Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

  • Comprendre la complexité pour gérer au quotidien son entreprise et ses équipes. Psycho-sociologue et praticienne des relations humaines, je mets à votre disposition conférences, débats, ateliers de réflexion pour appréhender les différentes thèmes de la complexité organisationnelle appliqués à la stratégie, à la DRH et au management. Ce qui vous permet d'avoir une longueur d'avance afin de manager intelligemment et avec éthique.
  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
  •  

Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
    • sociologie,
    • philosophie,
    • politique..
  • Professionnel :
    • coaching et accompagnement au changement.

Vous trouverez une présentation succincte sur mon short web site : www.christinemarsan.eu et pour un descriptif plus détaillé de mes activités professionnelles vous pouvez visiter le site : www.christinemarsan.fr.

Merci pour votre visite et vos réactions sont les bienvenues.
 

Email : christine.marsan@wanadoo.fr

Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 11:15

Lorsque par chance nous passons dans la campagne aux environs de mi-mars voilà que les collines s’embrasent. C’est la saison des écobuages, ces feux de vieilles broussailles qui éclaircissent les pâturages, laissent de l’espace aux jeunes plantes afin que les troupeaux puissent paître et leurs bergers marcher derrière eux.

 

Au delà de l’agriculture, la symbolique de l’écobuage est bien intéressante. Car au sortir de l’hiver, lorsqu’encore engourdi par le froid il est question de déployer l’énergie de vie propice aux bourgeons, tout comme le papillon, parfois, la sortie de la chrysalide peut être difficile. Le feu de l’écobuage est là pour éliminer l’ancien, tout ce qui est mort, désuet, rendu inutile, à l’instar des nettoyages et des rangements de printemps.

Le feu est un élément alchimique puissant, il brûle, consume et détruit tout en purifiant et l’on sait qu’ensuite la nature repousse plus drue et revivifiée. Il en est de même de nos états intérieurs. Que faisons-nous pour faire le ménage ?

Le carême est là pour faciliter le nettoyage du corps et de l’esprit (pour les croyants) après les fêtes de carnaval marquant la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps. Alors le corps, par un jeûne[1], dégagé  des graisses accumulées pour supporter l’hiver, retrouve sa ligne et sa légèreté pour aller se dépenser à l’extérieur.

 

Ce que l’écobuage, le carême et le jeûne amènent c’est un vide.

Tout comme l’on vidait l’eau usagée des radiateurs en fonte avant de les remplir d’une nouvelle eau pour le chauffage de l’automne et de l’hiver, avant tout changement, toute modification, il faut faire le vide. C’est-à-dire détruire, éliminer avant d’accueillir le nouveau. Et nous avons perdu l’un des sens du mot vide. Il ne nous reste plus que celui qui est synonyme de néant, évidemment angoissant. Pourtant voide, voulait dire, au Moyen-âge, vide et aussi potentiel. Tout est en germination dans l’apparent vide des branches « mortes » des arbres. L’endormissement de la vie favorise la gestation de nouveaux possibles.

Si nous abordons ces moments de transition en conscience alors nous vivons autrement les périodes de changement naturel. Ainsi les giboulées de mars représentent ces ajustements naturels auxquels psychologiquement nous tentons de nous adapter. Le vent nettoie et disperse les pollens, la pluie nourrit la terre et le soleil encourage la poussée des plantes.

Qu’en est-il de nos humeurs ?

Apparemment versatiles, chahutées par des remontées émotionnelles insolites et parfois déstabilisantes alors qu’elles ne font que suivre les ajustements de la nature. Nos humeurs changeantes nous renseignent alors sur ce qu’il est bon et juste d’éliminer en nous et de nous, nous permet de « décider » ce qui va germer, fleurir, pousser et finalement s’épanouir et vivre… tels des projets, des engagements…

 

Et tout ceci se passe à la période bien intéressante de l’équinoxe : au moment où le jour et la nuit sont d’égale durée. A nouveau, symboliquement, nous entendons la proposition de la nature de nous permettre de vérifier où nous en sommes de notre part d’ombre / nuit (irrésolu, violence, colères, peurs, tristesses, contentieux…) et de lumière / jour. D’où les nettoyages et les éclaircissements, l’occasion d’identifier si tout est bien en équilibre en soi et autour de soi et quels sont les équilibres à revisiter…

 

Ainsi lorsque la nature par ces sautes d’humeurs nous renvoie aux nôtres, en conscience, nous pouvons nous réjouir de saisir l’occasion d’élaguer, dépurer, d’affiner, de couper les trop plein et les excès, et d’accueillir les nouveautés, les possibles, les pleins contenus en potentiel dans les bourgeons qui frémissent et saisir toute l’abondance de la vie. Alors vigilants nous regardons ce que nous plantons pour apprécier de que nous récolterons.

 

Un bel équinoxe à vous.

Christine Marsan

20 mars 2010



[1] Le principe est repris aujourd’hui par les régimes amincissants. Les objectifs diffèrent mais les effets, selon l’état de conscience dans lesquels ils sont réalisés pourraient être les mêmes.

Le carême, rappelons-le, pour les chrétiens croyants et pratiquants c’est l’occasion de manger légèrement afin se mettre en « pénitence » pour faire un avec l’esprit du Christ qui s’est sacrifié (la Passion) pour le salut des pêcheurs à Pâques. Plus symboliquement, ceux qui pratiquent aujourd’hui le carême en conscience, cherchent à éliminer comme dans tous les jeûnes de toutes les religions, les erreurs de l’année, les excès de toute sorte afin d’aborder un nouvelle année, avec le renouveau du printemps, sur des bases saines et renouvelées.

Les régimes amaigrissant proposent eux de retrouver la ligne et permettent, uniquement au niveau du corps, d’éliminer les excès des graisses de l’hiver. L’apparence est rajeunie et embellie. Rien n’empêche de faire un régime en conscience et d’éliminer, avec les kilos, les scories psychologiques et les ressentiments accumulés.

Publié dans : Développement Personnel
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 19:31

 

Le printemps est venu : comment, nul ne l'a su. Antonio Machado

 

Cet hiver tarde à partir et ses assauts sont rudes et font des ravages aussi bien en France qu’à l’étranger : Haïti, le Chili, la Vendée… Qu’est-ce que symboliquement ces « violences » naturelles pourraient bien vouloir nous dire ?

 

L’hiver et ses frimas accentuent les effets de l’hibernation. Même si certains skient joyeusement, pour l’essentiel la neige continue à maintenir la majorité des gens à l’intérieur et si ce n’est la semaine parce qu’ils travaillent ce sera le soir ou le week-end. Que la tendance soit à l’introspection est une bonne chose, si le repli en sa demeure encourage le retrait en soi et l’examen annuel des bilans et des potentiels. Toutefois ceci n’est pas garanti comme étant l’occupation de la majorité de nos concitoyens. Les outils de loisir omniprésents (télévision, Wii, jeux vidéos, etc) viennent apporter les tumultes du bruit pour empêcher la rencontre de l’être.

Qui sait l’être pourrait-il supplanter l’avoir ? Alors, contre ce « risque » la société de consommation veille et déchaîne sa créativité pour nous maintenir mous, flasques, vides et déprimés, proies idéales pour y semer les graines de panique comme à l’automne, en pleine crise économique, celles de la grippe H1N1. Pas étonnant que les fascinés de l’Apocalypse et les candidats à la superstition aient repris de la vigueur.

 

Mais au-delà de notre nombril « intérieur » et si ces frimas pouvaient symboliquement nous parler de l’état du monde et du rapport entre l’inertie hivernale et la vitalité printanière, celles-ci réparties inégalement de par le monde ?

« Les voyages forment la jeunesse. » disait si justement Montaigne. Il est incontestable que voyager nous décentre de notre nombrilisme national et nous voyons autrement le monde et par conséquent nous-mêmes. Ainsi pendant que nous sommes déprimés, apeurés, pris dans les rouages sans fin des mesures financières et organisationnelles le monde tourne et change.

Décisions spéculatives qui broient les hommes en les évinçant des outils de travail (raffinerie de Total et aussi plus subrepticement les automates à la SNCF, La Poste, Air France et aux caisses des supermarchés qui font baisser les prix et contribuent aux licenciements[1]) et aussi des mesures sanitaires conduisant toujours vers plus d’asepsie (et donc de mort, à terme, car sans capacité à résister aux microbes, notre corps s’affaiblit) et aux radicalisations des processus de qualité qui éradiquent tout défaut (nos différences et notre humanité sont laminés devant l’exigence de perfection et l’excellence à tout prix).

 

Pendant ce temps les pays colonisés au XIXème siècle, lors de notre apogée de civilisation, prennent aujourd’hui leur revanche et nous colonisent de différentes manières. La guerre a changé de forme et de territoire, mais son intensité est toujours là. A la guerre économique que l’Occident a « inventé » avec la mondialisation, le reste du monde nous répond avec une résilience à la force équivalente à sa rage de nous vaincre. Longtemps décrits, certes à des époques différentes, comme sauvages pour les uns, pays sous-développés pour les autres, nous avons semé les graines de la rage et du retour, pas uniquement du refoulé, mais bien plus réellement de la colonisation. Les uns nous influencent culturellement car ils habitent sur notre sol. La rencontre culturelle est difficile et l’influence est réelle et parfois sournoise car nos tabous sociétaux nous empêche d’en parler. Invoquer le racisme prive toute capacité de parler des différences et de prendre des décisions concertées. Sous l’influence d’une poignée de fondamentalistes de tout bord et de toute confession (la peur encourageant conservatismes et radicalismes) certains acquis de notre démocratie sont remis en question. Des référentiels culturels et religieux, que nous qualifions de conservateurs, apportent des réponses rassurantes aux plus fragiles (les plus pauvres, les exclus, les moins cultivés) structurant les comportements et les rôles sociaux cependant la conséquence est que nos libertés sont menacées (les acquis et droits de la femme en sont un criant exemple).

 

Par ailleurs, nous sommes allés délocaliser nos productions pour répondre à des logiques d’expansion économique à court terme, participant à l’augmentation de la richesse dans ces pays (et bien entendu de quelques-uns, car la grande majorité se paupérise davantage) et à l’appauvrissement dans les nôtres. Longtemps démenti aujourd’hui cela devient une évidence que plus personne ne peut contester. Pour conquérir la Chine, ou plutôt la considérant comme un immense marché potentiel, nous avons réalisé des Joint-Venture transférant nos savoir-faire et nos compétences. Ceci sans vouloir anticiper les conséquences de telles actions, niant les mises en garde des sinologues, connaissant, eux, les spécificités de la pensée chinoise.

Comment est-il possible, pour des logiques de profitabilité et de rentabilité à trois mois que nous ayons délibérément décidé de nous tirer une balle dans le pied ?

Et bien entendu, aujourd’hui nous vivons les conséquences sociales de la mécanisation et de la délocalisation à outrance.

De plus, en délocalisant au sein de pays à la culture millénaire (Inde et Chine), plus ancienne que la nôtre, nous sommes allés les envahir de notre modèle occidental et nous avons occupé leur territoire. Autre forme de colonisation. Nous créons les usines polluantes en Inde (Bhopal) tel l’exemple d’Union Carbide ou Coca Cola qui produit en Inde, toujours, en privant des milliers de gens de l’eau qu’il puise pour les sodas au détriment des cultures. Les exemples sont légions.

Aujourd’hui ces pays répondent à nos différentes formes de colonisations.

 

Les uns dégagés des colonies anglaise et française ont ce désir insatiable de nous égaler sur le terrain de l’opulence et de la consommation et ils sont plus d’un milliard avec cet appétit. Et quant au géant chinois à l’orgueil bafoué par nos propos méprisants leur reprochant de s’être enfermés sur eux-mêmes et d’être encore, au début du XXeme siècle, au Moyen-Age en regard de nos progrès techniques. On ne badine pas avec la fierté en Asie, aussi bien en Chine qu’au Japon. Perdre la face est le pire des affronts et nous l’avons réalisé sans conscience, pris dans notre arrogance occidentale, sans limite.

 

Coupés pour la plupart des racines de leur culture ancestrale, les chinois ont aujourd’hui comme projet politique national de devenir la première puissance mondiale. Avec un seul parti politique et une intolérance totalitaire à la différence et à la divergence, cela leur donne une force incommensurable à vouloir nous laminer sur notre propre terrain[2]. N’oublions pas qu’ils détiennent depuis des millénaires les clés de la stratégie militaire et que les hommes sont un matériau et que les droits humains ne sont pas leur priorité (rappelons-nous le Tibet et la difficile reconnaissance du Dalaï-Lama notamment en 2008 avec les JO).

 

Ainsi, nos acquis sociaux et les droits humains sont clairement menacés, dès lors que les maîtres du monde s’avèrent, d’ici très peu de temps, ne plus être le G8… Si nous n’avons plus les moyens de décider des règles universelles respectant les droits humains, nous risquons une régression, d’où les peurs de civilisation décadente. Au-delà du jugement moral inhérent à ce terme, la réalité est pourtant bien là. Nous sommes depuis plusieurs années à la croisée des chemins : si nous ne réveillons pas (rappelons-nous le fameux livre d’Alain Peyrefitte, en 1973, Quand la Chine s’éveillera[3]. C’est fait !) nous risquons de disparaître, dilués parmi les autres civilisations rajeunies et conquérantes. Ou alors nous nous ressaisissons et nous retrouvons notre vitalité, nous parvenons à sortir des effets ankylosant de la neige et nous retrouvons notre capacité à la résilience, à faire pousser les germes de notre créativité et nous renaissons de nos cendres. Nous avons besoin du symbole mythique du Phénix pour nous remuer. Il nous faut sortir de l’inertie, de la plainte et des malaises multiformes pour mobiliser énergie et ressources et créer notre monde de demain si nous ne voulons pas que les autres nous en brosse un paysage assez triste dans lequel nous n’aurons que les parts congrues jadis réservées aux colonisés.

 

Alors que la plupart de nos concitoyens croient encore que la France est une puissance économique dominante, ayant difficilement lâché l’arrogance du XIXeme siècle, la réalité est que nous sommes démergents. Notre dette aurait pu être qualifiée de pays sous-développé il y a encore peu, mais heureusement l’un de nos compatriotes est le directeur du FMI nous épargnant l’affront de devoir reconnaître que nous sommes en chute libre, démergents, décadents. En effet, le droit à décider du reste du monde est lié au PIB et à la richesse économique d’un pays. Et nous sommes excessivement endettés, notre croissance est quasiment nulle lorsque celle de la Chine fanfaronne autour des 10%.

Nous n’aurons bientôt plus la légitimité de décider des critères de démocratie et d’interdire à certains pays de disposer ou pas de la bombe atomique. C’est juste une question d’années avant que les chinois nous démontrent que nous ne sommes plus les maîtres du monde. C’est une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis, en perte de vitesse économique, continuent leur course effrénée à l’armement pour démontrer encore de l’hégémonie militaire, seule capable de maintenir l’équilibre géopolitique. Comme une attitude désespérée d’un pays qui perd de sa superbe car il s’est coupé de son projet initial.

Triste constat.

Alors, sortons des cendres et regardons le Phénix.

 

Pour sortir de cette situation inextricable que nous avons laissé se créer, il faut un projet de société. Un projet politique qui transcende les clivages gauche/ droite, batailles anachroniques, d’un autre temps, obsolètes à l’échelle des enjeux planétaires. Il est temps de laisser de côté nos egos pour bâtir ensemble ce qu’il est nécessaire de repenser pour à la fois : préserver notre planète et notre environnement, privilégier l’être humain dans le sens : donner à chacun les ressources de vivre dignement.

Les partis majoritaires n’ont plus de projet politique autre que maintenir et servir le système économique déliquescent (banques qui ont pour seul objectif de spéculer pour faire du profit avec l’argent des autres, souvent le nôtre) et une consommation effrénée qui absorbe tout sur son passage et rend jusqu’aux êtres humains obsolètes (le virtuel rend possible les rencontres humaines pour simplement faire l’amour et ensuite chacun est jetable, on ne s’appelle plus, on ne se revoie pas. Faire l’amour est devenu un jeu pour certains et priment que l’établissement d’une relation humaine et sociale). Dès lors qu’un des « pouvoirs » majeurs institutionnels ne tient plus son rôle il est voué à disparaître. Cependant l’hégémonie de l’économie, sans conscience, conduit à ruiner notre planète, c’est-à-dire toutes les ressources qui nous permettent de vivre.

« Quand le dernier arbre sera abattu, 
La dernière rivière empoisonnée, 
Le dernier poisson pêché, 
Alors vous découvrirez 
Que l’argent ne se mange pas. » nous dit la sagesse des Indiens d’Amérique du Nord.

 

C’est la raison pour laquelle l’élan écologique[4] est un souffle d’espoir. Les jeunes ne s’y sont pas trompés et se rallient en masse à cette tendance. Ainsi au lieu de perdre de l’énergie à juger les jeunes, peut-être faudrait-il comprendre pourquoi ils agissent de telle ou telle manière. Pendant quelques années, il y a eu flottement, désaffection des urnes électorales car nombreux étaient les citoyens de tout bord et de tout âge qui ne se reconnaissaient pas dans les propositions des partis et des candidats et qui votaient par défaut pour éviter le pire. Et voilà que cet élan écologique est porteur de vie et de sens. De solutions, je ne sais pas, je ne m’y suis pas suffisamment intéressée au détail des projets pour apprécier la teneur des propositions de chaque parti. Cependant je constate qu’il y a une volonté d’écouter les citoyens et de rassembler les initiatives vivantes et non pas comme certains autres partis de décréter « sectaires » tout ce qui est qualifié d’alternatif.

 

J’insiste bien, au-delà de l’aspect partisan et politique, l’élan écologique est le seul qui peut sauver notre civilisation. Pourquoi ? Parce qu’il renoue avec la vie, avec tout ce qui est vivant tandis que notre société industrielle s’est forgée sur des matières fossiles (pour reprendre les arguments de Pierre Rabhi ou de Jean-Marie Pelt). Nous avons créé des villes dans lesquelles les brins d’herbe et les arbres ont longtemps été des denrées rares.

Même si notre orgueil est blessé lorsque nous pouvons dire que nous sommes d’abord des animaux, nous devons reconnaître combien nous sommes réceptifs aux rythmes de la nature (sensibilité au froid, à la pluie, à la chaleur, aux nuits longues..) et nous sommes aussi une espèce qui a une conscience et qui domine le monde. Nous avons donc la responsabilité de notre conscience.

Ce qu’apporte précisément l’élan écologique c’est de nous permettre de nous reconnecter à la vie et à la nature et de cesser de la voir comme un objet servant uniquement à servir nos désirs insatiables. Voir à nouveau la vie et décider de la respecter c’est redonner du sens à l’action politique, économique et sociale. Sens perdu, dissous, dans les obsolescences consumatoires. Alors partager du sens, c’est redonner de l’espoir et l’élan pour agir. La Chine proclame à ses concitoyens qu’elle veut devenir la première puissance mondiale, voilà un projet qui fédère et motive… mais qui reste destructeur.

 

Nos abus d’occidentaux nous ont conduit à faire grandir notre conscience individuelle et collective, plus nous nous fédèrerons autour de projets vivants et plus nous permettrons également à un niveau géopolitique d’apporter une alternative concrète et vivante à la guerre économique incessante.

Et pour ce faire, il nous faut sortir de nos inerties, marasmes qu’ils soient le fruit de nos états-d’âmes irrésolus, de nos sentiments d’impuissance face à l’immensité des changements à opérer (d’où l’intérêt de voir tout ce qui se fait localement, ce qui explique le succès d’initiatives telles que Colibri qui redonne espoir de par la démonstration factuelle, pragmatique et locale de réels changements qui s’opèrent) et enfin des peurs, entretenues délibérément par un système qui ne veut pas changer. Peurs dont nous savons qu’elles conduisent d’abord à l’inertie et ensuite à la violence.

Alors oui cela peut être un choix délibéré ou inconscient du système, qui ne parvenant pas à opérer le changement nécessaire laisse s’enkyster les problèmes, les accentue, encourage la peur, exalte les violences sociales tout en voulant les « éradiquer » comptant peut-être sur le facteur vivifiant de la violence. Celle-ci pourrait être l’énergie de vie, orientée pour le moment sur sa pente destructrice, mais qui ensuite pourrait prendre « forme » et être le ferment d’un autre modèle de société. Cependant c’est un pari risqué. Cela peut aussi nous exploser en pleine figure et qu’il n’y ait plus rien après les cendres.

 

Choisir délibérément l’option immédiate de la vie, encourager notre vitalité (qui a même un effet sur notre fertilité !!) c’est aussi choisir le raccourci d’aller plus « vite » à l’essentiel et de canaliser notre violence fondamentale plutôt que de la subir.  Et cela nécessite de :

-       modifier nos représentations et nos valeurs,

-       changer de niveau de conscience,

-       sortir des peurs et des inerties,

-       décider d’un sens (signification et direction) qui redonne espoir et déploie la vitalité d’agir,

-       renouer avec notre énergie vitale (résilience),

-       se donner les moyens d’opérer des changements d’attitude, de manières d’agir, de communiquer, de décider, de diriger et de fonctionner collectivement,

-       enfin prendre le risque de changer (au-delà des idées et des pensées) et devenir le changement que nous voulons pour le monde pour paraphraser Gandhi.

-       Mutualiser les moyens, ressources et initiatives qui vont dans le sens d’un changement souhaité et qui fait sens,

-       Développer des solidarités afin de ne pas se sentir seul et impuissant mais bien forts de la mutualisation des innovations et créativités.

 

On ne peut résoudre les problèmes en restant au même niveau de pensée que celui dans lequel ils ont été créés. Albert Einstein

 

Alors oui, en ce 9 mars 2010, il y a encore des centimètres de neige en France, mais nous pouvons aussi voir le soleil, les crocus, les perce-neige et les bourgeons et décider en conscience de mobiliser et de mutualiser nos énergies printanières et renaissantes.

 

Bien à vous.

CM

 



[1] La conscience citoyenne n’est pas possible ! Car si l’on veut s’adresser aux guichetiers, les ordinateurs tracent les opérations, comme à la Poste, et ceux-ci sont pénalisés voire licenciés parce qu’ils n’ont pas encouragés les clients à utiliser les automates. Ainsi, si nous voulons nous faire servir par des personnes pour contribuer à maintenir leur emploi, nous pouvons participer à leur licenciement !

[2] Espérons que nous retiendrons pas comme seule leçon de revenir à la coercition pour faire avancer notre pays !

[3] En écho aux propos de Napoléon Bonaparte : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera. » prononcés à Saint Hélène.

[4] Mon propos n’est pas partisan, j’observe simplement que c’est le seul courant qui détient un véritable projet politique qui peut porter les personnes à transcender leur quotidien pour se mobiliser sur quelque chose qui fasse sens pour tous

Publié dans : Politique
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 00:31
Il me semble que l'un des problèmes que nous rencontrons dans plusieurs problématiques humaines c'est que certains champs disciplinaires ne se rencontrent pas pour aborder des questions qui mériteraient des réponses ... efficaces.
Ainsi la violence, longtemps considérée uniquement par la sociologie a tardivement été prise en considération par la psychologie. Par conséquent comment "répondre" à un problème, notamment psychologique, la violence individuelle, lorsque la discipline qui pourrait y réfléchir n'envisage pas de solution puisque "le concept n'est pas reconnu". Pendant ce temps les violences conjugales, psychologiques ou relationnelles continuent.
Plus on travaille sur les phénomènes de violence, individuels, collectifs et / ou organisationnels et plus on perçoit que la racine de la violence est la peur. La peur d'autrui, vécu comme une menace. Cette peur fondamentale de l'autre conduit à manifester l'agressivité à laquelle seule une escalade de la violence succède habituellement.

Une longue liste d'ouvrages s'ingénie à décrypter les mécanismes de la violence individuelle, collective, sociale, géopolitique et les réponses restent à un certain niveau de conscience, souvent basées sur des représentations de domination et des valeurs de guerre, ce qui laisse peu de chance pour obtenir une résolution pérenne. 
Seul le changement de discipline et de niveau de conscience permettra d'ouvrir la porte de solutions viables et parfois pérennes. Alors les personnes engagées dans la dynamique permettant de sortir de ces mécanismes de violence, aussi bien archaïques qu'endémiques, parviennent à guérir de leur peur. Et pour y arriver il n'y a que le baume de l'amour.

Cependant, on ne parle d'amour que dans le champ de la spiritualité, territoire interdit à /par nos chercheurs universitaires, surtout français, et de ce fait interdit pour tous les praticiens à la suite.
Pourtant, il n'y a que dans ce registre de la sagesse, du sacré et de la spiritualité que l'on touche la dimension de la bienveillance, de la compassion, de la tolérance et de l'amour. Et il n'y a que par l'amour inconditionnel de son prochain que la peur et la violence fondamentales peuvent être transmutées par un processus de dissolution alchimique. 

Nous voyons fleurir des ouvrages sur le management bienveillant ou les chartes de bientraitance dans les entreprises mais quelles sont les valeurs, pensées, représentations, paroles et actions des personnes qui les mettent en place? Pour que ces mots ne restent pas de simples idées, il est nécessaire que les personnes qui les soutiennent aient opéré un changement profond en elles, au point de manifester et d'incarner la bienveillance dont elles parlent. Cela passe par transformer la peur en amour.

A nouveau dans cette question soulève comme dans des milliers d'autres, la rencontre des disciplines et des plans de conscience qui rende l'être humain entier, retrouvant sa complétude. il n'a plus alors de peur ni de souffrance, ou disons plutôt qu'il les vit, les accepte et les traverse sans angoisse, avec la sérénité de la compréhension (cumprendere = prendre avec) de la vie, de son essence et de la variété de ses flux. 

La peur laisse place à la sagesse et la violence à l'amour.
Et oui c'est possible partout et notamment au sein des entreprises...! Car partout ce sont les mêmes êtres humains qui souffrent et aspirent au bonheur.

CM



 
Publié dans : Psychologie
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 23:37

Merci la Terre ! La vie est un miracle….

 

La prise de conscience que nous faisons de l’imminence des conséquences du réchauffement climatique sur la planète et sur l’humanité a une incidence sur notre capacité à parvenir enfin à nous mobiliser, à développer des solidarités, des stratégies de coopération. Il semble que la proximité de risques majeurs, la possibilité de notre auto-destruction réveillent la vitalité de notre inconscient collectif et nous permette enfin de développer notre créativité au service de la vie.

 

Alors que nous parlons de chaos, il s’agit en fait des errances propres aux premiers pas que nous faisons en empruntant une nouvelle voie, des hésitations de l’émergence d’un nouveau modèle de société. C’est donc une bonne nouvelle nous sommes en mouvement… Nous sommes vivants.

Et quand nous sommes envahis par l’imaginaire de l’Apocalypse nous entendons enfin lever le voile de la Révélation de ce dont nous sommes aussi capables : de génie, d’innovation au service de la vie, des êtres humains, des espèces, de la Terre et de la nature… Nous sommes en train de voir surgir le fourmillement des possibles, l’ingéniosité de la pulsion de vie au service de l’ensemble du vivant.

Et pour une fois cette évolution mondiale de la conscience humaine se fait avec moins de violence que dans les conflits antérieurs, même si l’on doit déplorer de par le monde des millions de morts et de laissés pour compte… Mais nous ne passons pas par une troisième guerre mondiale (comme cela a si longtemps été annoncé) pour signer un traité de paix lui aussi mondial. Nous parvenons, dans un état de paix, à nous réunir à Copenhague, ceci entre politiques, collectivités locales, ONG, représentants des citoyens pour fédérer nos ressources, nos idées, nos réalisations et bâtir réellement le monde de demain.

2012 s’annonce pleine de promesses de vie d’un monde nouveau, un soleil d’espoir… Echéances de réalisations de différents projets de respect de l’environnement, échéance électorale, fin du cycle maya, amusantes corrélations…. !

 

Merci aux ressorts, à la résilience de l’humanité. Je suis fière de participer à ce moment déterminant de notre Histoire qui va changer la face du monde et des êtres humains et d’avoir contribué, à ma mesure, à faire avancer noter énergie du côté de la vie, du sens et de l’essentiel…

 

Christine Marsan

8 décembre 2009


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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 23:06

Voici plus de six ans que j’avais fait mention lors de séminaires, articles et ouvrage (Violences en entreprise, De Boeck) du fait que nous sommes face à une telle pluralité de référentiels qu’il n’est pas facile d’identifier facilement les composantes de ce qui nous rend Français et notamment dès lors que l’on vient de l’étranger. L’architecture nous renseigne davantage que les personnes dans la rue. Alors oui il y a de la diversité, de la pluralité et de la variété et nous ne pouvons que nous en réjouir. La question qui se pose est de savoir si nous savons tirer partie de cette diversité.

 

Mon questionnement en 2002/2003  portait sur le fait que la pluralité des référentiels et la variété des tribus contribue à segmenter le corps social, déjà fragilisé par les effets des crises économiques (depuis le choc pétrolier de 1973 qui a fait émerger le chômage) et du développement du marketing découpant le marché en autant de cibles différentes participant à fragmenter la société. La variété tribale se vend bien mais pose la question cruciale de savoir comment permettre aux communautés de se réunir, de trouver des passerelles entre les groupes qu’ils soient de culture nationale ou ethnique différente reste totalement ouverte.

Au fur et à mesure les écarts se creusent entre les communautés (Hip-Hop, Gothiques, Verts, traders, Enarques… quels liens ?). Ecarts qui peuvent participer aux affrontements et aux violences inter-groupes, par manque de compréhension des différences et des modalités de savoir comment se relier.

 

Avec l’augmentation significative de la complexité (effets de la mondialisation et des enjeux climatiques, développement technologique…), les tensions s’intensifient dans tous les domaines et notamment inter-communautaire. En effet, les enjeux de la recherche d’emploi, du maintien des acquis crispent les tolérances et développent méfiances et replis identitaires et jugements racistes.

 

Ce qui est regrettable c’est de lier ou limiter le débat à des questions d’immigration, on stigmatise la discussion alors qu’il s’agit de savoir comment recréer des liens, du sens qui fédère, les moyens de développer de la solidarité pour résoudre les problèmes que nous avons créés.

Finalement la question est enfin posée nationalement pour se demander quelles sont nos valeurs fédératrices ? Et finalement parvenir à bâtir un projet de société qui a du sens pour notre pays : un projet politique en un mot ?! Voilà une bonne nouvelle.

 

Christine Marsan

8 décembre 2009

 


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