’occupe de lui, pour lui.

Pour cela il faut sortir du cadre de références, des schémas vieillis et vieillots qui sont obsolètes et ne correspondent plus au niveau d’autonomie et de conscience de nombre de citoyens.

La meilleure manière de revoir nos institutions et notre constitution c’est de changer de République. Là nous aurons la vitalité d’une nouvelle formule, d’un sang neuf qui va permettre de faire bouger ce qui doit l’être.

 

 

Sur quoi agir d’abord ?

 

Tout est là, l’essentiel est déjà pensé, imaginé, réalisé…

Nous n’avons pas à tout repenser de zéro !

 

Il s’agit de mutualiser, de partager, de coopérer, de voir tout ce que nous faisons tous depuis si longtemps, chacun à notre niveau. Et c’est alors que tous ensemble nous aurons la force du nombre, la taille critique qui seule permettra le changement.

Une manière pour apprécier ces différentes initiatives c’est de rendre visible les actions de tous et Internet semble l’outil le plus approprié aujourd’hui pour réaliser une action fédératrice.

 

-       Donner de la visibilité à toutes les initiatives déjà existantes : Une plate-forme de réseaux sur Internet afin de capitaliser toutes les coordonnées des différents réseaux, des différentes initiatives, de toutes les actions qui vont dans le sens des valeurs citées dans ce manifeste. Ce sera l’occasion de restituer de la visibilité pour tous les citoyens du nombre incroyable de personnes qui sont impliquées dans le changement. La forme pourrait être une agora, représentant la Cité où chacun pourrait y trouver les initiatives existant dans tous les domaines de la vie. Cela faciliterait tant la convergence des projets que la possibilité pour chacun de s’engager concrètement dans des actions qui ont du sens pour elle ou lui. Ainsi cette plate-forme de plate-forme pourrait participer à une nouvelle gouvernance et illustrer une démocratie vivante.

-       Stimuler et faire converger les réseaux : Une grande soirée  des réseaux : faire converger les réseauteurs en lançant une grande soirée des réseaux. Chaque réseauteur invitant tous ses contacts et ceci dans ses différents réseaux, ceci permettant alors de se rencontrer physiquement et d’appréhender la réalité du nombre de personnes en marche sur des sentiers parallèles et très probablement convergents.

-       Faire avancer les idées pour changer le monde : Des équipes pluridisciplinaires pour travailler sur toutes les composantes de notre société qui sont à modifier. L’essentiel étant aujourd’hui de mutualiser les initiatives permettant de réaliser les conversions des grands lobbying en nouvelles industries, nouvelles activités économiques. Il est hors de question de mettre au chômage tous ceux qui travaillent aujourd’hui dans ces industries nocives pour l’homme et l’environnement. Mais plutôt d’envisager les modalités de transition afin que tous ceux qui voudraient que cela change mais qui sont prisonniers du besoin économique de travailler dans l’ancienne économie aient les ressources de s’investir dans la nouvelle.

-       Dynamiser l’opinion publique : Réaliser plusieurs livres faisant état des transformation concrètement réalisées par les hommes et les femmes, notamment en France. Sur ce point au moins deux projets sont en cours.

-       Faire converger les initiatives : réaliser différents groupes de femmes et d’hommes qui réalisent des actions concrètes et qui ont envie de se réunir pour aller plus loin dans la convergence de leur initiatives et envisager de nouvelles actions.

 

La suite des idées se réalisant justement ENSEMBLE.

 

Quelques pistes bibliographiques pour voir les choses autrement :

 

Volontairement sans parti pris et un peu tous azimuts…

 

Patrick Boulte. Individus en friche. Desclée de Brouwer. Paris. 1995.

Alain Caillé. Anthropologie du don. Desclée de Brouwer. Paris. 2000.

Joseph Macé-Carton. L’homme libéré. Penser par soi-même. Plon. Paris. 2004.

Sylvain Darnil, Mathieux le Roux. 80 hommes pour changer le monde. Entreprendre pour la planète. Lattès. Paris. 2005.

Philippe Derruder. Monnaies citoyennes. Vers une économie au service de l’homme. Editions Yves Michel. Paris. 2005.

Philippe Deruder. Les aventuriers de l’abondance. Chroniques d’un village qui défit le pouvoir, l’argent, la peur. Editions Yves Michel. Paris. 1999.

Luc Ferry. Apprendre à vivre. Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations. Plon. Paris. 2006.

Max Gallo. Fier d’être français. Fayard. Paris. 2006.

Tim Guégnard. Quand le murmure devient cri. Presses de la Renaissance. Paris. 2005.

Manfred Mack. Pleine valeur. Pour que l’entreprise génère un nouvel épanouissement économique et humain. Insep Editions. Paris. 2003.

Alain Minc. Le crépuscule des petits Dieux. Grasset. 2005.

Arnaud Montebourg, Bastien François. La constitution de la 6eme République. Odile Jacob. Paris. 2005.

Ghislaine Ottenheimer. Nos vaches sacrées. Guérie la France sans elles. Albin Michel. 2006.

Philippe Pignarre, Isabelle Stengers. La sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement. La Découverte. Paris. 2005.

Pierre Rabhi, Nicolas Hulot. Graines de possibles. Calmann-Levy. Paris. 2005.

Paul H. Ray, Sherry Ruth Anderson. L’émergence des créatifs culturels. Editions Yves Michel. Paris. 2001.

Hubert Reeves. Chroniques du ciel et de la vie. Seuil. Paris. 2005.

Marshall Rosenberg. Les mots sont des fenêtres. Ou bien ils sont des murs Introduction à la communication non-violente. La Découverte. Paris. 2005.

Alain Touraine. Un nouveau paradigme. Pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Fayard. 2005.

 

Humanistement, vôtre.

 

Christine marsan. 21 décembre 2005.



[1] Pour aller plus loin dans les diverses analyses que je propose je vous invite à retrouver les différents articles rédigés sur le blog : www.christinemarsan.com

[2] En référence à une nouvelle approche La nouvelle alliance managériale formulée par Danielle Marty.

Par Christine Marsan - Publié dans : Politique
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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 20:30

Lorsque le coaché devient le maître du coach….

 

L’éthique du coach 2

 

 

 

Ne jamais laisser ses propres limites enfreindre les capacités de progression de son coaché.

 

 

La vie est bien faite et il y a toujours un client / patient ou coaché qui vient nous voir pour nous demander de l’aide et qui en fait vient nous apporter, comme sur un plateau, le juste reflet de là où nous en sommes nous-mêmes, de nos propres interrogations, de cette étape cruciale de vie que nous franchissons, de nos hésitations ou limitations….

L’adage dit « le maître se présente lorsque le disciple est prêt » eh bien l’aphorisme est valable également à l’envers ; le coaché vient au coach comme pour tester, sans le savoir bien entendu, s’il est « prêt » à le recevoir et à le faire évoluer.

 

 

Ainsi prenons ces situations comme de fantastiques occasions de croissance pour le coaché d’abord et pour nous ensuite.

Et bien entendu cela pose la question éthique de savoir comment nous pouvons aider l’autre qui nous demande d’aller plus loin que là où nous en sommes nous mêmes.

 

 

Il me semble alors fondamental d’être toujours en travail personnel sur soi pour prendre conscience de ce fait de manière à ne surtout pas limiter l’autre volontairement ou non.

 

 

Ce que nous demande alors le coaché est bien d’aller plus loin que là où nous en sommes pour l’aider à franchir le seuil que seul il n’est pas parvenu à dépasser.

Ne le décevons pas, allons-y avec lui et il faudra alors vérifier qu’il ne reste pas dans un coin de notre psyché quelque orgueil qui voudrait que l’on soit seul meilleur que l’autre ! Et qu’il n’a qu’à attendre que l’on ait déjà nous-mêmes franchis cette étape, ou quelque jalousie qui ferait craindre que le disciple dépasse le maître et alors freiner cet épanouissement qu’il est venu chercher auprès de nous, comme cela sans nous connaître, pas simple intuition… ! Et si ce n’est pas l’orgueil ou la jalousie, la palette est encore riche, peut-être s’agit-il de manque de confiance en soi, de ne pas être à la hauteur face à l’inconnu que représente sa demande…. ? Vous trouverez bien votre propre faille que notre admirable coaché viendra ébranler !

 

 

Merci donc à cette personne qui vient nous défier sur le terrain de nos certitudes et de notre évolution intérieure pour lui permettre d’aller plus loin là où il a besoin d’être, d’aller et de se révéler.

Si nous lui permettons une croissance supérieure à la nôtre alors nous le libèrerons de normes et de limitations qui l’empêchaient d’avancer et qui légitimaient le fait qu’il était venu nous voir. Et nous nous libèrerons par là-même de contraintes qui nous bridaient, souvent à notre insu, dans les nouveaux possibles à explorer pour nous rendre encore plus performants dans l’accompagnement des autres à Etre et ce qu’ils ont à révéler comme talents.

 

 

Si nous accueillons l’autre avec le profond respect qu’il s’agit d’un autre être humain avec autant de valeur et de potentiel que nous et non pas un « coaché » attendant un savoir, un plus de notre part et nous un « coach » supposant savoir alors nous aurons quelque chance de l’aider à progresser et de dépasser les pièges narcissiques de notre métier et qui sait peut-être de commencer à bien l’exercer ?

 

 

Car quel n’est pas le plus beau cadeau à faire à ses coachés que ce magnifique proverbe chinois : « pour dépasser le maître, il faut cesser de suivre la trace de ses pas ». Et pour cela le coach doit tout faire pour libérer ses clients de toute forme de dépendances, ce qui nécessite évidemment qu’il ait auparavant fait le ménage des siennes. Mais ceci est une autre histoire.

 

 

Paris, le 28 février 2007.

Christine Marsan.

 

 

Par Christine Marsan - Publié dans : Coaching
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 15:07

Institut Psychanalyse & Management  

Souci de l’autre, de soi et quête d’insouciance.

 

Entre illusion et réalité dans les organisations.

 La jeune génération vient questionner le monde de l’entreprise

 Nombreux sont les managers qui commencent à être en difficulté face au management de jeunes recrutés de la classe d’âge des 20-25 ans.

Evidemment, nous pourrions y voir le traditionnel conflit de générations qui, depuis Héraclite notamment, conduit chaque génération à dire que la suivante a perdu toutes les valeurs des anciens. Une fois cet aphorisme moralisateur passé, peut-être y aurait-il malgré tout une indication d’un air du temps qui pourrait être prise en considération.

 

L’entreprise est le lieu normé par excellence, tout ce qu’elle produit nécessite de passer par la codification et les processus. La qualité, avec récemment la méthode Six Sigma, pousse, à l’extrême, la quête du zéro défaut et donc de la rationalisation des tâches, des rôles et des processus de travail. Les procédures financières et comptables sont, elles aussi, de plus en plus exigeantes. En un mot, l’univers de l’entreprise est normé, procédural et contraint. Il n’est certes pas que cela, mais il l’est principalement. Les exigences de rentabilité, de profit, d’efficacité et de recherche de marges font la chasse au gaspi, aux défauts et à tout comportement déviant qui pourrait faire perdre du temps. Les temps relationnels sont ainsi traqués, rappelons-nous ce que disaient certains DRH au moment de la mise en place des 35 heures : « nous allons éliminé les temps morts ». Afin de maintenir le volume de 35 heures, les entreprises avaient diminué les temps de repas et de pause considérés comme morts. No comment.

 

L’évolution démographique conduit la génération des papy boom à partir de manière massive d’ici 2010, même si cela crée une « superbe » occasion de limiter les recrutements, il est évident que les entreprises ne pourront pas faire l’économie d’intégrer un nombre significatif de jeunes. Evidement, une classe d’âge n’est pas homogène dans sa typologie, surtout depuis que notre société est identifiée comme morcelée et tribale[1]. La question se pose de savoir comment accueillir ces jeunes aux références multiples dans un environnement contraint comme l’est l’entreprise ?

 

Nombreux sont les managers dans les PME, les grandes entreprises nationales ou multinationales qui font état du constat suivant. La préoccupation principale de la majorité des jeunes recrues, dès l’embauche, est de savoir ce qu’ils auront comme avantage sociaux, comme vacances, comme temps de récupération et comme perspective d’augmentation.

La motivation traditionnelle propre aux jeunes entrants, à savoir l’envie de se dévouer pour l’entreprise, de faire carrière et de donner temps et énergie pour progresser est révolue. Les temps ont changé et avec eux les motivations, les valeurs et les priorités.

 

L’observation sociologique des jeunes notamment faite par les équipes de Michel Maffesoli ou encore les travaux de Laurent Mucchielli[2] pour rendre compte de la violence urbaine mettent en exergue une transformation des centres d’intérêt, résultat de l’évolution du contrat social entre l’entreprise et ses salariés.

 

Avec la mondialisation des échanges, les règles économiques ont changé et les rapports humains et sociaux également. L’organisation se focalise essentiellement sur ses résultats financiers et elle va chercher à optimiser ses coûts ce qui se traduit bien souvent par réaliser des coupes sombres dans les effectifs. Ainsi les jeunes de 20 à 25 ans ont-ils vu leurs parents vivre le chômage. Ils ont connu la rupture familiale liée à la crise d’identité et à la dépression d’un père qui n’a plus la fierté d’un métier pour justifier de son existence sociale. L’imago maternelle rassurante que représentait autrefois l’entreprise est aujourd’hui vécue comme le mauvais objet kleinien[3], réveillant les fantasmes de morcellement, de dévoration et d’anéantissement.

Depuis 1973, le chômage touche toutes les catégories et notamment les jeunes générations. Se sentant trahies par l’entreprise, elles réagissent en s’investissant dans les valeurs sûres qu’elles identifient comme leur apportant du sens et réponse à leur quête intérieure. Ces nouveaux territoires d’investissements affectifs et identitaires sont la sphère personnelle, la famille, les loisirs et les conditions de réaliser de manière satisfaisante une vie personnelle que jusqu’ici les entreprises ont souvent gâché avec leurs parents. Soit que certains se soient voués corps et âme à leurs entreprises délaissant de manière dommageable parfois la sphère privée, soit que d’autres, comme nous l’avons dit, aient été rejetés du système par des licenciements expéditifs.

 

Le travail n’est alors plus la seule voie de réalisation personnelle[4] et l’argent gagné est un moyen pour satisfaire d’autres priorités. Bien évidemment, il ne s’agit que de l’une des multiples causes du changement d’attitude face au travail. Nous allons à présent faire le parallèle entre l’évolution significative du cadre de références des jeunes pouvant les conduire à manifester l’insouciance comme un souffle de vie dans l’entreprise et des changements de société plus fondamentaux qui comme une vague de fond déterminent les modifications structurelles de nos modes de pensées.

 

Les composantes du paradigme

Il est fréquent que tout bascule à la suite d’une découverte de la physique. Rappelons-nous les conséquences incroyables des théories de Galilée et Copernic. Elles ont, en effet, totalement révolutionné nos représentations du monde ainsi que la place de l’homme dans l’univers. Et les conséquences plus ou moins directes ont conduit aux philosophies des Lumières. Au début du XXeme siècle c’est Einstein qui, avec sa théorie sur la relativité, a contribué à faire basculer nos références. Les conséquences de sa découverte ont relégué encore davantage la place de l’homme dans l’univers jusqu’à ce que certains scientifiques puissent dire que finalement le fait que la vie apparaisse sur la terre fut un « accident de parcours ».

La relativité d’Einstein a eu pour effet l’avènement de la physique quantique qui avec la théorie du chaos, remettant en cause les principes de bases de la causalité linéaire, a fait apparaître la notion de complexité. Celle-ci décrit la complexité du réel qui a des conséquences déterminantes tant sur l’appréhension de notre quotidien que sur nos modes de pensée.

 

 Notre mode de pensée est caduc

 L’autre aspect fondamental des conséquences des théories de la relativité est la mise en exergue de la notion de complexité[5]. On la retrouve dans les entreprises, qui depuis la cybernétique, ont tenté d’expliquer les interactions organisationnelles par la dynamique systémique. C’est pourquoi Michel Crozier a expliqué les réactions paradoxales et parfois incohérentes des acteurs par la variété de leurs motivations à agir. Car les évolutions parallèles technologiques, notamment avec Internet, économiques avec la mondialisation des échanges et géopolitiques avec la chute du mur de Berlin ont conduit à repenser le modèle du monde et de l’homme. 1989 a été une date clé dont Francis Fukuyama parle suffisamment bien avec La fin de l’histoire pour montré qu’un modèle s’est effondré avec les pierres du mur. L’équilibre bipolaire a fait place à l’hégémonie d’une seule puissance entraînant la mondialisation. Ce qui évoque alors l’omniprésence maternelle dans laquelle le bébé se noie, tant il est en symbiose avec la mère. Et nous constatons que la mondialisation, qui a conduit certains à dire que le monde est à présent « un village mondial », a généré des angoisses identitaires qui se traduisent pas des conservatismes et des besoins d’exprimer, à nouveau, des particularités régionales. De la même manière, dans les entreprises, le sujet est noyé dans ces systèmes organisationnels, informels, non maîtrisables et de crainte de se diluer dans ce magma multiforme, cela explique partiellement son besoin de se réfugier dans l’individualisme, forme sociale du narcissisme, encouragé par le marketing et la consommation.

 

Toutefois, ce n’est pas la seule conséquence de la complexité. Elle nous conduit aussi à revoir notre mode de pensée multimillénaire. Et ceci est inquiétant, déroutant et nécessite un long temps d’adaptation. Il semble que l’être humain dans la société civile y parvienne progressivement, plus libre finalement d’exprimer les soubresauts du paradigme naissant. Tandis que dans l’environnement normé et moderne de l’entreprise, l’homme hypermoderne, pour reprendre les termes de Vincent de Gaulejac, est pris dans la folie économique qui s’est emballée et qui ne sait plus s’arrêter. L’entreprise incarne alors dans ses fonctionnements organisationnels l’excès de modernité qui perd tout sens. Et les violences explosent un peu partout pour exprimer le malaise de la civilisation.

 L’anthropologie a mis en évidence les origines de notre appréhension du monde et comment la lecture de notre environnement a conditionné notre mode de pensée et notre rapport à autrui.

 Françoise Héritier nous explique que depuis des millions d’années l’homme a observé le monde et a constaté  qu’ils était composé d’éléments opposés : jour / nuit, cru/cuit, homme / femme. Ceci a alors façonné notre manière de penser et nous avons une appréhension binaire des choses. C’est soit ça ou ça. Il nous est donc difficile de concilier les contraires.

 Par ailleurs, l’homme étant l’un des animaux les moins bien équipés, afin de survivre, nous avons été contraints de nous regrouper en clan, le plus souvent dans des grottes. Cela a déterminé notre rapport à autrui, à l’étranger. Il y avait ceux qui étaient comme nous, les mêmes, qui rassurent et ceux qui étaient différents et qui incarnaient alors un danger. Ce qui explique alors que notre rapport à l’altérité a toujours été basé sur la confrontation, la suspicion et l’intolérance.

 Ainsi depuis que l’homme s’est développé, il a construit les références de son mode sur la dualité et son rapport à l’altérité sur la menace que représente l’autre[6]. Ceci ayant également été renforcé par ce que les successeurs de Darwin ont conservé de ses théories. Réduisant sa réflexion, seule la théorie de la compétition et de la sélection naturelle des espèces a été retenue. Pourtant les lois de coopérations sont largement observées par les biologistes et les éthologues. Ce parti pris n’a alors fait que renforcer cette part phylogénétique « naturelle », c’est-à-dire instinctuelle.

 La relativité d’Einstein, comme son nom l’indique est d’apporter la compréhension d’un monde plus complexe dans lequel les causalités ne sont plus linéaires et où il existe des espaces, des temps où les contraires ne s’opposent plus et peuvent se concilier.

 Il s’agit alors véritablement d’une révolution et nous pouvons comprendre comment et pourquoi il nous est si difficile d’absorber un tel paradigme.

 Einstein balaie d’un revers de manche des millions d’années de conditionnement. Pas étonnant que l’humanité tressaille et soit mal à l’aise. Avec la physique quantique c’est la fin de la maîtrise des mondes connus et donc la nécessité de repenser tous nos référents.

  La place de l’homme remise en cause

 En quoi ce nouveau paradigme est-il inquiétant ?

 Nous prenons conscience avec le relativisme qu’après avoir cru que nous étions au centre de l’univers, nous sommes un élément toujours plus minuscule de l’ensemble, nous découvrons que nous sommes un accident de parcours dans le processus du vivant. Ceci ne peut pas être sans incidence sur nos représentations et par conséquent sur nos actions aussi bien individuelles que collectives.

 Etre de plus en plus inexistant, nous approcher du néant, c’est flirter avec la mort et nous conduire à chatouiller inconsciemment notre angoisse existentielle.

Indiscutablement cela relativise notre narcissisme. Nos fantasmes sont remis en cause et la toute puissance narcissique est encore une fois mise à mal, pour autant le sujet ne pourra probablement pas se satisfaire de ces nouvelles limitations et relativités. La question est alors de savoir comment il va s’y prendre pour investir de nouveaux champs ? Comment ses fantasmes évoluent-ils pour trouver une place « nécessaire » dans un environnement plus complexe et le reléguant toujours au contingences sociologiques plutôt qu’aux motivations intrinsèques et psychologiques de son action ?

 

Chaque nouvelle avancée scientifique contribue à remettre en cause nos certitudes, habitudes et références spatiales, temporelles ou relationnelles. Le progrès moderne qui devait apporter le bonheur, comme l’avait promis les philosophes a failli. Les barbaries du XXeme siècle en ont tragiquement illustré les limites. Ce même progrès qui nous précarise aussi bien économiquement que cognitivement. Le système économique fonctionnant presque seul, cherchant dans ses mécanismes, à optimiser les rentabilités des entreprises élimine chaque jour un peu plus les hommes qui les composent. Ces derniers représentent un problème patent de par leur indiscipline, leur irrégularité, leur manque de fiabilité, leur états-d’âme et leur revendications sociales.

 Il n’est guère étonnant de voir alors des crispations égotistes et des excès de narcissisme[7] fleurir un peu partout et en parallèle un état dépressif quasi généralisé faire la une des magazines de ressources humaines. Se sentir de plus en plus inexistant peut expliquer, en partie, le besoin de manifester l’angoisse, ce qui peut alors prendre la forme de violences polymorphes et multicausales.

 L’impact sur notre narcissisme

 La fin du XXeme siècle est un moment de grand questionnement pour les psychanalystes concernant leur pratique. A la fois par la concurrence d’autres pratiques psychothérapeutiques comportementales, aux effets de guérison annoncés plus immédiats mais d’autres raisons semblent expliquer le phénomène. Notamment, la répartition des pathologies dans la société change.

Le cadre de la psychanalyse freudienne était, au moment de sa création, plutôt adapté aux névrosés qui étaient majoritaires par rapport aux pathologies psychotiques. Aujourd’hui, le nombre de structures psychotiques et borderlines sont en sérieuse augmentation[8]. Les hôpitaux psychiatriques et les prisons en témoignent. Les raisons de cette évolution sont multiples[9] mais peuvent notamment être dues à cette relativité constante de la place de l’homme dans l’univers. Y aurait-il cause à effet entre la relativité et la complexité apportée par les travaux d’Einstein et l’augmentation significative de pathologies narcissiques polymorphes ? Le narcissisme de l’homme, tant des sujets que des collectifs humains, est largement ébranlé et semble devoir se repenser sur de nouvelles bases. Plus les frontières de l’univers sont reculées et plus l’homme se recroqueville sur lui-même. Ce qui pose alors cruellement la question du rapport à l’altérité et par conséquent des relations sociales entre les individus, de la manière de construire des collectifs. Il n’est donc pas étonnant de constater la détérioration des relations au sein des organisations. D’un côté, les pervers-narcissiques exercent des harcèlements sexuels ou moraux et de l’autre, les narcissiques mégalomanes conduisent leurs entreprises à la faillite pour avoir cherché à atteindre leur rêve de grandeur[10].

 

 Chacun y va de ses conjectures rencontrant partout autour de lui la complexité, notamment aussi celle de l’explication, qui ne peut alors être que partielle. L’univers physique est en expansion et celui qui nous entoure également. La mondialisation fait, à l’échelle humaine et de la terre, exploser frontières, limites, espace et temps. Nos repères se désagrégeant, il n’est pas surprenant que cela soit aussi un facteur anxiogène expliquant par-là même les violences.

 En réaction, on peut comprendre l’augmentation des besoins sécuritaires et du conservatisme, pour ramener le réel à une vision binaire, duelle et donc plus facile à appréhender. La complexité de la réalité est devenue insurmontable. S’en accommoder devient un défi personnel et individuel considérable.

 Nombre de changements importants dans nos sociétés pourraient ainsi être considérés comme des conséquences indirectes des découvertes d’Einstein.

 Le choc des plaques tectoniques

 C’est ainsi que l’on pourrait dire qu’il y a rencontre de deux mondes. A la manière des plaques tectoniques, cela se traduit davantage comme une fracture, souvent manifestée par des violences, épiphénomène des malaises et des contradictions organisationnelles. Pourtant, il semble que cette incompréhension des deux environnements ne soit pas imputable qu’au seul fait du conflit de générations.

Nous formons l’hypothèse d’un conflit de paradigmes.

Paradigme moderne s’essoufflant

 

 

 

Nouveau Paradigme en émergence

Entre-deux paradigmatique = violences

 

 

 

 


Lorsqu’un paradigme est moribond et que l’autre est émergent, leur rencontre créée un choc qui se traduit, notamment, par des violences sociales et des discours sur la décadence. Nous sommes très probablement dans cet entre-deux paradigmatique.

 D’un côté, l’ancien, dit « moderne », toujours dominant qui repose sur le progrès et sa promesse de bonheur généralisé passant par la technologie. Depuis le siècle des Lumières, l’évolution des techniques et des technologies a d’abord apporté de réelles améliorations dans notre confort quotidien et puis progressivement sans garde-fou, l’économique a primé sur le politique et la sagesse philosophique. C’est alors que l’économique s’est établi en système et en pouvoir dominant, transformant les moyens de production pour une société plus heureuse en finalité marchande et mercantile dont le sens est perdu dans les rouages de la consommation à outrance.

 Et de l’autre, le nouveau paradigme qui est en train d’advenir et qui est forcément encore mal défini.[11] Certains paramètres balbutiant montrent un besoin de repenser les modalités de notre quotidien (place de l’homme dans la société, sa relation à l’environnement, rapport à autrui, au travail, aux institutions). Tout ceci est à revisiter[12].

 Les violences illustrent l’entre-deux paradigmatique

 Et dans l’intervalle c’est le sentiment de chaos, l’entre-deux paradigmatique. Ainsi la révolution physique d’Einstein, telle un tsunami ne cesse d’avoir des effets sur notre société et fait exploser nos cadres de références traditionnels. Et nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. Un paradigme implose et l’autre ne parvient pas encore à dessiner clairement ses contours. Gilbert Durand[13] qui a longtemps étudié l’anthropologie sociale et imaginaire a ainsi expliqué qu’il faut entre 200 et 250 ans pour que s’installe un nouveau paradigme. Et si nous plaçons le début du nouveau à la théorie d’Einstein, cela pose la date de 1905. Nous sommes donc au beau milieu.

 Celui-ci se caractérise par une difficulté à concevoir le paradigme suivant, englués que nous sommes dans le fond ou le creux que l’on pourrait qualifier de matriciel.

 Ce qui nous conduit à faire un parallèle avec les eaux primordiales du temps des origines mythologiques, que l’on nomme aussi soupe chaotique où rien n’est encore précisément défini. Tout est en germe, tout est à venir. La vie est là fourmillante, mais encore en désordre. D’où les phénomènes de violence liés au délitement des repères anciens et au manque de structure et de clarté des nouveaux. Il est alors question d’identifier les fils qui vont permettre de dénouer la pelote des vitalités informes de manière à pouvoir créer de nouvelles opportunités, une renaissance de notre société.

 

Une France en quête d’identité

 L’entre-deux paradigmatique se traduit par la multitude des secousses sociales, tout du moins en France. Ce qui a eu pour conséquence d’ébranler un certain nombre de vérités établies. Notamment avec 1968 qui a remis en cause le paradigme de l’autorité.

 Et depuis les hommes et les femmes se cherchent, chacun tentant de se construire ou de se reconstruire au gré des fluctuations des institutions sociales et des rôles sociaux qui évoluent.

 Le féminisme a radicalisé la position féminine.[14] Beaucoup de femmes se sont prises pour des ersatz d’hommes en cherchant à s’affirmer et à prendre une position dans un monde économique aux valeurs et critères masculins. A présent qu’elles ont « volé » la culotte aux hommes, ceux-ci sont à la recherche d’une nouvelle identité, détachée de la fonction du Père, trop longtemps assumée, et bien souvent contre leur gré.

 Il est alors question pour chacun de retrouver une place existentielle et sociale et de redéfinir leur rôle autant comme acteur social que comme appartenant à un genre défini masculin ou féminin.

 Cette nécessaire recomposition des repères que l’on peut voir se profiler dans d’autres domaines de la société (économique, écologique, scientifique, politique, etc.) implique une exigence très forte pour chaque individu. Ce qui a conduit Ehrenberg à parler de la fatigue d’être soi. Face à ce travail titanesque de construction identitaire à la carte puisant dans le panier intarissable des référents multiples, beaucoup baissent les bras. D’autant que s’ajoutent les exigences toujours croissantes des entreprises demandant à chacun d’être toujours plus performant. Ce qui se traduit par des compétences à ajouter en permanence dans son cheminement professionnel. Ceci est alors très difficile à vivre et il ne semble pas qu’un répit soit possible.

 Alors face à cette complexité de référentiels, certains choisissent la simplicité de modèles culturels plus dichotomisés où les rôles sont clairement identifiables et définis. Ce qui explique alors qu’à la suite d’une liberté apparente des mœurs des années 80/90, aujourd’hui il semble qu’il y ait une sorte de retour en arrière, conservateur où la femme redevient un objet, où l’homme réapparaît comme très macho. Et alors plusieurs générations se succèdent arborant autant d’identités différentes que d’âge, de classe sociale et d’appartenance multiples. Cette diversité identitaire peut aussi conduire à des violences. Face au désarroi d’une réalité trop riche et trop complexe, le risque est la radicalisation et le repli. Ce qu’Huntigton a voulu exprimer avec son choc des civilisations.

  La société est en quête de référents et les reconstitue au travers de groupuscules, encore nommés tribus, qui développent une cohérence en leur sein, partageant pratiques, valeurs et cadres de références. Cependant cela constitue davantage une société éclatée en petites minorités qui ne se rencontrent pas qu’une société, certes plurielle, mais ayant une identité claire.

 A cela se rajoute l’individualisme développé par la société libérale et la consommation qui fragmente la société et rend chacun isolé, perdu dans l’anonymat citadin.

 Alors dans cette forêt de nouveaux référents, le sujet devant chaque jour se reconstruire une identité afin de ne pas se voir dilué dans des espaces sociaux plus

Par Christine Marsan - Publié dans : Psychologie
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