Présentation

 

Christine Marsan vous propose plusieurs prestations  :

Du sujet à l'entreprise, diverses propositions d'intervention

  • Comprendre la complexité pour gérer au quotidien son entreprise et ses équipes. Psycho-sociologue et praticienne des relations humaines, je mets à votre disposition conférences, débats, ateliers de réflexion pour appréhender les différentes thèmes de la complexité organisationnelle appliqués à la stratégie, à la DRH et au management. Ce qui vous permet d'avoir une longueur d'avance afin de manager intelligemment et avec éthique.
  • Penser autrement pour agir autrement : Elaborer une stratégie, innover repose sur une autre approche de la créaitvié, combinant la compréhension de la complexité, les ressorts de l'imaginaire et les outils de la créativité. Ce n'est qu'en faisant évoluer nos cadres de références que nous pouvons innover autrement! Site : www.christinemarsan.fr
  • Diagnostic de votre entreprise : vous souhaitez faire évoluer votre entreprise et vous avez besoin d'une aide pluridisciplinaire pour envisager toutes les facettes du changement. Pour plus de détail, voir le site de Renaissance : www.christinemarsan.fr
    Coaching Existentiel : je vous aide à vous réaliser, à être pleinement qui vous êtes et que vous n'avez pas encore osé révéler et à atteindre vos objectifs. Pour voir plus en détail de quoi il s'agit, aller voir l'article : coaching existentiel. www.christinemarsan.fr 
  • Thérapie holistique : vous avez envie de faire un travail approfondi sur vous et aussi d'être pris en considération dans la totalité de vos facettes (différents engagements, considérations professionnelles, dimension psychologique, énergétique et pourquoi pas aussi spirituelle). Je vous offre un espace et des méthodes, qui en respect de votre choix et ce que vous voulez explorer de vous, vous permettra de vous épanouir, de dépasser souffrances et blocages et de développer une plus grande autonomie. Pour plus de détails voir la partie "développement de la personne" dans le site www.christinemarsan.fr .
  •  

Ce blog a pour objectif de vous faire partager plusieurs années de réflexion sur la société, la personne, les impacts des évolutions de l'entreprise et aussi un peu de ... philosophie et de politique.
 

Vous trouverez ici des articles dans les domaines suivants :

  • Sciences Humaines :
    • psychologie,
    • sociologie,
    • philosophie,
    • politique..
  • Professionnel :
    • coaching et accompagnement au changement.

Vous trouverez une présentation succincte sur mon short web site : www.christinemarsan.eu et pour un descriptif plus détaillé de mes activités professionnelles vous pouvez visiter le site : www.christinemarsan.fr.

Merci pour votre visite et vos réactions sont les bienvenues.
 

Email : christine.marsan@wanadoo.fr

Mercredi 11 avril 2007 3 11 /04 /2007 01:52

Voici le défi central de notre époque : trouver une manière de travailler ensemble pour résoudre les problèmes que nous avons créés. Nelson Mandela

 

Un constat…non exhaustif

 

Un monde en mutation

 

 

Notre monde est en pleine mutation, quelque soit les explications pour en rendre compte, c’est un fait. Les ressources en matière première (dont le pétrole) sont gravement menacées, notre terre est malmenée et si elle n’est pas mieux entretenue, elle risque de manifester des turbulences. Ce qui entraîne des conséquences sur le climat et qui pourrait, à terme, avoir raison de notre humanité.

Les violences sociales et humaines sont probablement l’illustration à la fois du malaise et aussi du besoin que cela change.[1]

 

 

Nous avons les ressources de changer tout cela et si nous voulons éviter les ruptures douloureuses, et les violences sanguinaires qui accompagnent toujours les révolutions. Nous pouvons nous mobiliser pour agir ensemble pour opérer une mutation en recherchant tous les leviers de l’évolution en douceur.[2]

 

Un monde créé par l’être humain qui exclue tous les jours un peu plus les hommes et les femmes

 

 

Plus nous savons créer des richesses et plus elles contribuent à exclure et à renforcer les écarts de richesse et la pauvreté. Quel monde décidons-nous de créer, s’il est basé sur de telles injustices ?

 

 

Dans notre société occidentale qui cherche à s’aseptiser de tous risques contre la maladie et la mort, voici qu’un nouveau mal semble se manifester. Comment envisager de changer les choses si tous ceux qui sont porteurs d’une parole différente, alternative, au sens littéral et non idéologique, ne peuvent pas s’exprimer ? Ils sont souvent relégués au rang de marginal, dérangeant et il alors facile de se débarrasser d’eux en invoquant une attitude sectaire. Le politiquement correct prive la possibilité de dire ce qui devrait évoluer et censure les initiatives pour innover. Limité dans l’expression de la liberté et plus encore dans l’influence d’une pensée différente, il est alors difficile de pouvoir penser autrement ce qui devrait changer.

 

 

La moitié de la population mondiale n’a toujours pas droit aux droits humains

 

 

Comment peut-on encore penser avancer et changer les choses tant que la moitié de l’humanité n’aura pas absolument tous les mêmes droits que l’autre ?

Les femmes n’ont toujours pas, de par le monde, les mêmes droits que les hommes. Les domaines économique et politique accueillent bien malgré eux, les femmes comme dirigeants. Culturellement certains pays sont plus ouverts aux femmes que d’autres. La France qui se targue de civilisation, d’être le pays des libertés et des droits de l’homme n’a encore pas su laisser de réelle place aux femmes en politique et aux postes clés économiques. Cela vient mais c’est encore très timide ou très calculé.

Cependant, il est un domaine qui est encore exclusivement réservé aux hommes, c’est celui de la transcendance. Dans quasiment toutes les religions et les spiritualités, il est surprenant de constater que les femmes n’ont aucun rôle clé. Il n’existe pratiquement aucun prêtre femme catholique reconnue, presque pas de rabbin et encore moins d’Imam, les Dalaï Lama sont tous des hommes et il en est de même de quasiment tous les leaders spirituels bouddhistes et ne parlons pas des hindouistes avec la castes des brâmanes.

Pourquoi ne pas établir l’équité dans les rôles, les missions et les responsabilités ?

Il semble que ce qui permet à la fois d’apporter un sens à la vie et de relier les être humains entre eux (religare au sens étymologique) ne peut pas rester dans les seules mains de la moitié de l’humanité.

 

 

Ainsi, si nous voulons respecter les droits de l’Homme, il faudrait en premier lieu respecter ceux des femmes et ensuite de tous les autres opprimés. Ceci afin que toute l’humanité ait autant de chances d’exister, de s’exprimer, de s’épanouir que les quelques privilégiés qui la gouvernent que ce soit économiquement, politiquement ou spirituellement.

 

Le plus surprenant c’est que pratiquement personne ne réagit. Cette situation ne semble pas déranger beaucoup de monde. Et la majorité des femmes dans le monde contribuent à transmettre cette soumission.

 

 

Stop au catastrophisme !

 

 

Par ailleurs, dans de nombreux lieux autorisés, on entend parler de « déprime des français », de violences, d’être « contre ceci » et que « tout va mal » et j’en passe ![3]

Ca suffit !

Il existe une France vivante, pleine de projets, d’initiatives, de Vie qui ne demande qu’à avoir une place à la tribune publique pour faire valoir ses actions réelles et pratiques permettant de  faire changer réellement les choses.

L’erreur est peut-être de continuer à attendre que ce soit nos politiques actuels qui le fassent. Certains ont déjà fait état des mêmes élans que ce manifeste, cependant, ce ne sont pas forcément ces personnes qui ont le pouvoir de décision pour que les choses changent.

 

 

Stop à l’intoxication du catastrophisme et de la paranoïa ! Stop à la croyance que nous sommes impuissants et à l’inertie qui en découle !

Réveillons-nous, nous, les citoyens qui avons pris à bras le corps le sort de notre pays et qui, de par nos actions, le faisons changer.

Il est aujourd’hui question d’OSER agir, la tête haute dans l’optimisme et l’enthousiasme parce que la vie se décline avec la joie, la capacité à entreprendre et l’audace d’agir.

 

 

Une vision 

 

A quoi passons-nous le plus clair de notre énergie ?

 

 

Ce qui est aussi fascinant c’est de réaliser que nous sommes l’espèce sur la terre, dixit nous-mêmes, qui est la plus évoluée. Ceci de par le fait qu’elle a inventé la civilisation et qu’elle dispose de la conscience, cette capacité réflexive d’autocritique sur nous-mêmes. Et nous sommes aussi les plus grands prédateurs de notre environnement et de nous-mêmes. En effet, nous sommes la seule espèce sur terre qui alloue autant d’énergie et « d’intelligence » à s’autodétruire. Les cerveaux reptiliens et limbiques priment encore largement dans notre fonctionnement quotidien sur le néo-cortex, lieu de la parole articulée, de la capacité à apprendre à changer, à exercer notre libre-arbitre et notre conscience. Ainsi si nous voulons évoluer, il nous faut probablement « muscler » l’organe de la conscience et focaliser notre énergie, sur la vie, sur tout ce qui peut contribuer à notre pérennité. Ceci devant sans doute passer par le respect des autres espèces et de l’environnement.

 

 

Les racines de notre mutation

 

 

Dans le monde des hommes tuent des petites filles parce qu’elles n’ont pas de valeur. Dans le monde les femmes donnent la vie aux petites filles et aux petits garçons.

 

 

Le tournant de ce début de troisième millénaire réside dans la force que nous pouvons puiser auprès des femmes.

Pourquoi ?

Parce qu’elles donnent la vie, donc elle savent toujours trouver le ressort de la vitalité. Elles ont alors les capacités de mobiliser une nouvelle Renaissance.

Il ne s’agit pas d’un manifeste féministe !!!!! Il s’agit de puiser dans les valeurs féminines les racines de la capacité à changer. Ces valeurs féminines sont détenues depuis la nuit des temps par l’humanité entière, hommes et femmes.

 

 

Et cela se traduit par exemple par remplacer le besoin de pouvoir de domination par le pouvoir de l’action évitant l’instrumentalisation d’autrui à des fins personnelles. Il s’agit de libérer la confiance, l’enthousiasme, l’énergie de l’action.

 

 

Et ceci passe notamment par continuer les actions des prédécesseurs, conserver tout ce qui est positif et améliorer l’existant. Jeter le bébé avec l’eau du bain est une attitude inadaptée et qui fait perdre beaucoup d’énergie. La sagesse et le discernement résident dans la capacité à apprécier tout ce qui est bon et valable partout et l’enrichir des innovations actuelles. Le passé est notre patrimoine et notre héritage, à nous de décider d’en faire un terreau sur lequel vont pousser de nouvelles graines de possibles pour paraphraser Pierre Rabhi et Nicolas Hulot. « Nous ne pouvons pas regarder le futur sans assumer notre passé » disait Max Gallo.

 

 

Alors la dynamique sociale change, nous entrons dans une logique de co-construction et non de ruptures permanentes, violentes et destructrices.

 

 

Mes ambitions 

 

Je m’engage au service d’une cause. Celle de croire que nous pouvons renaître de nos cendres. Nous avons l’énergie d’une nouvelle Renaissance ! Et comme disait Martin Luther King : « I have a dream »…..

Je souhaite du plus profond du cœur contribuer à :

-         développer d’abord la paix en soi, puis autour de soi et ensuite dans le monde ;

-         encourager le réveil des consciences ;

-         faciliter et fédérer la convergence des initiatives plaçant en priorité :

o        l’homme et la femme au cœur des préoccupations,

o       la vie au centre des priorités,

o       la paix comme moyen d’assurer le bonheur des êtres humains et

o       la conscience de respecter la terre qui nous nourrit et nous supporte… ;

-         rendre une visibilité à la France qui bouge ;

-         relancer une créativité entrepreuneuriale ;

-         faire converger les pragmatismes et le bon sens.

 

 

Ces convergences permettront de changer demain, d’imaginer autrement notre monde et notre pays. Nous en avons la force, les capacités, les compétences, l’enthousiasme et les idées.

Voilà mon ambition : que cet élan fasse une traînée de poudre et que nous soyons des millions à voir que nous agissons chaque jour, dans notre sphère, pour un meilleur futur. Et ceci en changeant notre vision de notre réalité.

 

 

Comment créer demain ? En prenant conscience de nos forces d’aujourd’hui

 

La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer. Peter Drucker

 

 

Aujourd’hui nous tenons les clés pour demain, nous avons tous les possibles pour que notre monde soit plus humain, fraternel, coopératif…pour que chacun ait sa place en fonction de ce qu’il ou elle est. Que sa contribution soit une richesse.

Tant que nous verrons le monde comme un camembert, où lorsque les plus affamés de pouvoir ayant pris les plus grosses parts de gâteaux il ne reste que quelques portions minuscules pour le plus grand nombre, nous continuerons à nous battre.

Mais si nous envisageons que plus nous contribuons à ce monde - à l’instar du développement d’Internet-, nous créons sans cesse de nouveaux possibles, alors, les réalisations humaines seront en expansion et il y aura de la place pour tous. Il sera plus facile de vivre en harmonie et dans le partage.

La contrainte majeure restera de gérer la terre et les ressources.

 

 

Ceci peut se faire si nous envisageons des valeurs d’équilibre, de partage et d’équité. Il n’est pas question d’expansion au sens du libéralisme économique, mais d’inverser la représentation de notre monde. Trop souvent, nous croyons être dans un monde de pénurie alors que nous vivons dans un monde d’abondance à partager. Et ceci en respectant la terre qui nous nourrit et tous les autres humains.[4]

 

 

Partager procède d’une logique d’abondance et de gestion responsable des ressources, sans gaspillage, sans utilisation excessive et sans rétention.

 

 

Pour y parvenir, nous avons besoin d’augmenter notre niveau de conscience individuel et collectif.

Et comme des milliers de personnes agissent d’ores et déjà dans ce sens, prendre « conscience » de la réalité de cette convergence d’initiatives et de projets permet d’appréhender, enfin, que nous ne sommes pas « impuissants » et que nous sommes réellement en train de changer le monde.

Alors nous n’avons plus peur de la grippe aviaire, de la vache folle, du chickungunya et toutes autres nouvelles manifestations de la psychose sociale, à présent mondiale, qui nous maintient dans l’anxiété et nous empêche d’agir.

 

 

Des valeurs :

 

Un projet ne peut voir le jour que s’il repose sur une vision qui engendrera des objectifs concrets et sur des valeurs qui sous-tendent l’esprit dans lequel agir.

 

 

Ne regardez pas en arrière une fois que l'orientation est prise. Regardez avant de vous élancer et dès que vous avez décidé de sauter, n'hésitez pas. Bruce Lee

Oser :

-         Etre

-         rêver

-         agir

-         s’engager

-         obtenir des résultats

-         respecter ses valeurs

-         Etre humaniste

 

 

Ce qui se traduit par :

·        Partage, synergie, don,

·        Rechercher des conditions d’évolution saines et durables,

·        Remise en cause, personnelle et collective, régulière de nos actions et nos attitudes,

·        Quête de sens dans les actions quotidiennes,

·        Bon sens et pragmatisme,

·        Respect de la terre et de l’environnement, alliance des valeurs masculines et féminines pour de nouvelles identités qui dépassent les dualités,

·        Convergence à la place de la divergence.

 

 

Un projet :

 

Je n'ai pas échoué, j'ai trouvé dix mille moyens qui ne fonctionnent pas. Albert Einstein

 

 

Arrêtons d’avoir peur ! Pour agir, il faut dénouer les énergies de toutes natures. Pour concevoir un futur il faut savoir sortir des sentiers battus.

 

 

Qui peut aujourd’hui prendre des risques ?

Ceux qui n’ont rien à perdre. Et ceux qui n’ont plus peur.

 

 

Il est temps de mettre de l’énergie dans les convergences.

Stop aux luttes, aux batailles et aux combats, stop aux énergies guerrières !

 

 

Décidons de faire advenir le temps des convergences :

-         convergences des générations = ré-apprendre à nous comprendre, nous enrichir des ressources de chacun, la sagesse des uns fécondant l’enthousiasme des autres,

-         convergence des sexes = le temps n’est plus à la lutte mais aux nouvelles alliances.[5] Il n’est plus question de luttes ou de clivages.

-         convergence des initiatives = le temps n’est plus aux rétentions de toutes sortes, mais au partage, aux mutualisions, aux coopérations,

-         convergence des idées et des ressources = la gratuité arrive comme le produit des technologies pour bouleverser l’économie. Pilotons le changement et ne nous laissons pas déborder ! Nous devons envisager des transitions.

-         convergence des talents = les capacités d’entrepreneur des uns en synergie avec la créativité des autres….

 

 

Tout ceci est clairement un projet politique. Car rappelons-nous ce que veut dire « politique », c’est se soucier de gouverner la Cité, c’est vouloir administrer les choses publiques. Donc il est bien question de d’engagement pour le collectif. Toutefois, s’engager humainement pour les autres ne veut pas dire forcément que c’est grave. C’est pourquoi à dessein, je retiendrai cette citation primesautière de Pascal. « (…) Quand ils (Platon et Aristote) se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politique, ils l'ont fait en se jouant (…) S'ils ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous ; et s'ils ont fait semblant d'en parler comme d'une grande chose, c'est qu'ils savaient que les fous à qui ils parlaient pensaient être rois et empereurs. (Pensées, v. 331).

 

Alors soyons fous, pensons, imaginons, changeons le monde et agissons !

 

Est-ce que c’est dangereux de s’engager ?

 

Un adage dit « pour vivre heureux, vivons cachés ». Question : a tous ceux qui sont au chaud chez eux jusqu’ici, sont-ils heureux ?

Si ce n’est pas la réponse n’est pas une majorité de « oui » c’est probablement que le bonheur requiert d’autres recettes et d’autres clés.

 

 

Pourquoi un manifeste ?

 

Pour avoir l’audace d’Etre, d’agir et de se montrer… Pour quoi faire ? Pour agir. Et changer le monde. Il est grand temps de modifier les structures fondamentales[6] de nos sociétés et cela ne se fera que TOUS ensemble. Nous ne pouvons plus déléguer notre futur commun à ceux qui n’ont que des ambitions personnelles.

 

 

Alors il est question de s’engager, de mutualiser les actions déjà réalisées et d’envisager ce qui doit être fait, comment agir et quels sont les moyens pour parvenir aux objectifs.

Et ceci en abandonnant la lutte, la compétition, la guerre et les peurs.

En osant être tout simplement, nous réveillons la formidable énergie de la vie et nous pouvons alors entreprendre de manière juste et équitable dans et pour un monde qui veut renaître de ses cendres.

 

Une précaution

 

 

Tant que l’humanité n’a pas le niveau de conscience lui permettant de s’autoréguler, tant que l’autonomie n’est pas atteinte, les risques de dérives peuvent advenir pour tous. Ainsi si le fondement de l’alternative est bien d’être un contre-pouvoir à l’exercice abusif d’un pouvoir existant, il est essentiel d’anticiper le fait que tout ce que nous pourrions créer aura besoin de cellule de vigilance. Ceci afin de prévenir les dérives éventuelles et dans la volonté d’instaurer  un dialogue entre les deux « pouvoirs » pour qu’ils ne s’inscrivent pas une nouvelle fois dans une dynamique conflictuelle.

 

 

Pourquoi une Autre République ?

 

 

Vous ne pouvez pas avoir un lieu technologiquement innovant si vous n’êtes pas ouvert à la bizarrerie, à l’excentricité et à la différence. Richard Florida

 

Parce que la 5eme est moribonde de tous ceux qui ne veulent surtout pas que les choses changent. Le fait que nos dirigeants sont tous issus du même cénacle produisent d’une part des carriéristes de la politique et d’autre part une caste enfermée sur elle-même déconnectée de la réalité des citoyens et qui comme tout système autarcique se sclérose.

La représentativité du peuple par les élus et les hommes politiques n’est plus, en tout cas pour tous ceux qui font une carrière politicienne. Alors le contrat social est rompu et la violence exprime le malaise.

 

 

Le peuple a besoin que l’on s’occupe de lui, pour lui.

Pour cela il faut sortir du cadre de références, des schémas vieillis et vieillots qui sont obsolètes et ne correspondent plus au niveau d’autonomie et de conscience de nombre de citoyens.

La meilleure manière de revoir nos institutions et notre constitution c’est de changer de République. Là nous aurons la vitalité d’une nouvelle formule, d’un sang neuf qui va permettre de faire bouger ce qui doit l’être.

 

 

Sur quoi agir d’abord ?

 Sur la paix au cœur des hommes et des femmes, entre les hommes et les femmes de toute couleur, de toute religion et de toute condition, et sur la paix autour de soi et dans toutes les composantes de son environnement.

 

Tout est là, l’essentiel est déjà pensé, imaginé, réalisé…

Nous n’avons pas à tout repenser de zéro !

Il est surtout urgent de revitaliser les initiatives citoyennes et sociales et rendre visibles tout ce qui est vivant, actif dans notre pays.

 

 

Il s’agit de mutualiser, de partager, de coopérer, de réinvestir la sphère publique et aussi d’identifier tout ce que nous faisons tous depuis si longtemps, chacun à notre niveau. Et c’est alors que tous ensemble nous aurons la force du nombre, la taille critique qui seule permettra le changement. La transformation de notre société passera par l’engagement et la mobilisation des citoyens.

 

 

Action

 

 

Pourquoi ?

 

 

Comment ?

 

 

Nom du groupe : Au cœur de la paix

 

Tout changement ne peut être réalisé que par un changement de soi-même. Agir pour la paix veut dire déjà être en paix en soi-même. La première étape consiste donc dans le « Connais-toi toi même de Socrate » suivi des moyens que l’on se donne pour ETRE cette PAIX que l’on souhaite manifester autour de nous.

1- Un petit groupe de travail qui veut incarner le changement et la paix.

Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puissent changer le monde. C’est même de cette façon que cela s’est toujours produit. Margaret Mead.

 

 

 

Il faut pouvoir débuter à un petit groupe pour tenter d’incarner un autre modèle de société.

Il n’est pas possible de changer le monde en agissant toujours sur le même mode.

 

 

 

Etre différent permet alors d’incarner un autre niveau de conscience et avec lui de nouvelles possibilités d’action pour agir dans la paix.

 

 

 

Ce groupe, pour parvenir à la paix, évitera toute pensée et toute action, qui reflèterait une attitude conflictuelle, duelle ou générant l’opposition ou sollicitant quelque violence que ce soit.

Cela veut dire revoir nos schémas de pensée, notre manière d’être. Ce groupe aura donc des ambitions de savoir-être élevées. Cela ne veut pas dire élitiste, mais pour atteindre et incarner le niveau de conscience attendu pour ETRE et ensuite pour agir autrement, il faudra une exigence de remise en cause qui ne conviendra pas à beaucoup de personnes. Pour incarner la transformation, il faut l’être nous-mêmes et pour cela il y a beaucoup de travail intérieur à fournir, individuellement et collectivement.

Concrètement : se fixer des object

Par Christine Marsan - Publié dans : Politique
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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /2007 20:30

Lorsque le coaché devient le maître du coach….

 

L’éthique du coach 2

 

 

 

Ne jamais laisser ses propres limites enfreindre les capacités de progression de son coaché.

 

 

La vie est bien faite et il y a toujours un client / patient ou coaché qui vient nous voir pour nous demander de l’aide et qui en fait vient nous apporter, comme sur un plateau, le juste reflet de là où nous en sommes nous-mêmes, de nos propres interrogations, de cette étape cruciale de vie que nous franchissons, de nos hésitations ou limitations….

L’adage dit « le maître se présente lorsque le disciple est prêt » eh bien l’aphorisme est valable également à l’envers ; le coaché vient au coach comme pour tester, sans le savoir bien entendu, s’il est « prêt » à le recevoir et à le faire évoluer.

 

 

Ainsi prenons ces situations comme de fantastiques occasions de croissance pour le coaché d’abord et pour nous ensuite.

Et bien entendu cela pose la question éthique de savoir comment nous pouvons aider l’autre qui nous demande d’aller plus loin que là où nous en sommes nous mêmes.

 

 

Il me semble alors fondamental d’être toujours en travail personnel sur soi pour prendre conscience de ce fait de manière à ne surtout pas limiter l’autre volontairement ou non.

 

 

Ce que nous demande alors le coaché est bien d’aller plus loin que là où nous en sommes pour l’aider à franchir le seuil que seul il n’est pas parvenu à dépasser.

Ne le décevons pas, allons-y avec lui et il faudra alors vérifier qu’il ne reste pas dans un coin de notre psyché quelque orgueil qui voudrait que l’on soit seul meilleur que l’autre ! Et qu’il n’a qu’à attendre que l’on ait déjà nous-mêmes franchis cette étape, ou quelque jalousie qui ferait craindre que le disciple dépasse le maître et alors freiner cet épanouissement qu’il est venu chercher auprès de nous, comme cela sans nous connaître, pas simple intuition… ! Et si ce n’est pas l’orgueil ou la jalousie, la palette est encore riche, peut-être s’agit-il de manque de confiance en soi, de ne pas être à la hauteur face à l’inconnu que représente sa demande…. ? Vous trouverez bien votre propre faille que notre admirable coaché viendra ébranler !

 

 

Merci donc à cette personne qui vient nous défier sur le terrain de nos certitudes et de notre évolution intérieure pour lui permettre d’aller plus loin là où il a besoin d’être, d’aller et de se révéler.

Si nous lui permettons une croissance supérieure à la nôtre alors nous le libèrerons de normes et de limitations qui l’empêchaient d’avancer et qui légitimaient le fait qu’il était venu nous voir. Et nous nous libèrerons par là-même de contraintes qui nous bridaient, souvent à notre insu, dans les nouveaux possibles à explorer pour nous rendre encore plus performants dans l’accompagnement des autres à Etre et ce qu’ils ont à révéler comme talents.

 

 

Si nous accueillons l’autre avec le profond respect qu’il s’agit d’un autre être humain avec autant de valeur et de potentiel que nous et non pas un « coaché » attendant un savoir, un plus de notre part et nous un « coach » supposant savoir alors nous aurons quelque chance de l’aider à progresser et de dépasser les pièges narcissiques de notre métier et qui sait peut-être de commencer à bien l’exercer ?

 

 

Car quel n’est pas le plus beau cadeau à faire à ses coachés que ce magnifique proverbe chinois : « pour dépasser le maître, il faut cesser de suivre la trace de ses pas ». Et pour cela le coach doit tout faire pour libérer ses clients de toute forme de dépendances, ce qui nécessite évidemment qu’il ait auparavant fait le ménage des siennes. Mais ceci est une autre histoire.

 

 

Paris, le 28 février 2007.

Christine Marsan.

 

 

Par Christine Marsan - Publié dans : Coaching
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /2007 15:07

Institut Psychanalyse & Management  

Souci de l’autre, de soi et quête d’insouciance.

 

Entre illusion et réalité dans les organisations.

 La jeune génération vient questionner le monde de l’entreprise

 Nombreux sont les managers qui commencent à être en difficulté face au management de jeunes recrutés de la classe d’âge des 20-25 ans.

Evidemment, nous pourrions y voir le traditionnel conflit de générations qui, depuis Héraclite notamment, conduit chaque génération à dire que la suivante a perdu toutes les valeurs des anciens. Une fois cet aphorisme moralisateur passé, peut-être y aurait-il malgré tout une indication d’un air du temps qui pourrait être prise en considération.

 

L’entreprise est le lieu normé par excellence, tout ce qu’elle produit nécessite de passer par la codification et les processus. La qualité, avec récemment la méthode Six Sigma, pousse, à l’extrême, la quête du zéro défaut et donc de la rationalisation des tâches, des rôles et des processus de travail. Les procédures financières et comptables sont, elles aussi, de plus en plus exigeantes. En un mot, l’univers de l’entreprise est normé, procédural et contraint. Il n’est certes pas que cela, mais il l’est principalement. Les exigences de rentabilité, de profit, d’efficacité et de recherche de marges font la chasse au gaspi, aux défauts et à tout comportement déviant qui pourrait faire perdre du temps. Les temps relationnels sont ainsi traqués, rappelons-nous ce que disaient certains DRH au moment de la mise en place des 35 heures : « nous allons éliminé les temps morts ». Afin de maintenir le volume de 35 heures, les entreprises avaient diminué les temps de repas et de pause considérés comme morts. No comment.

 

L’évolution démographique conduit la génération des papy boom à partir de manière massive d’ici 2010, même si cela crée une « superbe » occasion de limiter les recrutements, il est évident que les entreprises ne pourront pas faire l’économie d’intégrer un nombre significatif de jeunes. Evidement, une classe d’âge n’est pas homogène dans sa typologie, surtout depuis que notre société est identifiée comme morcelée et tribale[1]. La question se pose de savoir comment accueillir ces jeunes aux références multiples dans un environnement contraint comme l’est l’entreprise ?

 

Nombreux sont les managers dans les PME, les grandes entreprises nationales ou multinationales qui font état du constat suivant. La préoccupation principale de la majorité des jeunes recrues, dès l’embauche, est de savoir ce qu’ils auront comme avantage sociaux, comme vacances, comme temps de récupération et comme perspective d’augmentation.

La motivation traditionnelle propre aux jeunes entrants, à savoir l’envie de se dévouer pour l’entreprise, de faire carrière et de donner temps et énergie pour progresser est révolue. Les temps ont changé et avec eux les motivations, les valeurs et les priorités.

 

L’observation sociologique des jeunes notamment faite par les équipes de Michel Maffesoli ou encore les travaux de Laurent Mucchielli[2] pour rendre compte de la violence urbaine mettent en exergue une transformation des centres d’intérêt, résultat de l’évolution du contrat social entre l’entreprise et ses salariés.

 

Avec la mondialisation des échanges, les règles économiques ont changé et les rapports humains et sociaux également. L’organisation se focalise essentiellement sur ses résultats financiers et elle va chercher à optimiser ses coûts ce qui se traduit bien souvent par réaliser des coupes sombres dans les effectifs. Ainsi les jeunes de 20 à 25 ans ont-ils vu leurs parents vivre le chômage. Ils ont connu la rupture familiale liée à la crise d’identité et à la dépression d’un père qui n’a plus la fierté d’un métier pour justifier de son existence sociale. L’imago maternelle rassurante que représentait autrefois l’entreprise est aujourd’hui vécue comme le mauvais objet kleinien[3], réveillant les fantasmes de morcellement, de dévoration et d’anéantissement.

Depuis 1973, le chômage touche toutes les catégories et notamment les jeunes générations. Se sentant trahies par l’entreprise, elles réagissent en s’investissant dans les valeurs sûres qu’elles identifient comme leur apportant du sens et réponse à leur quête intérieure. Ces nouveaux territoires d’investissements affectifs et identitaires sont la sphère personnelle, la famille, les loisirs et les conditions de réaliser de manière satisfaisante une vie personnelle que jusqu’ici les entreprises ont souvent gâché avec leurs parents. Soit que certains se soient voués corps et âme à leurs entreprises délaissant de manière dommageable parfois la sphère privée, soit que d’autres, comme nous l’avons dit, aient été rejetés du système par des licenciements expéditifs.

 

Le travail n’est alors plus la seule voie de réalisation personnelle[4] et l’argent gagné est un moyen pour satisfaire d’autres priorités. Bien évidemment, il ne s’agit que de l’une des multiples causes du changement d’attitude face au travail. Nous allons à présent faire le parallèle entre l’évolution significative du cadre de références des jeunes pouvant les conduire à manifester l’insouciance comme un souffle de vie dans l’entreprise et des changements de société plus fondamentaux qui comme une vague de fond déterminent les modifications structurelles de nos modes de pensées.

 

Les composantes du paradigme

Il est fréquent que tout bascule à la suite d’une découverte de la physique. Rappelons-nous les conséquences incroyables des théories de Galilée et Copernic. Elles ont, en effet, totalement révolutionné nos représentations du monde ainsi que la place de l’homme dans l’univers. Et les conséquences plus ou moins directes ont conduit aux philosophies des Lumières. Au début du XXeme siècle c’est Einstein qui, avec sa théorie sur la relativité, a contribué à faire basculer nos références. Les conséquences de sa découverte ont relégué encore davantage la place de l’homme dans l’univers jusqu’à ce que certains scientifiques puissent dire que finalement le fait que la vie apparaisse sur la terre fut un « accident de parcours ».

La relativité d’Einstein a eu pour effet l’avènement de la physique quantique qui avec la théorie du chaos, remettant en cause les principes de bases de la causalité linéaire, a fait apparaître la notion de complexité. Celle-ci décrit la complexité du réel qui a des conséquences déterminantes tant sur l’appréhension de notre quotidien que sur nos modes de pensée.

 

 Notre mode de pensée est caduc

 L’autre aspect fondamental des conséquences des théories de la relativité est la mise en exergue de la notion de complexité[5]. On la retrouve dans les entreprises, qui depuis la cybernétique, ont tenté d’expliquer les interactions organisationnelles par la dynamique systémique. C’est pourquoi Michel Crozier a expliqué les réactions paradoxales et parfois incohérentes des acteurs par la variété de leurs motivations à agir. Car les évolutions parallèles technologiques, notamment avec Internet, économiques avec la mondialisation des échanges et géopolitiques avec la chute du mur de Berlin ont conduit à repenser le modèle du monde et de l’homme. 1989 a été une date clé dont Francis Fukuyama parle suffisamment bien avec La fin de l’histoire pour montré qu’un modèle s’est effondré avec les pierres du mur. L’équilibre bipolaire a fait place à l’hégémonie d’une seule puissance entraînant la mondialisation. Ce qui évoque alors l’omniprésence maternelle dans laquelle le bébé se noie, tant il est en symbiose avec la mère. Et nous constatons que la mondialisation, qui a conduit certains à dire que le monde est à présent « un village mondial », a généré des angoisses identitaires qui se traduisent pas des conservatismes et des besoins d’exprimer, à nouveau, des particularités régionales. De la même manière, dans les entreprises, le sujet est noyé dans ces systèmes organisationnels, informels, non maîtrisables et de crainte de se diluer dans ce magma multiforme, cela explique partiellement son besoin de se réfugier dans l’individualisme, forme sociale du narcissisme, encouragé par le marketing et la consommation.

 

Toutefois, ce n’est pas la seule conséquence de la complexité. Elle nous conduit aussi à revoir notre mode de pensée multimillénaire. Et ceci est inquiétant, déroutant et nécessite un long temps d’adaptation. Il semble que l’être humain dans la société civile y parvienne progressivement, plus libre finalement d’exprimer les soubresauts du paradigme naissant. Tandis que dans l’environnement normé et moderne de l’entreprise, l’homme hypermoderne, pour reprendre les termes de Vincent de Gaulejac, est pris dans la folie économique qui s’est emballée et qui ne sait plus s’arrêter. L’entreprise incarne alors dans ses fonctionnements organisationnels l’excès de modernité qui perd tout sens. Et les violences explosent un peu partout pour exprimer le malaise de la civilisation.

 L’anthropologie a mis en évidence les origines de notre appréhension du monde et comment la lecture de notre environnement a conditionné notre mode de pensée et notre rapport à autrui.

 Françoise Héritier nous explique que depuis des millions d’années l’homme a observé le monde et a constaté  qu’ils était composé d’éléments opposés : jour / nuit, cru/cuit, homme / femme. Ceci a alors façonné notre manière de penser et nous avons une appréhension binaire des choses. C’est soit ça ou ça. Il nous est donc difficile de concilier les contraires.

 Par ailleurs, l’homme étant l’un des animaux les moins bien équipés, afin de survivre, nous avons été contraints de nous regrouper en clan, le plus souvent dans des grottes. Cela a déterminé notre rapport à autrui, à l’étranger. Il y avait ceux qui étaient comme nous, les mêmes, qui rassurent et ceux qui étaient différents et qui incarnaient alors un danger. Ce qui explique alors que notre rapport à l’altérité a toujours été basé sur la confrontation, la suspicion et l’intolérance.

 Ainsi depuis que l’homme s’est développé, il a construit les références de son mode sur la dualité et son rapport à l’altérité sur la menace que représente l’autre[6]. Ceci ayant également été renforcé par ce que les successeurs de Darwin ont conservé de ses théories. Réduisant sa réflexion, seule la théorie de la compétition et de la sélection naturelle des espèces a été retenue. Pourtant les lois de coopérations sont largement observées par les biologistes et les éthologues. Ce parti pris n’a alors fait que renforcer cette part phylogénétique « naturelle », c’est-à-dire instinctuelle.

 La relativité d’Einstein, comme son nom l’indique est d’apporter la compréhension d’un monde plus complexe dans lequel les causalités ne sont plus linéaires et où il existe des espaces, des temps où les contraires ne s’opposent plus et peuvent se concilier.

 Il s’agit alors véritablement d’une révolution et nous pouvons comprendre comment et pourquoi il nous est si difficile d’absorber un tel paradigme.

 Einstein balaie d’un revers de manche des millions d’années de conditionnement. Pas étonnant que l’humanité tressaille et soit mal à l’aise. Avec la physique quantique c’est la fin de la maîtrise des mondes connus et donc la nécessité de repenser tous nos référents.

  La place de l’homme remise en cause

 En quoi ce nouveau paradigme est-il inquiétant ?

 Nous prenons conscience avec le relativisme qu’après avoir cru que nous étions au centre de l’univers, nous sommes un élément toujours plus minuscule de l’ensemble, nous découvrons que nous sommes un accident de parcours dans le processus du vivant. Ceci ne peut pas être sans incidence sur nos représentations et par conséquent sur nos actions aussi bien individuelles que collectives.

 Etre de plus en plus inexistant, nous approcher du néant, c’est flirter avec la mort et nous conduire à chatouiller inconsciemment notre angoisse existentielle.

Indiscutablement cela relativise notre narcissisme. Nos fantasmes sont remis en cause et la toute puissance narcissique est encore une fois mise à mal, pour autant le sujet ne pourra probablement pas se satisfaire de ces nouvelles limitations et relativités. La question est alors de savoir comment il va s’y prendre pour investir de nouveaux champs ? Comment ses fantasmes évoluent-ils pour trouver une place « nécessaire » dans un environnement plus complexe et le reléguant toujours au contingences sociologiques plutôt qu’aux motivations intrinsèques et psychologiques de son action ?

 

Chaque nouvelle avancée scientifique contribue à remettre en cause nos certitudes, habitudes et références spatiales, temporelles ou relationnelles. Le progrès moderne qui devait apporter le bonheur, comme l’avait promis les philosophes a failli. Les barbaries du XXeme siècle en ont tragiquement illustré les limites. Ce même progrès qui nous précarise aussi bien économiquement que cognitivement. Le système économique fonctionnant presque seul, cherchant dans ses mécanismes, à optimiser les rentabilités des entreprises élimine chaque jour un peu plus les hommes qui les composent. Ces derniers représentent un problème patent de par leur indiscipline, leur irrégularité, leur manque de fiabilité, leur états-d’âme et leur revendications sociales.

 Il n’est guère étonnant de voir alors des crispations égotistes et des excès de narcissisme[7] fleurir un peu partout et en parallèle un état dépressif quasi généralisé faire la une des magazines de ressources humaines. Se sentir de plus en plus inexistant peut expliquer, en partie, le besoin de manifester l’angoisse, ce qui peut alors prendre la forme de violences polymorphes et multicausales.

 L’impact sur notre narcissisme

 La fin du XXeme siècle est un moment de grand questionnement pour les psychanalystes concernant leur pratique. A la fois par la concurrence d’autres pratiques psychothérapeutiques comportementales, aux effets de guérison annoncés plus immédiats mais d’autres raisons semblent expliquer le phénomène. Notamment, la répartition des pathologies dans la société change.

Le cadre de la psychanalyse freudienne était, au moment de sa création, plutôt adapté aux névrosés qui étaient majoritaires par rapport aux pathologies psychotiques. Aujourd’hui, le nombre de structures psychotiques et borderlines sont en sérieuse augmentation[8]. Les hôpitaux psychiatriques et les prisons en témoignent. Les raisons de cette évolution sont multiples[9] mais peuvent notamment être dues à cette relativité constante de la place de l’homme dans l’univers. Y aurait-il cause à effet entre la relativité et la complexité apportée par les travaux d’Einstein et l’augmentation significative de pathologies narcissiques polymorphes ? Le narcissisme de l’homme, tant des sujets que des collectifs humains, est largement ébranlé et semble devoir se repenser sur de nouvelles bases. Plus les frontières de l’univers sont reculées et plus l’homme se recroqueville sur lui-même. Ce qui pose alors cruellement la question du rapport à l’altérité et par conséquent des relations sociales entre les individus, de la manière de construire des collectifs. Il n’est donc pas étonnant de constater la détérioration des relations au sein des organisations. D’un côté, les pervers-narcissiques exercent des harcèlements sexuels ou moraux et de l’autre, les narcissiques mégalomanes conduisent leurs entreprises à la faillite pour avoir cherché à atteindre leur rêve de grandeur[10].

 

 Chacun y va de ses conjectures rencontrant partout autour de lui la complexité, notamment aussi celle de l’explication, qui ne peut alors être que partielle. L’univers physique est en expansion et celui qui nous entoure également. La mondialisation fait, à l’échelle humaine et de la terre, exploser frontières, limites, espace et temps. Nos repères se désagrégeant, il n’est pas surprenant que cela soit aussi un facteur anxiogène expliquant par-là même les violences.

 En réaction, on peut comprendre l’augmentation des besoins sécuritaires et du conservatisme, pour ramener le réel à une vision binaire, duelle et donc plus facile à appréhender. La complexité de la réalité est devenue insurmontable. S’en accommoder devient un défi personnel et individuel considérable.

 Nombre de changements importants dans nos sociétés pourraient ainsi être considérés comme des conséquences indirectes des découvertes d’Einstein.

 Le choc des plaques tectoniques

 C’est ainsi que l’on pourrait dire qu’il y a rencontre de deux mondes. A la manière des plaques tectoniques, cela se traduit davantage comme une fracture, souvent manifestée par des violences, épiphénomène des malaises et des contradictions organisationnelles. Pourtant, il semble que cette incompréhension des deux environnements ne soit pas imputable qu’au seul fait du conflit de générations.

Nous formons l’hypothèse d’un conflit de paradigmes.

Paradigme moderne s’essoufflant

 

 

 

Nouveau Paradigme en émergence

Entre-deux paradigmatique = violences

 

 

 

 


Lorsqu’un paradigme est moribond et que l’autre est émergent, leur rencontre créée un choc qui se traduit, notamment, par des violences sociales et des discours sur la décadence. Nous sommes très probablement dans cet entre-deux paradigmatique.

 D’un côté, l’ancien, dit « moderne », toujours dominant qui repose sur le progrès et sa promesse de bonheur généralisé passant par la technologie. Depuis le siècle des Lumières, l’évolution des techniques et des technologies a d’abord apporté de réelles améliorations dans notre confort quotidien et puis progressivement sans garde-fou, l’économique a primé sur le politique et la sagesse philosophique. C’est alors que l’économique s’est établi en système et en pouvoir dominant, transformant les moyens de production pour une société plus heureuse en finalité marchande et mercantile dont le sens est perdu dans les rouages de la consommation à outrance.

 Et de l’autre, le nouveau paradigme qui est en train d’advenir et qui est forcément encore mal défini.[11] Certains paramètres balbutiant montrent un besoin de repenser les modalités de notre quotidien (place de l’homme dans la société, sa relation à l’environnement, rapport à autrui, au travail, aux institutions). Tout ceci est à revisiter[12].

 Les violences illustrent l’entre-deux paradigmatique

 Et dans l’intervalle c’est le sentiment de chaos, l’entre-deux paradigmatique. Ainsi la révolution physique d’Einstein, telle un tsunami ne cesse d’avoir des effets sur notre société et fait exploser nos cadres de références traditionnels. Et nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. Un paradigme implose et l’autre ne parvient pas encore à dessiner clairement ses contours. Gilbert Durand[13] qui a longtemps étudié l’anthropologie sociale et imaginaire a ainsi expliqué qu’il faut entre 200 et 250 ans pour que s’installe un nouveau paradigme. Et si nous plaçons le début du nouveau à la théorie d’Einstein, cela pose la date de 1905. Nous sommes donc au beau milieu.

 Celui-ci se caractérise par une difficulté à concevoir le paradigme suivant, englués que nous sommes dans le fond ou le creux que l’on pourrait qualifier de matriciel.

 Ce qui nous conduit à faire un parallèle avec les eaux primordiales du temps des origines mythologiques, que l’on nomme aussi soupe chaotique où rien n’est encore précisément défini. Tout est en germe, tout est à venir. La vie est là fourmillante, mais encore en désordre. D’où les phénomènes de violence liés au délitement des repères anciens et au manque de structure et de clarté des nouveaux. Il est alors question d’identifier les fils qui vont permettre de dénouer la pelote des vitalités informes de manière à pouvoir créer de nouvelles opportunités, une renaissance de notre société.

 

Une France en quête d’identité

 L’entre-deux paradigmatique se traduit par la multitude des secousses sociales, tout du moins en France. Ce qui a eu pour conséquence d’ébranler un certain nombre de vérités établies. Notamment avec 1968 qui a remis en cause le paradigme de l’autorité.

 Et depuis les hommes et les femmes se cherchent, chacun tentant de se construire ou de se reconstruire au gré des fluctuations des institutions sociales et des rôles sociaux qui évoluent.

 Le féminisme a radicalisé la position féminine.[14] Beaucoup de femmes se sont prises pour des ersatz d’hommes en cherchant à s’affirmer et à prendre une position dans un monde économique aux valeurs et critères masculins. A présent qu’elles ont « volé » la culotte aux hommes, ceux-ci sont à la recherche d’une nouvelle identité, détachée de la fonction du Père, trop longtemps assumée, et bien souvent contre leur gré.

 Il est alors question pour chacun de retrouver une place existentielle et sociale et de redéfinir leur rôle autant comme acteur social que comme appartenant à un genre défini masculin ou féminin.

 Cette nécessaire recomposition des repères que l’on peut voir se profiler dans d’autres domaines de la société (économique, écologique, scientifique, politique, etc.) implique une exigence très forte pour chaque individu. Ce qui a conduit Ehrenberg à parler de la fatigue d’être soi. Face à ce travail titanesque de construction identitaire à la carte puisant dans le panier intarissable des référents multiples, beaucoup baissent les bras. D’autant que s’ajoutent les exigences toujours croissantes des entreprises demandant à chacun d’être toujours plus performant. Ce qui se traduit par des compétences à ajouter en permanence dans son cheminement professionnel. Ceci est alors très difficile à vivre et il ne semble pas qu’un répit soit possible.

 Alors face à cette complexité de référentiels, certains choisissent la simplicité de modèles culturels plus dichotomisés où les rôles sont clairement identifiables et définis. Ce qui explique alors qu’à la suite d’une liberté apparente des mœurs des années 80/90, aujourd’hui il semble qu’il y ait une sorte de retour en arrière, conservateur où la femme redevient un objet, où l’homme réapparaît comme très macho. Et alors plusieurs générations se succèdent arborant autant d’identités différentes que d’âge, de classe sociale et d’appartenance multiples. Cette diversité identitaire peut aussi conduire à des violences. Face au désarroi d’une réalité trop riche et trop complexe, le risque est la radicalisation et le repli. Ce qu’Huntigton a voulu exprimer avec son choc des civilisations.

  La société est en quête de référents et les reconstitue au travers de groupuscules, encore nommés tribus, qui développent une cohérence en leur sein, partageant pratiques, valeurs et cadres de références. Cependant cela constitue davantage une société éclatée en petites minorités qui ne se rencontrent pas qu’une société, certes plurielle, mais ayant une identité claire.

 A cela se rajoute l’individualisme développé par la société libérale et la consommation qui fragmente la société et rend chacun isolé, perdu dans l’anonymat citadin.

 Alors dans cette forêt de nouveaux référents, le sujet devant chaque jour se reconstruire une identité afin de ne pas se voir dilué dans des espaces sociaux plus

Par Christine Marsan - Publié dans : Psychologie
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /2007 15:06

ISPSO Annual Meeting

 

The dark side of competition : psychoanalytic insights

 

 

 

Title : The impact of organisational structures on people’s violence.

 

 

 

 

 

 

 

Abstract :

 

 

 

The problems of competition can be either aggravated or reduced by the management of the organisation. Indeed, the very structure of the organisation itself may well be contributing to increased internal violence, creating an extremely negative environment for its people. This in itself may then lead to the development of competition, in order to find an outlet for the excessive violence inherent in the system.

 

 

Following observations over the past few years into violence in a wide range of large and small organisations, in both the private and public sectors, we have reached the following conclusion :

That there is a greater level of innate violence in public sector institutions than in private companies.

 

 

 

Content :

 

 

 

What could explain the difference?

 

We considered a parallel between villages and public institutions and, on the other hand, between private organisations and big cities. Villages are fixed areas where people do not move, the same as in many public sector institutions where employees might work all their life. In this environment, the internal violence of the system cannot express itself though job mobility and staff turn-over. Violence gets “old” and focussed back on itself, like a death wish. The means to externalise this innate violence becomes blocked, and in the majority of cases its intensity is greater than that found in private companies. This lack of movement leads to greater rigidity, and increasing focus on the internal ‘nervous system’ that can introduce lots of diseases into the organisation in the same way as a cancer invades a body.

Sometimes clear emulation facilitates the elimination[1] of violence, but in public institutions, most of the time, such expressions are forbidden. Everyone behaves in a very polite manner and exchanges are very courteous, but the need to criticise, the frustration and the disagreement are there as in every social group. Without any rules to deal with this internal violence the group focuses inwards on itself, in a similar way that in the past (before the big expansion of transport encouraged mobility) a village’s surplus violence was externalised onto someone identified as the scapegoat. Thus the foreigner and stranger are the targets for such attacks. This in turn creates a regular pattern of symbolic sacrifice, and pushes people not to confront the situation because they fear to be the next target / scapegoat.

 

On the other hand, this does not mean that violence doesn’t exist in a private environment, it takes other forms and the origins are different. We will  develop this argument during the presentation.

 

 

 

This specific situation of a public institution or family companies where internal changes are small, challenges the organisation with the difficult question : does it want to consider its dark side ? That raises an additional problem. The normative system of the organization tries to eradicate any kind of problem. The quality system is looking for zero mistakes and to avoid any risk, (driven by the politics of zero risk and regular documents about eradication of violence as if it was a virus!).

 

The main problem that has been found is that the human being is ambivalent, and based on positive feelings, motivations, intentions as well as on endemic violence. We can consider many causes, to explain human violence (that the other person is perceived unconsciously as a critical threat to life, that he is also an innate threat because he is different, all of which can give rise to problems of fear and alienation.  The list is long if we are to review the psychological and sociological causes of human violence. The reality is that we, as human beings, can either create the best or the worst for ourselves. We are the only predators on earth that might destroy themselves.

 

So organizations wish to totally avoid the problem of violence because it causes so many difficulties. However, when we deny a reality it needs to appear anyway, so the more we contain the violence and impede its ability to surface, the more it needs to appear. Thus the dark side of organizations is real, and the main question is : how does a company face it?

 

 

 

An organisation which decides to deal with its internal violence makes the “choice” of the life wish and develops more diverse behaviours in which confronting violence has its place.

 

This is because there is an incorrect representation of Eros and Thanatos. Eradicating violence does not indicate progressing on side of Eros. It is cutting out one of the main impulses that can be changed into positive aspects such as creativity for instance. Violence might create Thanatos, but it might also demonstrate the dark side of the Eros libido which is not recognised, or accepted in both its aspects.[2]

 

 

 

Then, in public insitutions the weight of the death wish is so strong that it reduces its ability to be creative, diminishes individual initiative, and leads to a lack of confidence between people. Fear itself develops, blocking thinking and action. Our concern is that these diseases are much more developed in public insitutions than in private organisations. The fixed environment and the lack of “future” creates for some people an aggressiveness based on renunciation that has to express itself somewhere. The majority of people focus this violence against themselves, most of the time unconsciously.

 

 

 

A company, whether it is public or private, might cope with its dark side and inner violence by developing spaces, times and opportunities for meeting and dialogue. These need to be the opportunity to get to know each other and so understand differences, to enhance the areas of common ground between people and times, and not encourage competition. And above all to diminishing the fears of the other person, who was before always perceived as a threat, in order that they can be considered as a huge source of wealth. This means that each person can be considered as a positive resource,  and when linked together with others this can create a very attractive collective contribution. This then is the intelligent organisation. After a period of collective ‘mind intelligence’, there then develops ‘heart intelligence’ combining emotions, human qualities and interpersonal factors, providing the means to achieve expansion, innovation, added value and so the key to the company’s  growth and success.

 

 

 

Facing inner violence and dealing with the dark side of ourselves and of organisation means developping individual and collective autonomy, in the psyhological meaning. More mature the people are, more able they are to decide what to do with their dark side… and then they will chose emulation rather than competition. One is constructive as the other one is destructive, especially for any groups as it enhances violence in the long run.[3]

 

 

 

This abstract is based on research carried out in various companies and the result has been articles published in Journal du Psychologue and Expansion Management Review.

 

 

 

 

 



[1]  Competition : means rivalry, it is very similar to conflist definition : 2 person look for the same result. So they are in this situation describes by Bergeret as the fondamental violence. The other one OR me! That means that I beleive that there is only one position for 2 people. And then in this kind of representation of the world any action might be a competitive one if there is one result to achieve for 2 people. Emulation means a sincere willingness of both parts to achieve a same goal and appreciate who will get to the point. It might be considered as competition, but the difference is that both parties mights exchange informations, try common efforts, discuss on the ways to reach the target, help each other… Emulation means more sincere communication between people, a more mature and autonomous relaitonship. The acceptation of the “failure” is different as well. The re is not the revenge feeling but just the acceptance of the normal result in regards to the amount of efforts and the quality of the action.

 

[2] Review of freudian ambivalence on pulsion intrication.

 

[3] Du bon usage de la jalousie. Bernard Lebalnc-Halmos. L’Etre Image. 2005.

 

Par Christine Marsan - Publié dans : Psychologie
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /2007 15:01

Santé Mentale N°110

 

Les particularités de la violence organisationnelle

 

Christine Marsan

 

 

Introduction

 

 

Nous sommes habitués en temps que psychologue à étudier la souffrance au travail[1] comme résultant de l’interaction nocive d’un individu sur un autre, évoquant ainsi la volonté nuisible d’une personne exerçant un pouvoir abusif sur autrui. Nous rentrons alors dans le cadre du harcèlement moral, pris comme le cas pathologique d’un pervers-narcissique, pour reprendre les termes de Marie-France Hirigoyen[2], qui cherche à éliminer sa victime à petit feu, puisant sa jouissance de la souffrance et de l’anéantissement progressif de sa cible.

Dans les organisations qu’elles soient entreprises privées ou publiques, institutions ou associations, ces cas de harcèlements sont réels et avérés. Toutefois il existe bien d’autres facteurs qui peuvent conduire une personne à souffrir, sans qu’il y ait pour autant de personnalités pathologiques à l’origine de ses troubles.

 

 

1-      Comprendre le contexte spécifique des entreprises

 

 

La souffrance est souvent le produit des effets de la complexité

 

 

La souffrance au travail résulte bien souvent du stress lié à des conditions de plus en plus difficiles, accroissement des performances attendues, résultats toujours plus élevés, temps de repos diminués dans l’entreprise afin de pouvoir respecter les 35 heures, surcharge d’informations sous toutes formes, tyrannie des emails qui dictent les priorités à ceux qui les reçoivent et s’ajoutent au contenu de l’activité traditionnelle.

En un mot le salarié doit faire face au stress toujours croissant lié à la complexité des organisations.

 

 

Celle-ci repose sur le fait que depuis que la mondialisation a conduit l’ensemble de la planète à interagir économiquement, plus aucune entreprise ne peut vivre en autarcie, ni plus aucun pays d’ailleurs.

Ce qui entraîne alors une augmentation exponentielle des échanges, des volumes d’informations et chacun ploie, d’un bout à l’autre du monde, sous la pléthore de données. En quoi cela pose-t-il problème ?

Il y a encore quelques décennies la stratégie d’entreprise était enseignée par des méthodes s’appuyant notamment sur des cellules de veille informative pour appréhender les différentes informations des concurrents, du marché, de la profession, des clients, des fournisseurs, de l’environnement nécessaires à la prospective. Il était alors possible de collecter les éléments utiles à l’entreprise, de les analyser et de les synthétiser pour parvenir à prendre une décision en fonction de paramètres dont la liste restait accessible pour chacun.

 

 

La mondialisation a fait exploser le volume de données et plus personne n’est capable à un instant T de savoir tout ce qui se dit, s’écrit et s’échange sur la planète. Il y en a trop. D’autant qu’avec Internet, il devient impératif de savoir distinguer le bon grain de l’ivraie ce qui accroît alors le temps de la sélection. Le problème que cette situation pose est alors celui du contrôle des informations et de la maîtrise des dirigeants et ensuite, par ricochet, des managers, à savoir de manière certaine ce qu’ils doivent décider pour agir.

Plus personne ne peut être sûr de connaître les conséquences de ses choix et pourtant il faut bien continuer à décider, à réaliser des stratégies pour envisager le futur afin de piloter et gérer les organisations pour qu’elles remplissent leur mission. Et ceci de manière cohérente malgré l’inflation de paramètres à prendre en considération. Car la complexité se porte dans tous les domaines : financiers, juridiques, dans les processus de qualité, dans les normes d’achat. Il faut tenir compte de l’environnement lorsqu’il s’agit d’une entreprise industrielle de manière à être soucieux de ce que l’on fait des déchets. Avec les mesures bénéfiques du développement durable, il est également impératif pour une entreprise aujourd’hui qu’elle se soucie des conséquences sociales des conditions de sa production si elle a délocalisé ses activités. Notamment dans les pays dits en développement, il faut vérifier que des enfants ne sont mis au travail pour fabriquer par exemple des chaussures de sport. Il y a aussi, les lois de protection sociale, les mesures européennes, et donc un accroissement des réglementations et législations. Tous ces éléments ajoutent une complexité incroyable aux prises de décision quotidiennes. Cette incertitude croissante est alors facteur de stress et d’anxiété.

 

 

Pour survivre, une entreprise aujourd’hui doit sans cesse se remettre en cause. L’inflation de la société de consommation pousse à la surenchère de production, donc d’offre et par conséquent de consommation. Le cycle devient vite infernal et pour rester sur le marché, il faut sans cesse innover, trouver de nouveaux produits et services ceci afin de prendre de vitesse les trouvailles des concurrents, les évolutions du marché et les « menaces » des pays émergents…Une fois que les idées de nouveaux produits surgissent c’est là qu’il faut vérifier avec toutes les légalisations liées à l’environnement et au social, qu’elles soient nationales européennes et mondiales si le produit peut être réalisé. Il est impératif aussi qu’il réponde aux normes de qualité toujours plus exigeantes voire drastiques comme dans les chaînes alimentaires où la traçabilité dicte sa loi aux producteurs et distributeurs.

 

 

La liste est ainsi infinie d’éléments qui accroissent la complexité pour la gestion quotidienne d’une entreprise et qui conduisent les managers et le personnel à vivre cette constante accélération de résultats et l’exigence continue de performance comme un stress. Celui-ci peut alors entraîner des dérapages et des violences.

 

 

La complexité et l’accélération des rythmes

 

 

La complexité est intimement liée à la mobilité et à la précarité, dans tous les sens du terme. Rien n’est acquis. Ainsi il y a dix Tom Peters[3], un ténor de la littérature managériale, signalait dans son livre le Prix de l’Excellence les réussites magistrales de certaines entreprises. Aujourd’hui plus de 80% d’entre elles n’existent plus. Ainsi le statu quo est devenu économiquement impossible. Il est question d’évolution permanente et constante ce qui aboutit à un autre effet de la mondialisation et de sa complexité qui est le rapport au temps.

 

 

Les cycles de consommation sont sans cesse plus courts. Car seule l’obsolescence des produits permet une nouvelle consommation. Donc il faut avoir de nouvelles idées toujours plus rapidement pour produire comme l’explique l’ouvrage de François de Closets Toujours plus. Ceci se traduit notamment par des modifications constantes d’organisation, sur lesquelles nous allons revenir et ce « toujours plus » a des  impacts directs et indirects sur les personnes dans l’entreprise. Cela accroît la pression et augmente le stress et donc les souffrances.

 

 

Cette même société de consommation spécule aussi sur les ressources financières. La bourse cherche à gagner sans cesse de nouveaux produits et augmente ses exigences notamment en voulant obtenir des résultats trimestriels des grands groupes référencés. Ceci afin de donner de la visibilité aux actionnaires, principalement institutionnels, qui vont alors ajuster leurs investissements en fonction des résultats obtenus des entreprises et surtout des effets d’annonces. Ceux-ci étant dévastateurs pour la santé de l’entreprise, comme l’avait si bien démontré Claude Bébéar dans son ouvrage Ils vont tuer le capitalisme[4]. Car si une entreprise n’atteint pas les résultats annoncés, quelle qu’en soit la raison, déprécier le titre de manière significative en bourse peut conduire à la mort de l’entreprise. Récemment l’affaire Clearstream a eu un effet désastreux sur l’entreprise Airbus Industrie pénalisant la société dans ses ressources. Une dépréciation du titre entraîne des ventes et de ce fait limite la trésorerie et l’apport d’argent frais permettant d’investir pour la suite des projets en cours ou à venir. Ainsi l’accélération des cycles financiers accroît également la pression sur les épaules des dirigeants et par conséquent sur celle du reste de l’entreprise.

 

 

Ainsi il existe un lien entre l’évolution de la société, en particulier dans son aspect économique et celle de la complexité du quotidien à gérer, qui dépasse largement les acquis techniques des métiers de chacun. Bien que là aussi les connaissances évoluent toujours plus vite il n’est donc plus possible aujourd’hui d’exercer son métier sans remise en cause permanente des acquis. Toutes ces exigences sont alors contraignantes et exercent une pression supplémentaire sur l’individu.

 

 

De la complexité aux évolutions des organisations

 

 

Plusieurs disciplines ont tenté de rendre compte de ces phénomènes de complexité, notamment la sociologie des organisations qui à partir des travaux du sociologue Edgar Morin ont donné lieu aux théories sur la systémique. Ces champs permettent d’obtenir une meilleure compréhension des nouvelles formes d’organisations et de la nouvelle distribution des pouvoirs.

Les entreprises industrielles ont les premières abordées ces modifications considérables des organisations lorsqu’elles ont commencé à vendre plusieurs produits sur des marchés différents, nationaux et internationaux. Pour être présent auprès d’un client à Bangkok il devenait pertinent que la cellule commerciale puisse administrer tous les produits et cela a conduit à une organisation en market region. Car ces évolutions organisationnelles s’accompagnent en plus de la maîtrise de l’anglais. Market region signifie organiser la vente en fonction des marchés régionaux, que ce soit une région de France ou une région du monde. Evidemment cela implique des conséquences de transformation de l’organisation traditionnelle, hiérarchique et répartie en fonction des grands métiers de l’entreprise et des départements fonctionnels tels que la compatibilité, les ressources humaines et le marketing par exemple. Dans le cas de voitures vendues en Asie, tous les départements vont s’allier de l’achat des fournisseurs, à la production, aux services de promotion, marketing et enfin de la commercialisation de manière à ce que les clients locaux n’aient plus qu’un interlocuteur qui sera en charge de gérer ensuite les différents interlocuteurs nécessaires pour satisfaire un client.

Prenons l’exemple d’une banque d’affaires implantée au Japon. Elle a sur place un bureau composé de représentants nationaux et de ceux du siège français afin de traiter toutes les demandes de ses clients. Ensuite les ingénieurs d’affaires travaillent avec une équipe du siège français qui pourra traiter les dossiers en interpellant les différents acteurs impliqués au sein de l’organisation France. Une fois le dossier bancaire réalisé il sera ensuite envoyé à l’ingénieur d’affaire. Ainsi pour le client il n’aura pas en théorie à subir la complexité de l’organisation de la banque. Pourtant la réalité est souvent différente. Il suffit que l’ingénieur d’affaire ait besoin de reconnaissance ou d’exercer un pouvoir pour qu’il fasse de la rétention d’information ou s’adresse à tous ses anciens contacts en France ralentissant les processus et générant des interférences entre les différentes personnes de la banque. Ce qui crée plus de dysfonctionnements que de fluidité.

 

 

Ainsi, la concurrence conduit la sophistication des produits comme c’est le cas par exemple pour une voiture ou un avion, et de ce fait le nombre de parties prenantes de l’organisation a énormément augmenté. Autrefois un comptable suffisait pour gérer plusieurs fonctions. Aujourd’hui pour atteindre l’objectif de performance, il faut des acheteurs qui gèrent les fournisseurs et rationalisent les achats, des gestionnaires de stocks, des contrôleurs de gestion et des financiers pour optimiser les coûts et les dépenses.  Ce qui aura un effet positif sur les résultats boursiers et pour les actionnaires. Cette augmentation significative des acteurs au sein de l’organisation comme à l’extérieur a conduit les entreprises à rechercher des organisations plus souples, flexibles et parfois plus éphémères afin de s’adapter à la durée de création d’un produit comme la gestion du projet de l’A380 d’Airbus. Lorsque l’avion sera totalement certifié, qu’il aura prouvé sa fiabilité et que les essais en vol seront terminés, la plus grosse partie du projet sera terminé. Les équipes de conception et de construction, comme de validation de la faisabilité pourront se dissoudre et il sera ensuite surtout question de commercialisation, de service après-vente et cela sera attribué à des équipes existantes.

 

 

Ainsi l’entreprise a vu évoluer son organisation en mode projet, ceci principalement dans les industries au départ. Ce dernier est caractérisé par une durée de vie limitée. Son principe est de regrouper des personnes compétentes pour un projet donné qui resteront toujours rattachées hiérarchiquement à leur équipe d’origine. Comme dans l’exemple de l’A380, les ingénieurs dédiés à ce projet en particulier sont toujours rattachés au Bureau d’Etude d’Aérospatiale par exemple. Alors une organisation sera mise en place en parallèle de la structure permanente et cela s’appellera l’organisation matricielle. Sa particularité est de fonctionner en réseau, reliant des personnes par et pour leurs compétences, leur apport spécifique au projet et sans qu’il y ait de lien avec leur niveau hiérarchique. Ce qui bien évidemment remet en cause les circuits d’information et de pouvoir officiel et établi en instaurant des réseaux d’échanges créant de nouveaux pouvoirs parfois supérieurs à ceux officiellement affichés dans les organigrammes.

 

 

Dans ce contexte, l’autorité du hiérarchique n’est plus suffisante pour exercer son pouvoir et son influence sur ses équipes. La grande quantité de projets dans certaines entreprises dont certains membres appartiennent au même moment à plusieurs en cours créent une nébuleuse des échanges, des pouvoirs et complexifie considérablement toutes les caractéristiques de l’organisation et du management quotidien des personnes.

 

 

 

 

2- La forme particulière de souffrances liées aux organisations

 

 

La nature de la souffrance a changé

 

 

La souffrance au travail était jadis liée à la pénibilité du travail. De nos jours, les conditions de travail et les comités CHST, d’hygiène et sécurité ont considérablement amélioré le cadre de l’emploi accroissant en contre-partie les réglementations.

La souffrance est alors davantage liée à la pression psychologique, dont la complexité est un facteur majeur entraînant des paradoxes qui créent un stress considérable.

C’est très souvent cette gestion quotidienne des contradictions qui « coince » les individus les conduisant à l’impuissance de la non-prise de décision. La violence surgit alors en réaction pour exprimer un malaise et c’est la raison pour laquelle examiner le phénomène des violences en entreprises est multicausal et complexe à son tour.

 

 

C’est pourquoi cela pose la difficulté d’établir un diagnostic. Ensuite, chercher à gérer la violence d’une organisation se heurte au fait que le phénomène est amplifié de manière exponentielle par rapport à celle d’un seul individu. Elle est souvent le reflet des faiblesses de la direction et de son management mais pas seulement. Les enjeux des autres personnes sont très importants et influent considérablement sur la volonté à entrer ou non dans une certaine authenticité. Ce qui permet de regarder en face la violence et de chercher ensemble des solutions. Ainsi lorsque gérer le problème, ici la violence, créée trop de dysfonctionnements et remet en question l’équilibre établi des jeux de pouvoir du comité de direction, il y a fort à parier que l’action aura du mal à se terminer positivement. Les consultants faisant alors partie de la longue liste des bouc-émissaires, pour la raison simple qu’ils risquent de conduire à un changement et par la suite à une résolution. Ce qui remettrait trop en question l’équilibre des intérêts personnels et certains s’y opposeraient.

 

 

Les différents degrés de violence induits par la complexité sont liés d’une part à l’interaction entre la personnalité des acteurs de l’entreprise et leurs stratégies personnelles et d’autre part, à leurs enjeux et aux jeux de pouvoir de chacun.

 

 

La violence spécifique de certaines institutions

 

 

 

Cette situation est typique des institutions et des entreprises publiques dans lesquelles la mobilité du personnel et des managers est très faible. Par analogie, tout comme dans les villages et les histoires de cloche-merle, lorsque tout le monde reste dans le même milieu, il existe une certaine fixité des rôles établis, une consanguinité des échanges et une sclérose de la qualité relationnelle. La violence y est alors plus sourde, plus sournoise, comme l’avait si bien démontré François Mauriac dans sa littérature. Rien ne peut être dit ouvertement sous peine de rompre l’équilibre malsain établi de longue date et chacun reste dans un bourbier dans lequel il souffre la plupart du temps en silence. L’institution comme le village sont alors lourds des secrets qu’il ne faut jamais dévoiler, car tout comme des tabous ils protègent cette micro-société. Ainsi tout facteur de changement est automatiquement rejeté et va connaître les stigmates du bouc-émissaire. Fonction bien confortable qui focalise sur lui tous les maux et les violences du groupe qu’il ne peut pas se reconnaître pour lui-même et qu’il préfère reporter sur le maillon faible qu’il éliminera ensuite. Le danger de ce type d’organisation c’est qu’elle générera sans cesse cette violence endémique et que celle-ci est constitutive de son équilibre. Ainsi, sans une volonté globale des acteurs de l’institution et en particulier du comité de direction, rien ne pourra changer.

 

 

La violence particulière des grandes entreprises privées

 

 

 

La plupart du temps, le harcèlement et toute formes de violences sont pratiquées pour éliminer ceux qui ne sont pas assez performants. Dans ce cas, la direction générale instille un climat malsain où l’essentiel ne peut pas se dire et où le monde du silence prime, ce qui se traduit par des non-dits, des tabous et des dénégations des problèmes rencontrés. 

Nous avons alors affaire à des pratiques harcelantes qui ne sont plus le fait d’une personnalité perverse-narcissique mais qui servent les intérêts d’une entreprise qui cherche à réaliser un plan social déguisé. C’est ce que pratiquent souvent les grands groupes pour détourner la loi et sauvegarder leur image.

 

 

Toutefois, pour la personne concernée, la souffrance est identique qu’elle subisse un harcèlement ou que ce soit le fruit d’une manipulation de l’entreprise. Le processus harcelant créée pour la personne des situations paradoxales qui la pousse à être en situation clivée. Cette schize cause alors malaise et souffrances et ce qui, pour certains, se traduit par une violence tournée contre soi sous toutes les formes d’autodestruction ou alors contre autrui et explique les réactions de violence patente ou larvée.

 

 

Cette guerre continue des pouvoirs dans les organisations correspond psychologiquement au fait que le sujet a toujours peur de l’autre de manière endémique[5] et qu’il a du mal à prendre sa place ce qui le conduit à avoir des comportements archaïques de violence.

Ainsi la violence génère la violence[6] et c’est comme cela que le système n’a pas de fin.

 

 

L’entreprise conduit à l’intrication des paramètres. La personnalité d’un sujet se mêle à ses enjeux et intérêts et aux opportunités que produit l’organisation qui vont alors déterminer sa stratégie d’acteur pour prendre une place et donc un pouvoir au sein du système.

 

C’est ce qui complexifie les diagnostics et rend l’accompagnement des violences très délicat, toutefois réalisable et au combien passionnant. Il est juste essentiel d’avoir la mobilisation des personnes concernées.

 

 

 

Christine Marsan

 

110, rue Saint Honoré – 75001 Paris - Tel : 00.33.(0)1.42.21.18.15 - Mobile : 00.33.(0)6.75.55.10.48

 

Email : christine.marsan@wanadoo.fr

 

Affiliations : Psychologue, psychothérapeute, coach, chercheur en sociologie compréhensive Université de Paris V La Sorbonne. Membre de l’IPM, NHPSY, ICF, CEAQ, ISPSO.



[1] DEJOURS C., Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale, Coll. Points, Seuil, Paris, 1998.

 

[2] HIRIGOYEN M-F., Le harcèlement moral. La violence perverse au quotidien, Pocket, Syros, Paris, 1998.

 

[3] Peters T. & Waterman R., Le prix de l’excellence, Les secrets des meilleures entreprises, InterÉditions, Paris, 1983.

 

[4] BEBEAR C., Ils vont tuer le capitalisme, Plon, Paris, 2003.

 

[5] SIBONY, Daniel., Violence. Traversées, La couleur des idées, Seuil, Paris, 1998.

[6] BERGERET J., La violence fondamentale, Dunod, Paris, 2000.

 

 

 

Par Christine Marsan - Publié dans : Psychologie
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